‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 31 sur 41 · ORDRE AU MARÉCHAL NET · texte numérisé non relu

ORDRE AU MARÉCHAL NET

«En avant de Ligny, le 17 juin, à midi.

« Monsieur le maréchal, l'empereur vient de faire prendre position en avant de Ifarbais à un corps dlnfanterie et à la garde impériale; Sa Majesté me charge de vous dire que son intention est que vous attaquiez les ennemis aux Quatre- Bras, pour les chasser de leur posjtion, et que le corps qui est à Harbais secondera vos opérations. Sa Majesté va serendre à Marbais, et elle attend vos rapports avec impatience. c Le maréchal d*Empire, major général,

C Duc DE DAtVATlB. I»

' Tel est l'emploi que Rapoléoo voulait faire de la journée du 17; il n'est pat «pieation d'une icoonde balaitte à K? rar ce jour-li.

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 4î7

VJ

AOTICE DU GÉNénAL d'eBLOH SUR LES MOUVEMENTS DE SO

CORPS, LE 16 JUUI i815.

« Vers onze heures ou midi, H. le maréchal Ney m'envoya Tordre de faire prendre les armes à mon corps d'armée et de le diriger sur Frasnes et les Qualre-Bras, où je recevrais des ordres ultérieurs. Mon armée se mit donc im* médiatement en marche.

« Après avoir donné Tordre au général qui commandait la tète de colonne -de faire diligence, je pris l'avance pour voir ce qui se passait aux Quatre-Bras, où le corps d'armée du gé* néral Reille me semblait engagé. Je m'arrêtai au delà de Frasnes avec des généraux de la garde, et j'y fus joint par le général Labédoyére, qui me fit voir une note au crayon qu'il portait au maréchal Ney, et qui enjoignait à ce maréchal de diriger mon corps d'armée sur Ligny. Le général Labédoyére me prévint qu'il avait déjà donné Tordre pour ce moavement en faisant changer de direction à ma colonne, et m'indiqua où je pourrais la rejoindre. Je pris aussitôt cette route et j'envoyai au maréchal mon chef d'état-major, le généra) Delcambre, pour le prévenir de ma nouvelle destination...

« M. le maréchal Ney me renvoya mon chef d'état-'major (le général Delcambre), en me prescrivant impérativement de revenir sur les Quatre-Bras, où il s'était fortement engagé,.

comptant sur la coopération de mon corps d*armée. Je devais donc supposer qu'il y avait urgence, puisque le maréchal prenait sur lui de me rappeler, quoiqu'il eût reçu la note dont j'ai parlé plus haut. J'ordonnai, en conséquence, à la colonne de faire contre-marche; mais, malgré toute la diligence qu'on a pu mettre dans ce mouvement, ma colonne n'a pu paraître en arriére des Quatre-Bras qu'à l'approche de la nuit.

« Le général Labédoyére avait-il mission pour faire changer la direction de ma colonne, avant que d'avoir vu le maréchal Ney? Je ne le pense pas. Dans tous les cas, cette circonstance a été cause de toutes les marches et contremarches qui ont paralysé mon cprps d'armée pendant la journée du 16. •

(Extrait des documents inédits publiés par le duc d'Elchingen).

VU

INSTRUCTIONS DE NAPOLÉON AU MARiCHAL GROUCUT.

c Ligny, le 17 jain 1815.

< Monsieur le maréchal, rendez- vous à Gembloui avec le corps de cavalerie du général Pajol, la cavalerie du quatrième corps et le corps de cavalerie dû général Excelmans, la division du général Teste, dont vous aurez un soin particulier, étant détachée de son corps d'armée, et les troisième

i^IÈGES JUSTIFICATIVES. 429

et quatrième corps d*infanterie. Vous vous ferez éclairer sur la direction* de Namur et de Haêstricbt, et vous poursuivrez Fennemi.

I Éclairez sa marche et instruisez-moi de ses manœuvres, de manière que je puisse pénétrer ce qu'il veut faire. Je porte mon quartier général aux quatre chemins, où ce matin étaient encore les Anglais. Notre communication sera donc directe par la route pavée de Namur. Si l'ennemi a évacué Namur, écrivez au général commandant la deuxième division militaire, à Charlemont, de faire occuper cette place par quelques bataillons de garde nationale et quelques atteries de canon qu*il formera à Charlemont. Il donnera ce commandement à un maréchal de camp.

a 11 est important de pénétrer ce que Tennemi veut faire : ou il se sépare des Anglais, ou ils veulent se réunir encore pour couvrir Bruxelles et Liège \ en tentant le sort d une nouvelle bataille. Dans tous les cas, tenez constamment vos deux corps d'infanterie réunis dans une lieue de terrain, et occupez tous les soirs une bonne position militaire, ayant plusieurs débouchés de retraite. Placez des détachements de cavalerie intermédiaire, pour communiquer avec le quartier général, f

' Napoléon a toujours soutenu que l'intérêt des Anglais et des Prussiens était de chercher leur champ de bataille de l'autre c6té de la forêt de Soignes. C'est un des projets qu'il leur attribue ici.

(39 PIÈCES JUSTIFIGATIYfiS.

RAPPORT DU H AREC UAL GRODCHT A IfAPOLéoU.

d Gembloux, dix heoresdu soir, le 17 juin 1815.

I Sire,

« J'ai riioiiiieur do vous rendre compte qiie j'occupe

Gembloux» et que ma cavalerie est à Sauvcnière. L'ennemi,

ort d*environ 50,000 hommes, continue son mouvement

de retraite; on lui a saisi ici ua parc de 400 bétes à cornes,

des magasins et des bagages.

« Il parait, d'après tous les rapports, qu'arrivés à Sauve-, nière, les Prussiens se sont divisés en deux colonnes : Tune a dû prendre la route de Wavre, en passant par Sart-les- Walbain; Tautre colonne parait s'être dirigée sur Perwez.

« On peut, peut-être, en inférer qu'une portion va rejoindre Wellington, et que le centre, qui est l'armée de Dlûcher, se retire sur Liège, une autre colonne avec de i artillerie ayant fait son mouvement de retraite sur Namur. Le général Excelmans a ordre de pousser ce soir six escadrons sur Sart-les-Walhain, et trois escadrons sur Penvez. D'après leurs rapports, si la masse des Prussiens se retire sur Wavre, je le suivrai dans cette direction, afin qu'ils ne puissent gagner Bruxelles ' et de les séparer de Wellington.

' Ainsi, à ce moipeal, Grouchy admcl que le projet des Prussiens peut éive de se réunir aux Anglais en gagnant directement Bruxelles pnr

« Si» au contraire, mes renseignements prouvent que la principale force prussienne a marché par Perwez, je me dirigerai par cette ville à la poursuite de Tennemi.

c Les généraux Thielmann et de Borstel faisaient partie de Farmée que Votre Majesté a battue hier; ils étaient encore ce matin à dix heures id et ont annoncé que 20,000 des leurs avaient été mis hors de combat» Ils ont demandé, en partant, les distances de Wavre, Perwez et Uannut. . Blûcher a été blessé au bras, ce qui ne l'a pas empêché de commander après s'être fait panser. Il n'a point passé par Gembloux.

« Le VABJGUAL COUTB DE GrODOHT. »

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