ORDRE DE NAPOLÉON AD MARÉCHAL GBOUCHT
« En avant de la ferme du Caillou, le 18 juin, dix heures du matin.
« Monsieur le maréchal, l'empereur a reçu votre dernier rapport, daté de Gembloux; vous ne parlez à Sa Majesté que de deux colonnes prussiennes qui ont passé à Sauveniëre et à Sart-les-Walhain; cependant des rapports disent qu une troisième colonne, qui était assez forte, a passé à Géry et à Gentinnes, se dirigeant sur Wavre.
V^avre. Mais on ne voit aucune trace de Tidée que la jonction dea ennemis pourra se faire en avant de la forêt de Soignes.
« L'empereur me charge de vous prévenir qu'en ce moment Sa Majesté va faire attaquer l*armée anglaise, qui a pris position à Waterloo, prés de la forêt de Soignes; ainsi Sa Majesté désire que vous dirigiez vos mouvements sur Wavre, afin de vous rapprocher de nous, de vous mettre en rapport d'opérations et lier les communications, poussant devant vous les corps de Tarméé prussienne, qui ont pris cette direction et qui ont pu s'arrêter à Wavre, où vous devez
arriver le plus tôt possible.
« Vous ferez suivre les colonnes ennemies qui ont pris votre droite par quelques corps légers, afin d*observer leurs mouvements et ramasser leurs traînards.
« Instruisez-moi immédiatement de vos dispositions et de votre marche, ainsi que des nouvelles que vous avez sur les ennemis, et ne négligez pas de lier vos communications avec nous; l'empereur désire avoir très-souvent de vos nouvelles. »
ORDRE DE KAPOLéON itJ MARÉCHAL GROUCHT.
« Du cbairip de bataille de ^Vate^ioo, le 18 juhi, à une heure de l'après-midi.
« Monsieur le maréchal, vous avez écrit ce matin, à deux heures, à l'empereur, que vous marchiez sur Sart-les- Walhain; donc, votre Qfojet était de vous porter à Corbais ou
à Wavre. Ce dtsrnier monvement est conforme aux dispositions de Sa Miyesté qui vous ont été communiquées.
« Cependant l'empereur m'ordonne de vous dire que vous devez toujours manœuvrer dans notre direction. C*est à vous à voir iB point où nous sommes, pour vous régler en conséquence, et pour lier nos communications, ainsi que pour être toujours en mesure de tomber sur les troupes ennemies qui chercheraient à inquiéter notre droite, et à les écraser. En ce moment, la bataille est engagée sur la ligne de Waterloo; ainsi, manœuvrez pour joindre notre droite.
« P.-S. Une lettre qui vient d'être interceptée porte .que le général Bulow doit attaquer notre flanc. Nous croyons apercevoir ce corps sur les hauteurs de Saint-Lambert; ainsi ne perdez pas un instant pour vous rapprocher de nous et nous joindre, et pour écraser Bulow, que vous prendrez en flagrant délit. »
LE MlRiCHAL GROOCHT kV GÉNÉRAL VANDAHME.
ti Limai, nuitda IS aa 19 juin.
« Je mets sous votre commandement tout le corps de Gérard. Nous ferons effort, par ici, à la pointe du jour; nous ferons occuper l'ennemi à Wavre par un simulacre
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d'efforts, et nous réussirons, j'espère, à joindre Tempe* reur, ainsi quil ordonne de le faire. On (lit qu'il a battu les Anglais; mais je n'ai plus de ses nouvelles et je sois fort dans l'embarras pour lui donner des ndtres.
« C'est au nom de la patrie que je vous prie, mon cher général, d'exécuter de suite le présent ordre. Je ne vois que cette manière de sortir de la position difficile où nous sommes; et* le salut de l'armée en dépend. Je vous attends.
« P. S. Le rapport des prisonniers faits ici annonce que Blûcher et Bulow sont en £Bice de nous. J'en doute fort. »
(Lettre citée pour la première fois par M. le colonel Charras.)