‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 104 sur 198 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

18 JUIN. — Wavre. — Dans les premières heures de la matinée, Grouchy ignore encore la direetion prise par l’armée prussienne. — Il persiste dans le projet de se porter sur Sart-lez-Walhain. — Motifs de cette décision. — : Marche d’Exelmans, de Vandamme, de Gérard sur Sart-lez-Walhain; de Pajol et de Teste sur Grand-Leez. — Grouchy, précédant ses troupes, arrive à Sart-lez-Walhain. — Il y apprend que l’armée prussienne a passé la nuit, réunie sur Wavre. — Il se décide à prolonger son mouvement sur cette ville. — Il en prévient Napoléon par une dépêche. — Vers midi, la canonnade de Waterloo se fait entendre. — Conseil donné par Gérard ; Grouchy le repousse. — Marche sur Wavre. — Mouvements de l’armée prussienne. — Attaque de Wavre vers quatre heures. — Grouchy reçoit le premier ordre expédié par Napoléon du champ de bataille de Waterloo. — Après trois heures d’infructueux efforts, ayant reçu le deuxième ordre expédié par Napoléon du champ de bataille de Waterloo, Grouchy se décide à allerpasser la Dyle à Limai. — La manœuvre réussit, — Le combat en avant de Limai ' et sur Wavre ne finit qu’à onze heures du soir. — Positions occupées par : Grouchy et les Prussiens en ce moment. ;

Grouchy, nous l’avons dit, avait sous ses ordres le corps de Vandamme, diminué de la division de cavalerie Domon, emmenée par Napoléon à Waterloo; le corps de Gérard ; la faible division d’infanterie Teste, détachée du corps de Lobau ; le corps de dragons d’Exelmans et celui de cavalerie légère de Pajol, réduit à la division Soult par le

CHAPITIIE QUATORZIÈME.

départ de Subervie : en tout, trente-trois mille trois cent dix-neuf hommes, dont cinq mille environ de cavalerie et quatre-vingt-seize bouches à feu.

Le 17 juin, à l’entrée de la nuit, la presque totalité de ces troupes, nous l’avons dit également, était arrivée sur Gembloux. Gérard avait pris ses bivacs un peu en deçà de cette ville, Vandamme un peu au delà, ayant devant lui, à Sauveniére, Exelmans, qui détachait six escadrons sur Sart-lez-Walhain et trois sur Perwez.

En ce moment, Pajol et Teste étaient établis, à près de deux lieues en arrière de Gembloux, au Mazy, village sur la chaussée de Charleroi à Namur.

La dépêche adressée par Grouchy à Napoléon, ce même soir à dix heures, prouve, nous en avons fait l’observation, que ce maréchal n’était nullement fixé alors sur la direction prise par la masse de l’armée prussienne : il ignorait si elle se retirait par Wavre ou par Perwez (1), village qui est à plus de deux lieues à l’est de la direction de Gembloux à Wavreet qui est proche de la chaussée de Namur à Louvain, plus proche encore de la voie romaine conduisantà Tongres et à Maestricht.

Dans cet état de doute, il s’était décidé à se porter à Sartlez-Walhain, c’est-à-dire à s’avancer sur une direction intermédiaire à celles de Gembloux à Wavre et à Maestricht; et il avait ordonné à Vandamme de marcher sur Sart-lez- Walhain, le lendemain matin, à six heures; à Exelmans de précéder Vandamme; à Gérard, de le suivre, à deux heures de distance; à Pajol et à Teste, de lever leurs bivacs au point

(1) « Si la masse des Prussiens se relire sur Wavre, je la suivrai dans celte direction... Sî, au contraire, mes renseignements prouvent que la principale force prussienne a marché sur Perwez^ je me dirigerai, par cette ville, à la poursuite des Prussiens. » (Lettre de Grouchy à Napoléon datée de Gembloux, le 17 juin, à dix heures du soir. — (Voir tome I, page 272.)

WATERLOO

du jour et de gagner Grand-Leez, où ils trouveraient de nouvelles instructions (1). Grand-Leez est à une lieue à l’est de Sauvenière.

Une Ibis arrivé à Sart-lez-Walhain, Grouchy comptait prolonger son mouvement sur telle ou telle direction, en raison des renseignements qui lui parviendraient.

« Je vous prie, avait-il écrit à Vandamme en lui réitérant son ordre, de dépasser Sart-lez-Walhain avec votre corps d’armée, afin que le général Gérard puisse prendre position en arrière. Je pense que nous nous porterons plus loin que ce village. Ce sera donc plutôt une halte qu’une position définitive (2). B

Le 18, à deux heures du matin, Grouchy était encore dans la même incertitude sur la direction prise par l’armée prussienne. 11 écrivit à Napoléon pour l’informer du mouvement qu’il allait opérer sur Sart-lez-Walhain; et il persista dans la résolution de faire partir ses troupes de Gembloux, à six heures seulement.

C’était perdre, sans motif, des instants précieux.

Une de ses préoccupations les plus vives, il l’a dit, était

(1) Lettres de Grouehy à Gérard, à Pajol, à Vandamme, déjà citées 1. 1, p. 244 Les deux premières sont datées du 17 juin, à dix heures du soir; et la dernière, datée simplement du 17 juin au soir, a été écrite après cellcs-ci, car elle parle de Tordre de départ donné à Pajol.

Dans la lettre adressée à Vandamme, on lit ; « Le général Pajol a ordre démarcher du Mazy sur Grand-Leez, où il recevra une nouvelle direction d’a/jrès celle que nous suivrons nous-mêmes; » et, dans la lettre adressée à Pajol : « Veuillez partir, demain 18, à la pointe du jour, du Mazy, et vous porter avec votre corps et la division Teste à Grand-Leez, où je vous transmettrai de nouveaux ordres... Je me dirige sur Sart-lez-Walhain ; mais suivant les renseignements que je recueillerai dans la nuit et les \ôlrcs, peutêtre rabattrai-je sur Perwez..., je désire aussi que vous vous portiez sur Grand-Leez sans revenir passer à Gembloux que vous trouveriez encombré...»

(2) Seconde lettre de Grouchy à Vandamme, datée de Gembloux, le 17 juin {Archives du dépôt de la guerre^ à Paris.)

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