CHAPITRE QUATORZIÈME
Brause fit peu de résistance. Après un court engagement, il battit en retraite en bon ordre et assez mollement poussé, d’ailleurs, dit un écrivain prussien. A quatre heures, sa division et celle de Reckow, précédées par le détachement de Ledebur, avaient traversé les ponts et la ville de Wavre, et pris le chemin de Chapelle-Saint-Lambert (1). La brigade de Sohr et la division Borcke avaient passé la Dyle, la première au moulin de Bierges, la seconde à Basse-Wavre.
Les choses en étaient là ; et Thielmann, n’accordant qu’une faible importance au mouvement des Français sur la rive droite de la Dyle, allait faire filer son corps sur Couture-Saint-Germain, selon les instructions de Blücher, quand il reconnut qu’il fallait suspendre sa manœuvre.
Le corps de Vandamme, en grande partie masqué jusqu’alors par les bois de Manil et de Sainte-Anne, se déployait, en effet, aux approches de la rivière et se disposait pour prononcer une attaque sur "Wavre. Déjà, son artillerie en battait le faubourg.
Ce faubourg est sur la rive droite de la Dyle, la ville sur la rive opposée. Deux ponts de pierre, d’inégale largeur, les relient.
La Dyle est un affluent de l’Escaut. Elle n’est pas trèsprofonde, en temps ordinaire ; mais en ce moment les pluies avaient grossi ses eaux, et elle n’était pas guéable. Aux environs de Wavre, elle coule entre deux chaînes de hauteurs parallèles. Ces hauteurs sont moins élevées, mais de pente plus roide sur la rive gauche que sur l’autre rive. Du pied de celle? de la rive droite jusqu’au lit de la Dyle, il y a, en moyenne, une bonne portée de fusil ; et l’espace est couvert
(U Reckow reçut, en route, un ordre de Blücher, lui prescrivant de se diriger sur Maransart; Brause prolongea sa marche de Chapelle-Saint-Lamberl vers Plancenoit, mais ni l’un ni l’autre ne prirent p rt à la bataille de VYaterloo. Ledebur s’arrêta et passa la nuit à Cbapclle-Saint-Lambcrt.