‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 110 sur 198 · II · texte numérisé non relu

II

WATERLOO

de prairies marécageuses fournies d’arbres et coupées parallèlement à la rivière par des fossés pleins d eau, de un à deux mètres de profondeur.

En aval et à moins d’un kilomètre de ’Wavre, se trouve Basse-Wavre, qui a un pont de bois. En amont, et avec des ponts semblables, sont le moulin de Bierges et les villages de Limai et de Limeletle. Le moulin de Bierges, dominé au nord-ouest par la hauteur où s’élève le village de ce nom, est à moins d’une demi-lieue. Limai à une lieue, Limelette à cinq quarts de lieue ou un peu plus de Wavre.

Ni les ponts de cette ville, ni les autres que nous venons d’indiquer, n’avaient été détruits. Preuve de confiance, mais non de prévoyance.

Thielmann expédia un officier à Blücher pour 1 avertir de ce qui se passait et fit rapidement ses préparatifs de défense. La division de Stülpnagel (9 bataillons) occupa le village de Bierges et le moulin au-dessous. La division Kemplien (6 bataillons) se porta sur la hauteur immédiatement en arrière de Wavre, sa droite vers Stülpnagel; a division Luck (6 bataillons) vint se placer à cheval sur la route de Bruxelles, sa droite vers Kemphen. Borcke, avant de passer la Dyle, avait jeté trois bataillons avec deux escadrons, sous les ordres du colonel Zepelin, dans le faubourg de Wavre; ils y restèrent. 11 en fut de même de quelques centaines d’hommes qu’il avait laisses a Basse-Wavie. général marchait alors sur Couture-Saint-Germam avec le reste(6 bataillons) de sa division. Thielmann lui fit ordonnei de poursuivre sa route (1).

(l) Nous suivons ici la version de Wagner. Damils dit que Borcke devait

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suite d’un malentendu dans la transmission de loi die. Ce.a pai croyable.

CEIAPITRE QUATORZIÈME. 47

Limai et Limelette étaient observés par trois bataillons et trois escadrons que Zielen y avait détachés de son arrièregarde, en quittant son bivac de Bierges, à midi.

Grouchy, en arrivant en vue deWavre, avait reçu la lettre, datée de dix heures du matin, par laquelle Napoléon le prévenait qu’il allait livrer bataille aux Anglo-Hollandais et lui ordonnait « de diriger ses mouvements sur ce point (1). » Il en avait conclu que l’attaque qu’il allait faire était conforme aux intentions du général en chef ; et il en avait pressé l’exécution.

Vandamme avait pris position, la droite vis-à-vis de Wavre, la gauche vis-à-vis de Bierges. A quatre heures, nous l’avons dit, son artillerie avait ouvert le feu contre le faubourg. Peu après, le moulin de Bierges fut canonné aussi.

Exelmans s’était porté en arrière et à droite de Vandamme, attendant que l’infanterie lui ouvrît le passage. Un de ses régiments éclairait le pays vers la chaussée de Namur à Louvain,

La division d’avant-garde de Gérard, celle de Hulot, atteignait les hauteurs où était la gauche de Vandamme. La cavalerie de Vallin observait Limai et Limelette.

Pajol et Teste, appelés déjà de Tourinnes, avaient reçu l’ordre de hâter le pas et de se diriger sur Limai.

En voyant paraître sur les hauteurs les premières troupes de Vandamme, le colonel Zepelin avait commencé à la hâte des dispositions de défense, barricadant les ponts, perçant des créneaux dans les murs des maisons et des jardins du faubourg; et il avait continué ce travail sous les boulets lancés par deux batteries, dont une de douze. Ses soldats y étaient encore occupés au moment où Vandamme fit avancer contre lui la division Habert.

(1) « Sa Majesté désire que vous dirigiez vos mouvements sur Wavre, où vous devez arriver le plus tôt possible. » (Lettre citée t. I, page 285.)

WATERLOO

Le faubourg, abordé avec grande vigueur, fut défendu de même. Zepelin, renforcé par un bataillon de la division Luck, s’y maintint près de deux heures. Il en fut enfin chassé ; et Habert, culbutant les barricades, déboucha par les deux ponts, malgré le feu de l’artillerie en batterie dans leur prolongement et sur les hauteurs qui les dominent.

Parallèlement à celte attaque, Grouchy avait ordonné d’en diriger une contre le moulin de Bierges, une autre contre Basse-Wavre.

Un des bataillons de Habert, soutenu par quelque artillerie et trois escadrons d’Exelmans, s’était porté sur ce dernier point. Il avait enlevé quelques maisons isolées, mais n’avait pu pénétrer plus avant. Il tiraillait, maintenant, sans résultat.

Occupé par deux compagnies qu’appuyait un bataillon et que protégeaient huit bouches à feu en position sur la pente de la hauteur immédiatement en arrière, où Stülpnagel avait établi sa division, le moulin de Bierges avait résisté à toutes les tentatives faites pour l’emporter.

Des troupes de Lefol (corps de Vandarame) ayant échoué, Grouchy les avait fait relever par des troupes de la division Hulot ; et celles-ci n’avaient pas eu plus de succès. L’intrépide Gérard, qui les menait, l’épée à la main, marchant en tête d’un bataillon du 9®. léger, avait été blessé grièvement d’une balle ; elles avaient reculé.

Les difficultés du terrain, la ténacité de l’ennemi avaientcontinué, depuis, à paralyser les efforts renouvelés des assaillants.

Il était sept heures.

Depuis le moulin de Bierges jusqu’à Basse-Wavre, le feu de l’artillerie et de la mousqueterie était devenu très-vif. Les deux rives de la Dyle étaient garnies de nombreux tirailleurs.

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