‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 116 sur 198 · CHAPITRE QUINZIÉME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÉME

abords de la forêt de Soignes, ou les suivrait dans cette direction en gagnant Wavre et y prenant leurs traces;

Enfin, s’ils n’avaient pas paru sur ce dernier point; si, le laissant à leur gauche, ils avaient marché directement vers Louvain par la chaussée qui conduit de Namur à cette dernière ville, on se porterait sur Wavre et, de là, par un demi à-droite, sur leur flanc ou sur leurs derrières.

En se dirigeant vers Mousty, Grouchy se serait donc mis à même, on le voit, de diminuer, dans la mesure de ses forces, les formidables conséquences de la manœuvre la plus probable, de la manœuvre presque certaine de son adversaire : celle qui avait dû ou devait réunir bientôt les deux armées alliées.

11 faut le remarquer encore, si Bliicher se fût retiré vers Liège et non vers Wavre et Bruxelles ou Louvain, le mouvement sur Mousty n’aurait pas compromis la ligne d’opérations de l’armée française, dans le cas même où de faux renseignements auraient conduit à le prolonger jusqu’à Wavre ; car, tout en manœuvrant par sa gauche, Grouchy aurait pu, au moyen d’une partie de sa nombreuse cavalerie, bien s’éclairer dans la direction de Liège et s’assurer qu’il ne se passerait rien de grave de ce côté sans qu’il en fût informé assez tôt pour rétrograder et s’opposer à un retour des Prussiens. Il avait un détachement de dragons à Perwez; il était donc certain, déjà, que, si l’armée prussienne s’était retirée vers Liège, elle était au delà du premier de ces points. Or, une fols à Wavre, il se serait trouvé en position de revenir avant elle sur la chaussée de Bruxelles. Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte pour s’en assurer.

Ainsi, dans toutés les suppositions, c’était à Mousty et non à Sart-lez-Walhain que Grouchy devait se porter; et la justification de son mouvement sur le second de ces points est impossible : certainement, ce mouvement fut une faute.

WATERLOO

Mais cette faute n’exerça et ne pouvait exercer aucune influence sur la bataille de Waterloo. Groucliy l’aurait évitée ; il aurait marché à Mousty, il y aurait marché dès le point du jour, que nos armes n’en auraient pas moins subi un désastre. La preuve de cette assertion, c’est l’infériorité numérique de la colonne du maréchal relativement à l’armée prussienne. Avec trente-trois mille hommes, il ne pouvait empêcher Blücher de porter à Wellington l’aide qui détermina la catastrophe.

L’armée prussienne réunie sur Wavre, dans 1a nuit du 17 au 18 juin, était de quatre-vingt-dix mille hommes, au moins. 11 n’est pas un écrivain sérieux qui ne l’ait admis. Napoléon lui-même l’a reconnu, dans le premier de ses écrits sur la campagne de Belgique (1). C’est dans ses Mémoires seulement qu’il s’est aventuré à dire que le feu et la désertion avaient réduit les forces de Blücher à quatrevingt, à soixante-dix, même à soixante mille hommes.

La bataille de Waterloo fut rendue indécise par l’entrée en ligne de Bülow, à quatre heures et demie, vers Plancenoit. Elle fut décidée par l’irruption de Zieten sur la Haie et Papelotte, vers sept heures et demie; et, en ce moment, Pirch I, débouchant derrière Bülow, contribua beaucoup à porter le désastre au comble.

Bülow eut près de six mille cinq cents hommes hors de combat. Mais Zieten et Pirch I en eurent, chacun, trois cents seulement, ce qui indique qu’ils eurent très peu d’efforts à faire.

Bülow agit avec vingt-neuf mille hommes (2); Zieten,

(1) « Malgré les pertes essuyées le 16, l’armée prussienne était encore (le 18) de quatre-vingt-dix mille hommes. » {Campagne de 1815, par Gourgaud.) Dans le même ouvrage, comme dans ses Mémoires^ Napoléon évalue cette armée à cent vingt mille hommes, au moment de roiiverlure des hostilités.

(2) On a vu que trois régiments de cavalerie (12 escadrons) et deux batail-

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