‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 117 sur 198 · CHAPITRE QUINZIÈME. Cl · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME. Cl

avec une division d’infanterie et presque toute sa cavalerie (1); Pirch I, avec deux divisions d’infanterie et deux brigades de cavalerie (2). On peut donc estimer à quarantecinq mille hommes, au plus, la force des troupes prussiennes qui prirent part à la bataille de Waterloo.

Wellington et Blücher connaissaient d’une manière assez exacte l’effectif de l’armée française qui était entrée en Belgique. La correspondance du premier le prouve nettement (3).

L’un et l’autre étaient convaincus, le 18 au matin, que la presque totalité de l’armée française était réunie sur les hauteurs de la Belle-Alliance. Il n’y manquait, croyaient-ils, que le corps de Vandamme ; et cette croyance, ils la gardèrent même le lendemain (4).

Pendant la nuit, les communications furent permanentes

Ions du corps de Bùlow furent retenus trop longtemps sur Wavre pour prendre part à la bataille de Waterloo.

(1) Les trois autres divisions d’infanterie de Zieten, étant trop en arrière, vers Oliain, ne furent pas engagées. En outre, trois bataillons et trois escadrons, sous les ordres du colonel Zepelin, restèrent sur Wavre; nous l’avons dit.

(2) Les deux autres divisions d’infanterie, la troisième brigade de cavalerie de Pirch I, ne partirent de Wavre que vers quatre heures après midi ; nous l’avons dit aussi.

(3) Nous avons trouvé, dans les archives du ministère de la guerre, à la Haye, une note qui montre également à quel point les généraux alliés étaient renseignés sur les forces de l’armée française. Cette note, datée de Gaiid, le 10 juin, est signée par le duc de Feltre (Clarke) ministre de Louis XVlll, et adressée au chef d’état-major du prince d'Orange, le génélal Constant de Rebecque. Elle est très-détaillée et fixe à 120,000 hommes (non compris le grand parc) l’effectif de la garde impériale, des ler^ 5e, 4e, 6c corps, dans lesquels elle confond les quatre corps de réserve de cavalerie.

« La personne qui m’envoie ces détails, écrit Clarke, et qui est instruite Cl parfaitement sûre, craignant d’être compromise, n’a pas voulu les donner par écrit. Us ont été confiés à la mémoire d’un officier qui vient d’arriver, et sur les sentiments duquel on peut compter. »

(4) Rapport de Wellington, en date du 19 juin

WATERLOO

entre les deux généraux ; et Wellington ne se décida à recevoir la bataille à Mont-Saint-Jean que sur l’assurance réitérée de la coopération de deux corps de l’armée prussienne.

Tous ces faits sont certains. 11 est hors de doute aussi que Blücher ne manquait ni de coup d’œil, ni de confiance dans l’énergie de ses troupes, qu’il manquait encore moins do résolution, d’audace.

Cela suffît pour mesurer la puissance de l’action qu’aur rait pu exercer Grouchy, dans la journée du 18 juin, au cas où, mieux inspiré, il aurait manœuvré comme il le devait.

Partant de Gembloux à trois heures du matin et non à. sept, se portant sur Mousty et non sur Sart-lez-Walhain, marchant sur deux colonne et non sur une seule, il serait arrivé à dix heures et demie sur la Dyle; on doit en juger ; par le temps que mit la tête de colonne de son infanterie, le ; corps de Vandamme, à gagner Nil-Saint-Vincent.

Mais ce mouvement aurait été reconnu immédiatement ‘ par les éclaireurs du colonel Ledebur, qui occupait Mont- ! Saint-Guibert; Blücher, par suite, en aurait eu trèspromptement avis et aurait pris des dispositions pour s’y opposer.

Soit négligence, soit présomption, les ponts de Mousty et ' d’Otlignies, à un quart de lieue l’un de l’autre, celui-ci ma- 1 çonné, celui-là en bois, n’avaient pas été coupés (1). Zieten, qui était bivaqué à Bierges (2), aurait reçu l’ordre d’aller ‘ en défendre l’accès; et Pirch I, partant aussitôt de Sainte- 1 Anne et d’Aisemont (3), gagnant les ponts de Limai et de

(1) Dans nos précédentes éditions, nous avions dit que le pont de Mousty était maçonné. C’était une erreur. En Î815, nous en avons acquis la certitude, il n’existait à Mousty qu’un pont qui était formé de trois sommiers de chêne et présentait un mètre seulement pour le passage.

(2) De Bierges à Ollignics, il n'y a que cinq kilomètres en ligne droite. |

(3) De Saialc-Aunc cl d’Aisemont à Ollignics, il y a 5 kilomètres, à peu près.

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