‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 127 sur 198 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

traces du vaincu, et, avec le reste de ses forces, courir aux Quatre-Bras, s’y réunira Ney, y attaquer Wellington; et, dans un cas comme dans l’autre, il aurait anéanti l’une des armées alliées et mis, ensuite, l’autre hors d’état de rien entreprendre de sérieux avant longtemps.

Mais, au lieu d’une détermination prompte, nette, vigoureuse, au lieu d’une marche rapide, il resta irrésolu, inactif jusqu’à midi ; plaça alors trop de forces ou n’en plaça pas assez sous les ordres de Grouchy ; assura à Blücher une facile retraite ; n’atteignit pas Wellington ; laissa à tous les deux le temps de concerter, de préparer une action commune ; puis, comme si ce n’eût pas été assez encore de tant de délais accordés à ses adversaires pour concentrer les masses qui devaient accabler notre armée, il attendit, le lendemain, jusqu’au milieu du jour pour engager la bataille contre les Anglo-Hollandais arrêtés devant lui. Enfin, dans la conception du plan de cette bataille, il ne tint aucun compte de la probabilité de l’intervention des Prussiens ; il ordonna ou laissa exécuter des manœuvres mal préparées, incomplètes, incohérentes, ne sut pas saisir le seul instant oü le succès fût possible et .s’obstina dans la lutte, quand, au contraire, il aurait fallu s’en retirer pour éviter un désastre.

Tout l’étalage de critiques, d’accusations fait par Napoléon et ses apologistes sur les incertitudes, les temporisations, tes fausses manœuvres de Grouchy, n’a d’autre but que de masquer les fautes énormes commises le 17 et le 18 juin ; fautes dont Grouchy fut complément innocent, qu’il n’aurait pas eu le pouvoir de réparer, eût-il déployé toute l’habileté, toute l’activité, toute l’énergie imaginables (1).

(1) Naturellement, M. Thiers s’est efforcé de prouver que Grouchy fut la cause du désastre de Waterloo par ses manœuvres, dans la journée du ]8juin. Mais ses efforlsn’onlpasétélieureux. Nousle prouvons dansla noieQ.

WATERLOO

Des écrivains de bonne foi, mais oublieux ou insouciants des circonstances, du temps, des distances, des difficultés, se sont laissé prendre au piège tendu à l’histoire par Napoléon et ses apologistes. Mais, pour le dévoiler, il suffit d’étudier les faits. Ils sont là avec toute leur certitude.

La campagne de Belgique peut se qualifier d’un mol : elle fut la campagne des hésitations, des retards.

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