‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 143 sur 198 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME. m

Rhode-Sainte-Agatlie, qui est à trois lieues de Louvain, et à moindre distance de Wavre.

11 se retirait, couvert par un fort déploiement d’artillerie; Vandamme avait fait déboucher de Wavre la division Habert et arrivait sur les hauteurs de la Bawette; notre cavalerie dépassait Chambre, lorsque l’officier d’état-major expédié des Quatre-Bras, la veille, par Napoléon, se présenta à Grouchyet lui apprit la perte de la bataille de Waterloo, la déroute de l’armée. Il était onze heures.

Cet officier, monté, sans doute, sur un cheval fatigué, avait employé douze heures à parcourir une distance de douze lieues, et pas un autre que lui n’avait été chargé de transmettre une nouvelle dont le retard compromettait le salut de trente mille hommes !

Atterré par le funeste rapport qui lui révélait tout le péril de sa situation, le maréchal appela à lui ’t^andamme et trois ou quatre généraux pour leur demander conseil. Il pleurait, a dit un témoin. On eût dit qu’il prévoyait les iniques récriminations, les calomnies qui devaient assaillir sa mémoire.

Le seul et si tardif messager de la catastrophe n’était porteur d’aucune dépêche écrite, d’aucun ordre : sa mission se réduisait à annoncer que l’armée était vaincue, en fuite, débandée, et que Napoléon se retirait sur la Sambre. Vers ciuel point entrait-il dans les vues du chef que Grouchy dirigeât sa retraite? Le chef, dans son trouble extrême, avait oublié de l’indiquer.

Mais cette retraite était-elle encore possible? Cela paraissait bien douteux. Dès la veille, Blücher avait eu certainement avis du combat de Wavre, et, immédiatement après la

victoire, il avait dû détacher des forces suffisantes pour accabler la colonne qui avait attaqué son lieutenant. Ce détachement, il fallait s’attendre à le voir paraître au

WATRnLOO.

premier momenl, à subir son choc en queue, en flanc, pendant qu’on aurait à faire face à Thielmann revenu sur ses , pas; et si, par hasard, la manœuvre combinée par Blücher ne s’opérait pas maintenant sur le plateau de la Dyle, on devait la trouver bientôt ailleurs.

Vandamme, plus aventureux alors en paroles qu’en action, proposa de précipiter, par un vigoureux coup de collier, laretraite de Thielmann vers Louvain, de se rabattre sur Bruxelles et, de là, gagner la route de Flandre, qui ne devait pas être gardée. Entreprise encore plus folle que hardie; car elle aurait allongé le chemin du retour et donné à l’ennemi tout le temps de la faire avorter.

Vandamme resta seul de son avis.

Après une courte discussion, on reconnut qu’il fallait atteindre la frontière le plus promptement possible. Deux directions se présentaient : l’une par Fleurus, faisant déboucher sur Marchienne et Charleroi ; l’autre par Namur, au confluent de la Sambre et de la Meuse, conduisant sur Givet. La première était la plus courte; mais elle était, à coup sûr, occupée, ou bien près de l’être, par les masses anglo-prussiennes; on ne pouvait songer à s’y engager; la seconde en divergeait beaucoup; mais elle laissait quelque espoir, par cette divergence même, d’échapper à l’ennemi ; on se décida à la prendre.

Grouchy arrêta son infanterie sur tes hauteurs de la Bawette, l’appuyant et l’éclairant, à droite, par la division Soult, à gauche, par celle de Vallin ; et il ordonna à ces derniers de maintenir, pendant quelque temps encore, des partis à la suite de Thielmann, qui à présent hâtait sa retraite. Simultanément, il envoya Exelmans, avec sept régiments de dragons, se saisir de Namur; et, peu après, se mettant lui-même à la tête du corps de Gérard, il se dirigea sur le même point.

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