‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 144 sur 198 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

Vandamiîie, avec son corps, avec Pajol et Teste, resla sur la rive gauche de la Dyle, et y resta trop longtemps.

Fort heureusement, Thielmann prolongea sa retraite, sans se retourner, jusqu’à Rhode-Sainte-Agathe, où il bi-vaqua, le soir même ; aucun corps ennemi ne se montra sur Wavre; Vandamme prit à son tour, mais très-avant dans la journée, la direction de Namur; et, vers le milieu de la nuit, il arriva à Gembloux, n’ayant pas eu à brûler une cartouche en chemin. Ses troupes, exténuées, avaient besoin de quelque repos ; il s’arrêta dans cette ville.

Exelmans avec ses dragons, Grouchy avec le corps de Gérard, avaient trouvé aussi le terrain libre devant eux. En ce moment, le premier était établi à Namur, le second à côté de Sombrelfe, sur la chaussée même de Nivelles à Namur.

Dans les combats autour de Wavre, les pertes de Thielmann s’étaient élevées, d’après les historiens prussiens, à 2,476 hommes; celles de Grouchy avaient dû atteindre à peu près le même chiffre.

Le maréchal français occupant maintenant Namur, Gembloux et la chaussée de Sombreffe à Namur, était dans une position moins critique que le matin ; mais il n’avait encore aucune certitude de salut. Il pouvait toujours être prévenu sur le chemin de la frontière et être pressé, en même temps, par la poursuite de l’ennemi. Il devait donc hâter sa marche sans perte d’un instant.

Elle fut peu rapide, cependant.

Trop intelligent pour ne pas comprendre l’extrême nécessité de se hâter, mais déjà découragé par la nouvelle du désastre de Waterloo, indifférent à la conservation de ses troupes, comme à la sienne propre, car le courage ne lui manquait pas, Vandamme ne leva ses bivacs qu’à sept heures du matin, au risque de payer bien cher l’excès de temps donné au sommeil.

11 se dirigea sur Namur par l’abbaye d’Argenton, en suivant une traverse où se trouve un défilé long et difficile qui attarda beaucoup son mouvement. 11 avait franchi ce défilé, et sa tète de colonne n’était plus qu’ù une lieue de Namur, quand le canon gronda à son arrière-garde, vers Rhisnes. Depuis quelque temps déjà, on l’entendait, vers Temploux, sur la chaussée de Nivelles à Namur : Grouchy, resté avec le corps de Gérard, était attaqué comme Vandamme. Retardé peut-être par les insouciantes lenteurs de son lieutenant, dont il n’avait pas su activer le départ, le maréchal n’avait pas, on le voit, marché plus vite que lui. Temploux est à deux lieues de Namur.

A Rhisnes, c’était la cavalerie deThielmann sous 1e commandement deHobe; à Temploux, le corps de Pirch 1, qui venaient disputer la retraite.

Le 18 juin, au commencement du combat de Wavre, Thielmann, nous l’avons dit, avait dirigé sur Goulure- Saint-Germain, avec six bataillons, le chef d’une de ses divisions, le général Borcke.

Borcke était arrivé à Ghapelle-Saint-Lambert à l’entrée de la nuit, et y avait reçu de Blücher l’ordre de bivaquer sur place, en attendant des instructions ultérieures.

Le 19 au malin, vers sept heures, n’ayant pas encore ces instructions, et le colonel Stengel, qui revenait de Limai pour rejoindre le corps de Zieten, lui ayant appris le combat alors engagé sur Wavre, il avait résolu de rallier Thielmann. 11 n’y était pas parvenu. Après avoir traversé le bois de Rixensart près du village de ce nom, au moment où Grouchy couronnait les hauteurs en arrière de Wavre, il s’était arrêté, craignant sans doute de se compromettre, et s’était borné à faire observer les mouvements des Français.

Il avait connu ainsi leur retraite, et en avait donné avis à Thielmann, mais probablement assez tard dans la nuit.

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