CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
cavalerie, vers Villers-Cotterets. Tliielmann était à Corapiègne, ayant passé la rivière. Bülow l’avait franchie à Pont- Sainte-Maxence, occupant Senlis par une division, celle dont l’avant-garde avait repoussé les cuirassiers de Kellermann.
Arrivé fort tard à Villers-Cotterets, Grouchy y resta peu. Avant le point du jour, il leva ses bivacs, se dirigeant par Nanteuil sur Dammartin,
Cependant, son extrême arrière-garde était encore à Villers-Cotterets, quand Pirch 11 l’attaqua et l’en chassa. On avait si mal éclairé le pays, que ce général venait d’enlever, tout près de la ville, une batterie d’artillerie légère : son attaque était une véritable surprise.
Au bruit du combat, Grouchy revint au galop et fit soutenir son arrière-garde. Pirch II s’était déployé, la gauche au château, la droite à Longpré. La canonnade s’ouvrit ; et il essayait en vain de déboucher de Villers-Cotterets , lorsque sa gauche fut subitement prise à dos. En opérant le mouvement qui lui avait été ordonné, la veille, Vandamme avait porté sa droite sur la chaussée de Boissons à Villers-Cotterets ; et c’était lui qui attaquait les Prussiens.
Une division d’infanterie aborda la ville, pendant qu’une brigade de cavalerie la tournait. Les Prussiens furent culbutés et rejetés jusqu’à Bonneuil, où ils s’engagèrent sur la route de Compiègne à Crespy.
Après ce coup de vigueur, Grouchy continua sa retraite vers Nanteuil et Dammartin, et prescrivit à Vandamme, au lieu de se diriger sur Dammartin par la Ferté-Milon, de prendre, à ce dernier point, le chemin de Meaux pour atteindre ensuite Paris par Lagny.
Grouchy, en arrivant à Levignon en deçà de Nanteuil, trouva le village occupé par Zieten. Les cuirassiers de Milhaud, et Reille avec son corps, étaient déjà au delà. Le maréchal, qui marchait avec la garde, était coupé. 11 évita H. 12.
WATERLOO
le combat, et après une légère canonnade, il obliqua à gauche sur Azy, puis se porta sur Claye, où il bivaqua.
Le soir, Reüle et d’Erlon se réunirent près de Gonesse, à la Patte d’oie, où se croisent les chaussées de Paris à Boissons et à Sentis, et vinrent s’établir près du Bourget, à deux lieues de Paris. Reille avait fait seize lieues dans la journée. D’Erlon avait marché plus lentement, afin de couvrir la retraite; et il n’avait eu à repousser aucune attaque sérieuse.
Le lendemain, 29 juin, l’un et l’autre entrèrent dans les lignes construites au nord de Paris. La garde les rejoignit avant midi. Vandamme avec les corps sous ses ordres arriva dans la soirée et alla prendre position sur les hauteurs de Montrouge, au sud de la capitale.
Ce jour-là, Rlûcher eut son quartier général à Gonesse; le corps de Bûlow fut au Bourget, celui de Zieten à Blancménil, celui de Thielmann à Dammartin.
L’armée anglaise, dont le chef ne partageait pas l’impatiente ardeur de Blücher, était encore à Gournay, Clermont, Saint-Marlin-Longeau, Pont-Sainte-Maxence, sur la rive droite de l’Oise, à deux marches et plus des Prussiens.
Avec de la vigueur et de l’intelligence dans le commandement, la lenteur de l’un, la précipitation de l’autre auraient pu recevoir un rude châtiment.
Mais tous les deux avaient de puissants motifs pour ne pas le redouter : des motifs politiques. « Je crois que nous amènerons les choses à la conclusion que nous désirons tous, sans tirer un coup de fusil. J’espère être à Paris le 1" juillet, » écrivait Wellington au ministre Liverpool, le 28 juin (1).
(1) The dispatches, etc.