‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 152 sur 198 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

Ddcrets rendus par les chambres. — La commission de gouvernement. — Fouché, son président. — But qu’il se propose. — Sa conduite. — Sous son influence, la commission de gouvernement nomme Masséna commandant en chef de la garde nationale de Paris. — Fouché entraîne dans sa défection Davoul, ministre de la guerre. — Réunion en conseil des membres de la commission de gouvernement, des bureaux des deux chambres et des ministres. — Davout déclare la résistance impossible et propose la soumission à Louis XVIlï. — Incident. — La réunion décide l’envoi de négociateurs auprès de Wellington et de Blücher. — Davout est nommé commandant en chef de l'armée sous Paris et reste ministre de la guerre. — La commission de gouvernement décide que les approches seules de Paris seront défendues. — Anxiété, irritation de la population. — Demande d’armistice adressée par Davout à Wellington et à Blücher, avec l’autorisation de la commission de gouvernement. — Blücher reconnaît la ligne de nos retranchements au nord de Paris. — Son entrevue avec Wellington. — Les deux généraux décident que l’armée prussienne se portera au nord de Paris.

— Mouvements de celte armée ; de l’armée anglo-hollandaise. — Effectif des troupes de Davout, le 1er juillet. — \\ pouvait détruire les deux armées ennemies successivement. — Conseil tenu aux Tuileries. — Exelmans marche sur Versailles et Rocquencourt. — Il détruit une brigade de cavalerie prussienne et revient à son bivac de Montrouge. — Conseil de guerre à la Yillette. — Résultat. — Réponse de Blücher à la demande d’armistice. — Lettre que lui adresse Wellington à ce sujet. — Davout autorisé à capituler par la commission de gouvernement. — Mouvements de l'armée prussienne.

— Combats de Sèvres, de Meudon, des Molineaux, d’issy. — Position de l’armée prussienne, le 2 juillet au soir. — Conduite des chambres. — L’armée évacue Paris. — Entrée de Louis XYlll à Paris. — Conclusion.

En forçant Napoléon à résigner le pouvoir, les chambres avaient agi sous une multiple impression. Elles craignaient le rétablissement d’un despotisme dont le souvenir était

WATERLOO

odJf^Sx, qui avait été funeste à la patrie; elles étaient convaincues de l’impuissance du vaincu de Waterloo à la défendre; elles espéraient que son abdication permettrait des négociations qui aboutiraient bientôt à l’évacuation du territoire, à une paix honorable, à l’établissement d’un gouvernement choisi par la nation.

Les souverains coalisés avaient solennellement déclaré qu’ils faisaient la guerre à Napoléon, non à la France, et qu’ils ne voulaient imposer à notre pays aucune dynastie. Leur déclaration recevait un formel démenti de la signature apposée par les plénipotentiaires de Louis XVllI au traité de coalition. Mais les chambres ne le remarquaient pas ; elles oubliaient que l’histoire des manifestes solennels n’est trop souvent que le récit d’officielles impostures.

Leur espoir, cependant, n’était pas sans réserve, car elles avaient décidé que les préparatifs de défense marcheraient de front avec les négociations. Elles avaient déclaré la guerre nationale, appelé au secours de la patrie tous les citoyens en état de porter les armes, décrété un emprunt et mis toutes les ressources du trésor public à la disposition du gouvernement provisoire, l’autorisant, en outre, à faire toutes les réquisitions en nature nécessaires aux armées et aux transports militaires, à suspendre les lois sur la liberté individuelle, à faire arrêter ou mettre en surveillance les individus prévenus de provoquer des troubles ou d’entretenir des relations avec l’ennemi.

Ces mesures étaient excellentes, justifiées par l’extrême péril de la situation. Elles rappélaient l’énergie de la grande assemblée qui, en un moment de danger extrême aussi, avait assuré le salut de la France; et, déjà, elles ranimaient bien des courages, exaltaient bien des âmes. C’était beaucoup que de les avoir décrétées; mais ce n’était rien, si on ne devait en assurer la très-rapide exécution.

Page 1