CHAPITRE DIX-HUITIÈME. m
)) Les conditions que je crois pouvoir mettre à cet armistice, et sous lesquelles je consentirais seulement à le conclure, sont celles-ci :
)) Que nous resterons dans les positions que nous occupons maintenant ;
)) 2oQue Tarmée française se retirera de Paris et se rendra derrière la Loire;
)) S"" Que la garde de Paris sera remise à la garde nationale jusqu’à ce que le roi en ordonne autrement;
» 4® Qu’un temps sera fixé pour la rupture de cet armistice.
» 11 est vrai que nous n’aurons pas la vaine gloire d’entrer dans Paris à la tête de nos armées victorieuses; mais, ainsi que je l’ai déjà expliqué à Votre Altesse, je doute que nous ayons, actuellement, les moyens de réussir dans une attaque contre Paris; et, s’il nous faut attendre les troupes du maréchal prince de Wrède, pour opérer cette attaque, je crois que nous trouverons les souverains disposés, comme l’année dernière, à épargner la capitale de leur allié, à ne pas entrer du tout dans la ville, ou à y entrer en vertu d’un armistice semblable à celui que nous pouvons signer dès aujourd’hui.
» Je prie Votre Altesse de peser les raisons que je lui soumets et de me faire savoir sa décision (1). »
Ainsi, Wellington donnait raison, devant l’histoire, aux généraux qui, au conseil de la Villette, s’étaient prononcés contre la capitulation; il portait témoignage contre les quatre collègues de Fouché, qui, de concert avec celui-ci, envoyaient à Davout l’autorisation de la conclure.
Muni de cette autorisation, le maréchal se hâta d’en profiter : l’exaspération de l’armée, instruite, maintenant, des scènes violentes du conseil de guerre, pouvait, à <îhaque
(1) The dispalches, ete.
instant, éclater en une irrésistible insurrection. Il expédia à Blücher le général Revest, devenu récemment chef d’étatmajor de Vandamme, pour demander non plus un armistice, une suspension d’armes, mais l’ouverture d’une négociation sur la base de la reddition de Paris, de l’éloignement de l’armée française.
Blücher s’était montré brutal, injurieux à l’égard de Davout, delà population parisienne; c’était pour cela, sans doute, que le maréchal français lui adressait sa nouvelle demande, de préférence à Wellington.
En ce moment, pourtant, l’armée prussienne s’exposait grandement à payer bien cher les emportements et les altières exigences de son chef.
Le 2 juillet, au matin, le corps de Bülow s’était réuni, après une marche de nuit, au corps de Zieten et de Thielmann, sur Saint-Germain; ce dernier ayant une division en avant-garde à Rocquencourt. L’armée anglaise achevait de se concentrer dans la plaine de Saint-Denis. Wellington envoyait ses pontonniers jeter un pont sur la Seine à .4rgenteuil ; et Blücher faisait travailler à la réparation des ponts de Bezons et de Chatou, rompus par les habitants.
C’étaient tout autant de moyens d’éviter le détour par Saint-Germain, de raccourcir la distance entre les deux armées.
Blücher, en effet, allait continuer le mouvement qui devait le porter au sud de Paris. Cependant, même après la construction, la réparation des trois ponts, la distance entre la plaine de Saint-Denis et le plateau de Montrouge serait encore, pour les deux masses ennemies, de huit lieues et plus.
L’armée prussienne s’avança sur deux colonnes : celle de gauche, formée du corps de Zieten, se dirigeant par Villed’Avray, Sèvres, Meudon; celle de droite, formée du corps