‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 168 sur 198 · CHAPITRE DIX-HUlTiEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUlTiEME

de Tliielmann, par Rocquencourt, Versailles et Vélizy. Le corps de Bülow, prenant cette dernière route, forma la réserve. (V. l'Atlas pl. V.)

La manœuvre ‘commença assez tard et s’exécuta lentement. A trois heures après midi seulement, Zieten arriva devant Sèvres, après avoir replié sur ce point nos avantpostes qui étaient à Ville-d’Avray.

Sèvres était occupé par trois bataillons. Zieten le fit attaquer par la division Stelnmetz, soutenue par les divisions Pirch II et Henkel, pendant que sa quatrième, celle de Jagow, observait Saint-Cloud, également occupé par un détachement français.

La résistance fut des plus vives. Malgré l’infériorité extrême du nombre, Sèvres ne fut enlevé qu’au bout de deux heures ; et, pendant ce temps, on fit sauter une arche du pont de Saint-Cloud et une arche de celui de Sèvres.

Zieten, poursuivant sa route, rappela Jagow, porta Steinmetz sur les Molineaux, Pirch II sur Meudon, et laissa Henkel à Sèvres. Les Molineaux et Meudon furent emportés. Vandamme,venu sur les lieux, voulut reprendre le premier de ces points; mais sa tentative, faite avec trop peu de monde, échoua. Il se replia sur Issy.

La nuit approchait; Zieten n’en résolut pas moins d’enlever ce village, où Vandamme avait placé une division. L’attaque, commencée tout de suite par Steinmetz et Pirch II, se termina vers minuit, à l’avantage des Prussiens. Vandamme avait manœuvré de manière à assurer leur succès. En traversant Paris, le matin, il avait vu Fouché; et, sous le souffle de celui-ci, avait disparu l’énergique confiance qu’il avait montrée au conseil de guerre de la Villette. Il était partisan, maintenant, de la capitulation.

Pirch II établit ses bivacs à Issy, Steinmetz au moulin de Clamart, Jagow à Meudon, Henkel aux Molineaux,

WATERLOO

Thielmann avait, alors, une division à Cliâtillon, deux divisions à Vélizy, une division entre Châtenay et Sceaux.

Le corps de Bûlow était à Versailles, à Montreuil, à Rocquencourt.

Dans l’après-midi de ce jour, Wellington avait répandu une division d’Argenteuil à Asnières, Courbevoie et Sul’esnes, observant le débouché du pont de Neuilly.

Davout prévoyait, comme tout le monde, le prolongement du mouvement de Blücher, assez indiqué par l’occupation de Saint-Germain; il aurait dû le faire surveiller, en connaître à chaque instant les progrès ; chose facile, à coup sûr. Résolu à tirer parti de sa position et de celle de l’ennemi, il aurait donc pu déboucher, vers trois heures, en se couvrant du bois de Boulogne et de la Seine, par les ponts de Saint-Cloud et de Sèvres, avec toutes les forces non indispensables à la garde des retranchements, au nord de Paris ; et, opérant de concert avec Vandamme à la tête des corps campés au sud, il aurait écrasé promptement sous le poids de cinquante ou soixante mille hommes, Zieten et Thielmann, qui n’en avaient pas trente-cinq mille; puis, poussant ce succès, il aurait marché à Bülow et lui aurait infligé le même sort, avant qu’il eût pu repasser la Seine. Wellington ne serait arrivé que pour recueillir les débris de cette armée, et se serait hâté de se replier en arrière de l’Oise.

Ce grand résultat était possible; il était certain. Mais Davout ne le voulut pas. Fouché avait promis l’inaction de notre armée. Le maréchal faisait honneur à cette parole.

Pourtant, sa honteuse résolution avait été mise, dans cette journée même, à une nouvelle et bien rude épreuve. Son envoyé, le général Revest, arrêté dans sa mission par l’avant-garde de Zieten, n’avait pu arriver jusqu’à Blücher. Zieten, après avoir écouté les propositions verbales dont il

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