CHAPITRE DLX-HUITIÈME. m
depuis la chute de Napoléon, Guilleminot, devenu chet d’état-major de l’armée, etBondy, préfet de la Seine.
Wellington et Blücher assistèrent à la conférence.
Elle fut longue et aboutit à une capitulation, simple cartel où le nom de la France n’était pas même écrit, qui n’avait en vue que Paris et l’armée : Paris, pour lui garantir le respect des personnes et des propriétés privées et publiques, à l’exception de celles qui avaient rapport à la guerre; l’armée, pour l’obliger à quitter ses positions sous trois jours, à se rendre derrière la Loire sous huit.
Rapprochement digne de méditations ! ce palais de Saint- Cloud, où s’imposaient et s’acceptaient ces conditions sous le coup de la seconde invasion provoquée par l’Empire, victorieuse par les fautes de l’Empire comme la première, ce palais avait été le témoin de l’attentat de brumaire, origine du règne de Napoléon , et, selon tant d’apologistes, le salut de la France.
Ratifiée immédiatement par Wellington et Blûcher, cette capitulation le fut, à deux heures de là, par Davout, auquel Fouché, dans sa prudence, réserva cet honneur et cette responsabilité.
A onze heures du soir, il en fut donné communication, par un message du pouvoir exécutif, aux deux chambres réunies en comités secrets.
Jusque-là, ces deux assemblées avaient évité avec un soin extrême d’intervenir dans la conduite des affaires. « Fouché absorbe en lui le pouvoir exécutif; il trahit ! » disaiton, de tous côtés, sur leurs bancs; et on se résignait, néanmoins, à attendre le résultat de ses manœuvres. Ce qu’on n’aurait pas osé faire soi-même, on lui laissait toute latitude pour l’accomplir. Ghezles uns, l’espérance d’une transaction libérale avec les Bourbons, seul empêchement aujourd’hui, à leurs yeux, d’un démembrement de la France ; chez les
WATERLOO
> autres, la lassitude; chez plusieurs, la conviction de l’impossibilité de la résistance ; chez tous, l’elfroi d’un soulèvement populaire ; telles étaientles causes de cette résignation dont on ne trouve pas un autre exemple dans l’histoire.
La chambre des pairs, réunie, chaque jour, pendant de courts instants, avait écouté d’oiseuses récriminations sur les incidents de la campagne, et les communications que le pouvoir exécutif avait bien voulu lui faire.
La chambre des représentants avait reçu aussi ces communications, petits bulletins où Fouché rendait compte des mouvements militaires; elle avait applaudi à la lecture de quelques adresses patriotiques envoyées par les fédérés de Paris et des départements, par les écoles, etc., aux rapports verbaux de ceux de ses membres qu’elle avait délégués, mais sans les munir d’aucun pouvoir, auprès de l’armée campée sous Paris ; puis elle s’était plongée dans la discussion d’un pacte constitutionnel dont elle prétendait doter la France.
Cette discussion lui a été durement reprochée. C’est à tort; ce n’est pas pour cela que les représentants furent coupables, dignes de blâme, de haine, de mépris; c’est pour avoir négligé, oublié systématiquement la défense nationale. La Convention, elle aussi, discutait, votait des constitutions, au milieu des périls, des alarmes de la patrie ; et nul n’y a trouvé sujet à blâme ; car elle savait mêler à ce travail l’énergique organisation de la guerre, de la victoire.
La capitulation de Saint-Cloud, prévue, attendue par la plupart, dans les termes mêmes où elle se formulait, n’excita, au sein des deux chamores, que des débats humiliés, Fouché avait eu l’habileté de a leur envoyer accompagnée de deux proclamations de Louis XVlll, datées de Cambrai, le 25 et le 28 juin. La seconde, très-explicite, accordait par avance amnistie complète à tous les faits postérieurs au