‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 20 sur 198 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Composilion, organisalion de Tarmée aux ordres de Wellington. — Son elîcclif. — Disposition de ses canlonncmenls, le 14 juin. — Vices de cette disposition. — Composilion, organisalion de l’armée aux ordres de Blüclier. — Son effectif. — Disposition de scs cantonnements, le 14 juin. — Vices de celle disposition. — Mouvements convenus entre ces deux généraux pour le cas d’une attaque. — Étal moral de Uarmée de Wellington ; de l’armée de Blüclier. — Wellington, Blücher.

L’armée commandée par le feld-maréchal duc de Wellington se composait de deux parties distinctes : l’une active, l’autre employée à la garde des places fortes de la Lelgique.

Celle-ci comprenait un certain nombre de bataillons liollando-belges, une division anglaise de six bataillons (dont deux de vétérans), forts ensemble de plus de trois mille hommes, quatre brigades lianovriennes, de levée toute récente, formant un corps de neuf mille hommes, dit de réserve, sous le commandement du lieuienant général Von der Decken.

L’armée active comptait vingt-six brigades d’infanterie, douze de cavalerie, quinze batteries à pied, quatorze à cheval.

Des brigades d’inf’anterie, neuf étaient anglaises; deux appartenaient à la légion étrangère au service de l’Angle- I- 7

WATEULOO.

terre, dite légion allemande du roi (l); cinq élaient hanovriennes; deux brunswickoises ; six bollaiido-belges; une de Nassau au service des Pays-Bas; une représentait le contingent du duché de ce nom.

Les brigades anglaises, hanovriennes et celles de la légion allemande, formaient six divisions dites anglaises ; les brigades brunswickoises en formaient une; les brigades hollando-belges et celle de Nassau au service des Pays-Bas, trois et demie; le contingent de Nassau n’était pas endivisionné.

Des brigades de cavalerie, sept étaient dites anglaises, mais comprenaient cinq régiments de la légion allemande; une était hanovrienne; une brunswickoise; trois hollandobelges.

Ces trois dernières étaient réunies en une division; les , autres n’étaient pas endivisionnées.

Quinze batteries étaient anglaises; deux hanovriennes, sept hollando-belges; deux brunswickoises; trois appar- j tenaient à la légion allemande.

Toutes ces forces formaient deux corps d’armée, une ré- ] serve, un corps de cavalerie. î

(I) La créalion de celle légion romonfail à Tannée 1803, à la conqiiélede Télecloral de Hanovre par Morlier. Les premiers éléments de sa composition • avaient élé des olïïciers et des soldais de Tannée électorale, qui avaient ■ abandonné leurs rangs, après la convention de TElbc, et élaient allés s’em- ' barquer, dans les ports du Danemark, sur des vaisseaux anglais qui les | avaient transportés en Angleterre. Une grande partie de celle armée y avait \ bientôt furtivement suivi les premiers fugitifs. ■

A la fin de 1806, la légion comptait près de 15,000 hommes. Depuis, elle ^ s'était recrutée de déserteurs, de prisonniers provenant des corps étrangers au service de la France impériale et île palrioles allemands, eberebant un drapeau sous lequel ils pussent combattre Napoléon. En juin 1815, Telfcctif delà légion était de 12,057 officiers et soldats, répartis en onze bataillons, cinq régiments de cavalerie, cinq batteries. Une partie de ces forces était en Angleterre, en Portugal, en Sicile ; la plus grande partie en Delgique.

CllAPlTUE ClNUÜIKiME.

l' i’ cor|)S. — Le prince d’Orange. -- l)ivi.>ion de (^ooke (gardes anglaises, 4,000 hommes), (rAilen (anglaise), de l‘er|)oncIier (hollando-helge), de Chassé (hollando-helge).

- 40 halailions 25,942

' Division de Collaerl (liollando-i)elge). — Ca!‘al)iniers,

dragons, Imssards. — 23 escadrons 5,403

Cinq ballcrics à pied, quatre ù cheval. — Cénic, waggon train (i), stalï corps (2) 2,198

Tolal. . . . 51,343

04 bouches à l'eu. -

2c corps. — Lieutenant général IIül. — Divisions de Clinton (anglaise), Colville (anglaise) ; division Stedmann (hollando-helge) et brigade d’Anlhing (hollando-belge),

dile brigade indienne (5), réunies sous le commandement d;i prince Lrédéric des Pays-Bas. — 58 bataillons. . . . 24,499

Brigade d’Bslorfi’ (hanovrienne), hussards. — 12 escadrons 1,277

Cinq batteries à pied, une à cheval. — Génie, waggon train, slafl corps 1,472

Total. . . . 27,248

40 bouches à feu.

Beserve.— N’avait pas de commandanten chef. —Divisions de Picton (anglaise), Cole (anglaise), brigade de Kruse ou contingent de Nassau. —

23 bataillons

Quatre batteries a pied. — Génie, waggon train, stafi corps.

Total. . . .

24 hoiK'hcs à feu.

A reporter. . . . 15,899 58,793

(1) 1 rain des équipages. Outre ce train, l’armée anglaise avait à sa suite, (oinine d liabiludc, des brigades de parcs de voilures louées aux habitants du pays.

(2) 1 roupe d’étal-major ù pied et à cheval, employée à guider les colonnes, ouvidr les marches, tracer les camps, faire la police de l’armée.

(5) Ainsi noitmiée, parce qiCclle était destinée au service des colonies li üllandaises dans les deux Indes.

GliAl'lTKt: UUA'lKiÈlVlE,

Report. . . . 15,899 58,795

Corps de Brunswick. — Due de Brunswick.

— 8 bataillons 5,37G

ÏJhlans, hussards. — 5 escadrons 8'2‘2

Une batterie à pied, une à cheval 460

Total. . . . 6,658

16 bouches à feu.

Réserve générale d’artillerie 480

12 bouches à feu.

Total du corps de réserve. — 51 bataillons. — 5 escadrons 25,037

52 bouches à feu.

Corps de cavalerie. — Lieutenant général üxbridge. — Brigades (anglaises) de grosse cavalerie. — De Somerset

(gardes du corps et dragons de la garde); de Ponsonby

(dragons de la ligne). — 22 escadrons 2,605

Brigades (anglaises) de cavalerie légère (dragons légers, hussards). — Dornberg, Vandcleur, Grant, Vivian, Arent-

schildt. — 49 escadrons 7,908 «

Cinq batteries à cheval, une ballcric de fusées 1,300 ’

Total. . . . 11,815 1

50 bouches à feu.

Grand parc. — Artillerie. — Génie, waggon train, staff ^

corps, pontonniers 1,860 •

Total général. . . . 93,505

186 bouches à feu, une batterie de fusées.

L’armée commandée par le duc de Wellington était ainsi i de quatre-vingt-quinze mille cinq cent trois hommes, dont \ 70,756 d’infanterie, 16,017 de cavalerie (1), 8,730 d’artillerie, j génie, etc., y compris le personnel du grand parc (2); et son ^

(1) « ... J’aurai seize mille hommes de cavalerie, dont dix mille d’aus>i bonne qu’il y ait au monde. » Lettre de Wellington à Schwartzenberg,

21 mai 1815. — {The dispatches of ftcld nfarshall ihe duke ofWcltinglon, t. XII.)

(2) Voir la note F, pour les sources où nous avons puisé ces chiffres.

CflAPITRE aNOTHKMK.

arlillcrie de cent quatre-vingl-six bouches à feu et une battcriede fusées.

A deux exceptions près, les régiments anglais n’étaient (Iiie d’un bataillon. L’infanterie liollando-belge , hanovrienne, brunswickoise, de la légion allemande, était organisée par bataillon formant corps.

La force moyenne du bataillon était de six cents hommes.

La brigade était formée de deux à six bataillons et com~ mandée par un général-major ou un colonel; la division, de deux h trois brigades, par un général-major ou un lieutenant général.

La force moyenne de l’escadron était de cent soixante hommes. Le régiment variait de trois à quatre escadrons; la brigade de deux à quatre régiments et avait pour chef un général-major ou un colonel.

La batterie hollando-belge, brunswickoise, était uniformément de huit bouches à feu; la batterie anglaise, hanovrienne, de la légion allemande, de six seulement. Les calibres de cette artillerie étaient le 12, le 6, le 9 (neuf livres anglaises, à peu près le 8 français). Les obusiers formaient des batteries séparées, excepté dans l’artillerie hollandobelge.

Les commandants en chef de l’artillerie et du génie de l’armée étaient de simples colonels.

Au moment où Napoléon se concentrait sur la rive droite de la Sambre, l’armée anglo-hollandaise étendait ses cantonnements dans l’angle formé par les routes de Bruxelles à Charleroi et de Bruxelles à Gand ; ses avant-postes sur l’extrême frontière.

Le quartier général de Wellington était à Bruxelles ; celui du prince d’Orange, commandant le corps, à Braine-le- Gomte; celui de Hill, commandant le 2®, à Ath; celui d’Uxbridge, commandant le corps de cavalerie, à Grammont.

WATERLOO

Les divisions Perponcher et Chassé, formant Eextrêmc gauche de l’armée, occupaient, la première Genappe, Frasnes, Nivelles, la seconde Fayt-lez-Seneffe, Haine-Saint- Pierre, Morlanwelz.

La division Alton était à Soignies et aux environs; la division Cooke autour d’Enghien.

La division de cavalerie de Gollaert était près de Mons, à Pioeulx, Havré, Saint-Symphorien.

Hill avait la division Clinton à Lens, Ath, Leuze ; celle de Colville il Renaix, Audenarde et plus à droite, entre l’Escaut et la Lys ; celle de Stedmann et la brigade indienne, réunies sous les ordres du prince Frédéric des Pays-Bas, à Landscauter, Bambrugge et Leeuwergem; la brigade de cavalerie d’Estorff entre Mons et Tournai. Le quartier général du prince Frédéric était à Sottegem.

La réserve était cantonnée à Bruxelles et aux environs; les divisions Picton et Cole(1)dans cette ville, à Anderlechtet Hal ; le corps de Brunswick entre Bruxelles et Vilvorde; la brigade Kruze (contingent de Nassau) sur la route de Louvain ; l’artillerie de réserve et le grand parc en avant de Bruxelles.

Les diverses brigades du corps de cavalerie occupaient Gand, Ninove et les villages de la vallée de la Dendre. Deux régiments étaient détachés, pour le service de la frontière, vers Tournai et Ypres.

Les points de réunion étaient, pour les divisions du corps. Nivelles, Fayt, Soignies, Enghien, Bœulx; pour celles du 2® corps, Ath, Benaix, Audenarde, Landscauter; pour la réserve, Hal, Bruxelles, Vilvorde; pour le corps de cavalerie, Grammont.

Celle armée avait son front couvert parMons, Ath, Tournai,

(1) Trois balaillons de la division Colc sc trouvaient à Gand.

CIIAI’ITRE Cli\QUlÈ.ME

Audcnai'dc, Couidrai, Yprcs, où de grands travaux de forlilication avaient été laits depuis deux mois; sur sa droite, tout était préparé pour tendre de vastes inondations ; Nicuport et Ostende étaient dans un bon état de défense. Le pays où elle se répandait était sillonné de routes rayonnant de Bruxelles à la frontière et de routes transversales.

La disposition de ses cantonnements a été l’objet de critiques sévères. On a dit qu’ils étaient trop disséminés; que la cavalerie était trop éloignée de l’infanterie, et même que les divisions des divers corps avaient leur artillerie stationnée trop loin pour entrer en action aussitôt qu’elles.

Cette dernière assertion tombe devant les faits. A chaque division d’infanterie, deux batteries étaient attachées ; et ces batteries étaient cantonnées avec la division. 11 en était de même de l’artillerie attachée aux brigades de cavalerie. On le verra bientôt, dès la première rencontre des Anglo- Hollandais et de notre armée, le nombre des bouches à feu fut en proportion des troupes engagées.

Il y avait assez de cavalerie dans chaque corps d’armée, si ce n’est dans la réserve, qui ne comptait que huit cents chevaux ; mais il est incontestable que la masse des troupes de cette arme était trop à droite. Dans le cas d’une brusque attaque sur l’extrême gauche de l’armée, elle ne pouvait y arriver à temps.

L’idée qui avait présidé à la disposition des cantonnements de l’armée anglo-hollandaise se trouve expiâmée dans un mémorandum secret, daté du 30 avril et adressé par Wellington à ses lieutenants le prince d’Orange, Hill et Uxbridge.

11 regardait comme possibles contre lui trois attaques : une par le pays entre Lys et Escaut, une~ entre Sambre et Escaut, la troisième simultanée sur ces deux lignes d’opé-

WATERLOO

ralions;et il voulait être également préparé à les rencontrer, bien que la dernière, au moins, fût très-peu probable. Mais le moyen qu’il avait pris pour atteindre son but était mauvais. Ses cantonnements, disséminés sur un front de près de vingt lieues et une profondeur égale, ne lui permettaient pas une réunion assez rapide de ses forces. Attaqué par sa droite, attaqué parsa gauche, il lui fallait un jour démarché forcée pour concentrer la moitié environ de son armée sur l’une ou l’autre aile, et deux jours pour l’y réunir tout entière.

Dans une telle situation, il est certain, en outre, qu’une fausse attaque, sur laquelle il prendrait le change, pourrait avoir des conséquences bien plus graves, bien moins faciles à réparer que dans un système plus concentré.

Dès la fin de mai, le général anglais aurait dû porter son quartier général à six ou huit lieues en avant de Bruxelles et masser ses cantonnements sur Hal, Nivelles, Enghien, ' Ninove, quand même il aurait été obligé pour cela de mettre J une partie de ses troupes sous la tente. Alors, en effet, tenant de fortes avant-gardes aux débouchés de la frontière, i n’ayant à parcourir qu’un arc, de cercle peu étendu, quel , que fût le point d’attaque, il se serait trouvé en mesure contre toutes les éventualités possibles.

Pour le justifier, on a allégué l’inconvénient de fouler le . pays, la difficulté de nourrir les hommes et les chevaux , dans un espace relativement étroit. i

Mais ces allégations n’ont rien de sérieux pour qui ne 1 met pas en oubli les ressources financières dont disposait ! Wellington, la sévère discipline de ses troupes; pour qui > sait combien le pays de Brabant est peuplé, riche en moyens de transport, en toutes choses nécessaires aux armées.

L’armée prussienne, sous les ordres du feld-maréchal

CHAPITHR CINQUIRMR.

prince Dlüclicrdc Walilsladt, claitrormée de seize divisions d’infanterie, quatre divisions de cavalerie, vingt-sept batteries à pied, douze à cheval, réparties entre quatre corps d’année, de forces inégales, que commandaient les lieutenants généraux Zieten, Pirch I, Tliiclmann et Bülow.

1er corps. — Ziclcn.— Divisions de Slcinmctz, Pirch II,

Jagow, Ilcnkcl. — 3i bataillons 27,887

Division de Ilodcr. — 52 escadrons (dragons, uhlans,

hussards) 1,925

Neuf batteries à pied, trois à cheval. — Génie, équipages militaire^, etc. 2,880

Total. . . . 32,G92

2« corps. — Pirch I. — Divisions de Tippelskirchen,

Krafft, Drause, Langen. — 52 bataillons 25,836

Division de Jürgas. — 56 escadrons (dragons, uhlans

hussards) 4,468

Sept batteries à pied, trois à cheval. — Génie, équipages, etc 2,400

Total. . . . 52,704

80 bouches à feu.

5e corps. — Thielmann. — Divisions de Porcke, Kcm-

phen, Luck, Stülpnagel. — 50 bataillons 20,611

Division de Marwilz (dragons, uhlans, hussards). —

24 escadrons ' 2,405

Trois batteries à pied, trois à cheval. — Génie, équipages, etc 1,440

Total. . . . 24,456

48 bouches à feu.

4e corps. — Bülow. — Divisions de Ilacke, Ryssel,

Losthin, Hiller. — 36 bataillons 25,581

Division du prince Guillaume de Prusse (dragons,

uhlans, hussards) — 43 escadrons 5,081

Huit batteries à pied, trois à chcv.al. — Génie, équipages, etc. . . 2,640

Total. . . . 51,102

Grand parc 5,120

Total gl.m'ral. . . . 124,074

WATERÏ>00

La force totale de rarmée prussienne était donc de cent vingt-quatre mille soixante-quatorze hommes, y compris le personnel du grand parc. Elle comptait 99 J15 fantassins, 11,879 cavaliers, 12,480. canonniers, sapeurs, etc.; et son artillerie 312 bouches à feu (1).

Les régiments d’infanterie étaient uniformément de trois bataillons, chacun de quatre compagnies. Ceux de cavalerie variaient de trois à quatre escadrons. Les batteries à pied et à cheval étaient de huit bouches à feu; leurs calibres de 12 et de 6. Les obusiers, très-peu nombreux, formaient des batteries séparées.

La force moyenne du bataillon était/de 730 hommes; celle de l’escadron, qui s’abaissait jusqu’à 60 dans le premier corps d’armée, s’élevait à 100 dans les trois autres.

Les régiments de cavalerie formaient brigade, par deux ou trois, sous les ordres d’un général-major, d’un colonel ou d’un lieutenant-colonel. La division était de deux ou ■ trois brigades. Deux escadrons de cavalerie et une batterie de 6 étaient attachés à la division d’infanterie (2). Le corps d’armée avait deux compagnies du génie; et sa réserve, en ! cavalerie et artillerie-, se composait des escadrons et bat- ^ teries non attachés à ses divisions d’infanterie.

Blûcher avait son quartier général dans la ville de Namur, à seize lieues de celui de Wellington. -

Les quartiers généraux de Zieten, Pirch I, Thielmann, ^ Bülow étaient respectivement à Charleroi, Namur, Ciney | (sur la rive droite de la Meuse) et Liège. ]

Zieten avait la division Steinmetz sur là rive gauche de | la Sambre à Fontaine l’Éveque et Binche, où elle se reliait I

(1) Voir la noie G, pour Pindicalion des sources où nous avons puisé tous ces chiffres.

(2) Les Prnssiens appelaient, brigades les corps de troupes que nous avons appelés divisions dans rénuinéi ation ei-dessus.

CHAmUE CINQUIÈME.

aux Anglo-IIoIIandais ; la division Pircli II, à Marcliicniieau-Ponl, Cliarlcroi, Châtelet, Tamines; la division Jagow, a Fleuras; la division Ilenkel, à Mouslicr-sur-Sambre.

Ses avant-postes s’étendaient de Bonne-Espérance à Sosoye, par Lobbes, Tliuin, Ilam-sur-IIeure et Gerpinnes.

Sa cavalerie et son artillerie de réserve étaient vers Fleurus et Sombreffe. Fleurus était le point de concentration assigné à son corps.

Les divisions de Pirch I occupaient Namur, Huy, Héron et Thorembais-les-Béguines; son artillerie de réserve était vers Hottomont, sa cavalerie de réserve à Hannul.

Ses avant-postes étaient sur Binant.

11 avait Namur pour point de concentration.

Celui de Thielmann était Ciney.

Les avant-postes de ce général touchaient à la Meuse vers Binant et dépassaient Bochefort, observant les débouchés de Givet.

L’infanterie de Bülow était à Liège, Hollogne, Waremme, Leers, etc.; sa cavalerie k Saint-Trond, Looz et Tongres.

Par une contradiction difficile a expliquer, on n’avait construit aucune fortification sur la frontière occupée par les Prussiens, tandis qu'on n’avait rien épargné pour en élever de Mons k la mer du Nord.

Comme Wellington, Blücher avait disséminé ses cantonnements sur un vaste espace.

Attaqué par sa gauche, attaqué par sa droite, il lui fallait près d’un jour et demi pour réunir ses trois premiers corps sur l’une ou l’autre aile, deux jours pour y réunir toute son armée. C’était laisser beaucoup trop de temps aux manœuvres de l’agresseur.

Napoléon l’a dit avec toute raison, dès la fin de mai, le général prussien aurait dû établir son quartier général k Fleurus et concentrer ses forces dans un rayon de six ou

Si

WATERLOO

huit lieues autour de ce point, en éclairant fortement les débouchés de la Sambre et de la Meuse.

Wellington et Blücher avaient pour instructions absolues de respecter la frontière française jusqu’au moment où le signal des hostilités serait donné par les souverains, attendant, nous l’avons dit, l’entrée en ligne de l’armée russe(l). Obéissant à cet ordre, ils ne pouvaient avoir, sur les mouvements des Français, des renseignements autres que ceux que donnaitl’espionnage; renseignements presque toujours incertains, insuffisants. Ils étaient donc continuellement exposés à une surprise. Cette considération seule aurait dû sufiire pour leur faire sentir la nécessité de tenir chacun son armée réunie, et les deux armées à portée de s’appuyer promptement l’une sur l’autre.

Dans une conférence qu’ils avaient eue, vers la fin de mai, ils avaient concerté les mouvements à opérer au cas où Napoléon, prenant l’initiative de la guerre, ferait irruption en Belgique; et, entre autres opérations arretées suivant la ligne d’opérations que prendrait leur adversaire, ils étaient convenus que, son attaque se prononçant sur la droite de l’armée prussienne ou la gauche de l’armée angloliollandaise, la première se concentrerait le plus rapidement possible sur Sombreffe, la seconde sur les Quatre-Bras :

(1) Wagner, dans son esquisse de la campagne de 1815 (Plane eler Schlachlen und Trcfj'en^ etc.), Damilz, dans son livre sur la même campagne (Gcschiclile des Fcldzugs von 1815, etc.), disent que Wellington et Blücher étaient convenus d’entrer en France, à la date fixe du l^r juillet. Cette assertion des deux écrivains prussiens est contredite par trois lettres de Wellington ; les deux premières, du 9 mai et du 2 juin, adressées à Schwartzenberg; la troisième, du 15 juin, à l’empereur de Russie {The dispaklics, etc., t. Xll). Avant de commencer les opérations au Nord, Wellington et Blücher attendaient que les armées russe, autrichienne, etc., se fussent avancées sur le territoire de la France jusqu’à une hauteur telle, que les Anglo-Prussiens pussent s’appuyer sur elles et les appuyer. Or, Russes, Autrichiens, etc., ne devaient commencer les hostilités qu’au l^r juillet.

CIlAI'lTKIi CiiNUUIMlJ^ deux points éloignés l’im de l’autre d’une demi-marelic seulement et reliés par une large cliausséc.

Cette manœuvre excellente, décisive sans doute si les deux armées n’avaient pas été disséminées, était grosse, maintenant, de beaucoup de périls, d’un désastre même. Sombrefl’c et les Quatre-Bras étaient, en clTet, bien proches de la frontière.

Les états-majors des deux armées avaient étudié avec soin CCS deux positions et d’autres qu’il pourrait être avantageux de prendre, suivant les événements.

Wellington, toujours plus disposé à recevoir qu’à livrer bataille, en avait reconnu personnellement une, fortement défensive, sur la route de Bruxelles à Charleroi, en avant de Waterloo, nom ignoré encore.

Telles étaient, le 14 juin 181S, la force et la disposition des armées anglo-hollandaise et prussienne, devant lesquelles venait se masser celle de Napoléon.

Cent vingt-neuf mille hommes et 350 bouches à feu allaient rencontrer deux cent vingt mille hommes et 500 bouches à feu.

Napoléon avait calculé, a-t-il dit, qu’il ne fallait pas estimer les deux partis en présence par le rapport des chiffres de leurs forces numériques; il comptait un Français pour un Anglais, pour deux Prussiens, Belges, Hollandais, soldats de la confédération germanique.

Jlais il faisait trop bon marché de ses ennemis. Son calcul devait se trouver faux.

L’armée de Wellington n’était pas homogène; tous les éléments qui la composaient n’avaient pas la même valeur militaire; rien de moins douteux. Mais peut-être ne différaient-ils pas les uns des .autres, autant que le pensait Napoléon.

Celte armée comptait :

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