CHAPITRE SIXIEME
l’armée étaient : celle de gauche, partie en deçà, partie au delà de Marchienne ; celle du centre, partie en deçà, partie au delà de Charleroi; celle de droite, encore en arrière de Châtelet.
Dans Tordre de mouvement. Napoléon avait dit qu’il voulait avoir passé la Sambre avant midi. Il y avait donc bien du retard déjà.
Les troupes que Tarmée avait rencontrées jusqu’alors appartenaient toutes à la division Pirch 11 , du corps de Zieten.
Nous l’avons dit antérieurement, Zieten étendait le front de ses cantonnements de Fontaine-TÉvcque à Moustier-sur- Sambre; et son point de concentration était Fleurus.
Sa division de droite se reliait aux Anglo-Hollandais vers Binche et couvrait le pays entre ce point et la Sambre. Napoléon ayant ordonné de n’envoyer, sur la rive gauche de la rivière, que des partis de cavalerie qui ne dépasseraient pas la frontière, cette division n’avait pas été attaquée. Mais, dès que Steinmetz, qui la commandait, avait eu connaissance suffisante du mouvement des Français, il l’avait ralliée et mise en marche, la dirigeant, par Gosselies, sur Fleurus.
Pirch H, qui occupait ïhuin, Marchienne, Charleroi, Châtelet, avait aussi ramené toutes ses troupes sur la direction de Fleurus.
La division Jagow, cantonnée autour de cette dernière ville, était massée tout auprès.
La division Henkel s’y rendait.
Ainsi, avant que les colonnes françaises eussent débouché en force au delà de la Sambre, le corps de Zieten, que Napoléon avait cru surprendre, battre et détruire, se repliait en bon ordre sur son point de concentration et devait l’atteindre bientôt, s’il n’y était prévenu. L’y préviendrait-on? La question de ce moment de la journée était là.
WATRRLOO.
A trois heures, les chasseurs et les grenadiers à pied de la garde, qui avaient suivi iininédiatement la jeune garde sur Cliarleroi, étaient réunis à la sortie de cette ville; Vandamme n'avait pas achevé d’en déboucher.
Napoléon expédia à Reille l’ordre de « pousser jusqu’à Gosselies et d'y attaquer un corps ennemi qui paraissait s’y arrêter. »
Ce corps, dont la présence était signalée à l’empereur, était un des régiments d’infanterie de Jagow et un régiment de uhlans envoyés, dès le matin, à Gosselies, par Zieten, pour appuyer la retraite de la division Steinmetz.
Reille s’avança par la traverse de Jumet, qui coupe le bois de Monceau; et sa division de cavalerie tourna ce boisa gauche. Son avant-garde arriva à temps pour recueillir les hussards, du général Clary, qui étaient vivement ramenés par les uhlans.
Mais, pendant sa marche, Steinmetz était parvenu à Gosselies; et il y avait maintenant, sur ce point, une douzaine de mille homme. Reille attendit, pour les attaquer, d’avoir réuni son infanterie. Dès que ses divisions furent formées, il les jeta sur Gosselies et le petit bois de Lombuc, qui est à côté. Les Prussiens n’attendirent pas le choc, et se mirent en retraite vers Fleurus, en tiraillant. Il était cinq heures.
Le maréchal Ney arriva, en ce moment (1) à la tête des colonnes de Reille.
« Faites appeler Ney. S’il désire être à la première bataille, qu’il soit rendu, le 13, à Avesnes, où sera mon quartier général. » Cette lettre laconique avait été adressée, le 11 juin, par Napoléon au ministre de la guerre.
Ney était alors aux environs de Paris. Prévenu par le mi-
(1) Notice historique sur les mouvements du 2^ corps ^pendant la campagne de 1815, pur le liculciiant gênerai comte Reille.