‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 35 sur 198 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

Sur cetto assurance, le général prussien se décidait à recevoir la bataille qu’il aurait pu éviter.

Coïncidence remarquable! Blücher et Wellington convenaient d’une manœuvre qui était la contre-partie de celle que Napoléon avait prescrite à Ney quelques heures plus tôt et qu’il allait lui ordonner de nouveau en lui recommandant de l’opérer le plus rapidement possible avec la masse de ses troupes.

Mais Wellington devait manquer à Blücher, comme Ney à Napoléon. Des deux côtés, le temps perdu ne devait pas se retrouver.

A deux heures, le chef de l’armée française avait pris son parti. 11 fit écrire à Ney par le major général :

« En avant de Fleurus, le 16 juin, à deux heures.

)) L’empereur me charge de vous prévenir que l’ennemi a réuni un corps de troupes (1) entre Sombreffe etBrye, et qu a

toujours Damitz, que Wellington déciderait, d’après les circonstances, si celte armée s’avancerait directement par la chaussée des Quatre-Bras ù Namur, ou si elle pousserait des Quatre-Bras sur Frasnes et au delà, de manière à menacer Napoléon de le prendre en flanc et de revers.

D’après les Mémoires posthumes de Müffling tneinen Lcben^ Berlin 1851), commissaire prussien au quartier-général anglais, qui prit part, avec Gueisenau et Grolman, à l’enlrelien de Blücher et de Wellington, celui-ci dit d'abord qu’il opérerait par Frasnes; mais, sur l’observation de Gneisenaii que celle manœuvre serait longue et incertaine, il promit de venir directement au secours des Prussiens si, toutefois, lui-meme n’était pas attaqué.

L’Anglais Siborne, l’écrivain le plus accrédité, en Angleterre, de la guerre de 1815, adopte, à très-peu près, dans son histoire {History of the war in France and Belgium. London 1848) le récit de Damitz.

(1) Ne pouvant admettre que Napoléon a pu se tromper, voulant, comme les récits de Sainte-Hélène, que Napoléon ail, en ce moment, reconnu, au juste, la force de l’ennemi posté en face de lui, M. Thiers analyse cette dépêche de Soull et écrit, à la place de ces mots : un corps de troupes, ceux-ci : r armée prussienne!

WATERLOO

deux heures et demie M. le maréchal Grouchy, avec les 3® et 4“ corps, l’attaquera.

» L’intention de Sa Majesté est que vous attaquiez aussi ce qui est devant vous, et qu’après l’avoir vigoureusement pressé, vous vous rabattiez sur nous pour concourir à envelopper le corps dont je viens de vous parler. Si ce corps était enfoncé auparavant, alors Sa Majesté ferait manœuvrer dans votre direction pour hâter également vos opérations

» Instruisez de suite l’empereur de vos dispositions et de ce qui se passe sur votre front. »

Cette dépêche , sur laquelle nous aurons à revenir et qui fut adressée à Gosselies, prouve clairement qu’en ce moment, comme nous venons de le dire, Napoléon n’avait pas reconnu encore la force réelle de l’ennemi. 11 ne voyait qu'un corps de troupes là où se trouvaient les trois quarts de l’armée prussienne ; un corps dont Grouchy, avec Vandamme et Gérard, allait avoir ' raison.

Cependant Wellington reprenait la route des Quatre- Bras; Blücher attendait l’attaque, plein de confiance dans la valeur de ses troupes et dans la promesse de son allié; '■ l’armée française, les yeux fixés sur le plateau de Ligny, ) brûlait d’en venir aux mains. |

Tout à coup, du point où se tenait alors Napoléon, près | d’un moulin à vent, à côté de Fleurus, on vit partir, à toute j bride, des officiers d’ordonnance se dirigeant vers les divers corps d’armée; et bientôt toute la ligne française s’ébranla.

Elle exécutait un changement de front sur Fleurus, la droite en avant.

Ce mouvement achevé, le 3® corps se trouva sur une ligne brisée, faisant face aux côtés sud et ouest de Saint-Amand

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