‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 45 sur 198 · CHAPITRE HUlïiÈlME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUlïiÈlME

core du corps de Zieten ; mais, comme le feu de Partillerie et de l’infanterie, elles retardent, sans l’empêclier, la marche des Français.

Dans une de ces extrêmes tentatives pour conjurer la défaite, l’indomptable Blücher a son cheval tue. Il tombe et reste embarrassé sous sa monture. Nos cuirassiers passent sans l’apercevoir. Il n’est sauvé que par le courage du capitaine Nosliz, son aide de camp, et un retour de ses escadrons qui ramènent les cuirassiers (1).

Enfin, les Français sont au moulin de Bussy ; et ils restent maîtres du plateau, après une mêlée où des carrés prussiens sont rompus à la baïonnette, et d’autres enfoncés par les grenadiers et dragons de la garde, par les cuirassiers.

Vers la chute du jour, hâtée par les nuages qui couvrent le ciel et commencent à verser une pluie d’orage, le centre de l’armée prussienne se replie en désordre sur Brye, sur la chaussée de Nivelles, sur Sombreffe. Sa défaite précipite la retraite de l’aile droite et de l’aile gauche, qui a commencé dès que Ligny a été enlevé et le plateau menacé.

En sortant de Ligny, la division Vichery avait fait tête de colonne à droite, soutenue par la division Wathier (corps de Milhaud) et marché sur Sombreffe. Steinmetz et Stülpnagel se portaient alors sur le moulin de Bussy. Vichery avait culbuté le premier et replié le second sur Sombreffe (2), après un combat court mais vif. Au même moment, Hulot avait enlevé Potriaux, le pont sur la chaussée, nettoyé les maisons adjacentes et ouvert la voie à la cavalerie. Elle avait

(1) L'aide de camp Nosliz, voyant tomber son général, resta près de lui; et, quand les escadrons prussiens revinrent, il appela à l'aide. Blücher, tout froissé encore et étourdi de sa chute, fut mis sur le cheval d'un sous-offîcier et emmené ainsi derrière Brye.

(2) « Slülpnagel eut huit cent cinquante hommes hors de combat. » — Damitz.

WATERLOO

débouché aussitôt, la division Maurin (corps de Gérard) en tête, repliant tout devant elle; mais elle avait dû s’arrêter en deçà du Point-du-Jour, où les divisions Borcke, Luck et Kemphen se massaient tout entières. Dans une dernière charge, le brave Maurin avait ôté grièvement blessé.

Vers neuf heures et demie, le corps de Lobau, qui venait de traverser Ligny, passa en première ligne entre Brye et Sombreffe. Pendant quelques instants, on l’entendit tirailler avec des fractions de corps prussiens qui cherchaient à se réunir. La cavalerie eut encore çà et là quelques renconlres partielles. Mais bientôt toute action cessa, Napoléon n’ayant pas voulu risquer une poursuite de nuit; et l’armée française prit ses bivacs.

Vandamme s’établit en avant de Saint-Amand, de la Haye et de Wagnelée; Lobau, sur le plateau de Bussy, ayant Gérard à sa droite, la garde et les cuirassiers de Milhaud en seconde ligne; Grouchy avec la division de Ilulot, à Potriaux et au coude du Ligny.

Aux derniers moments du jour, la division Durutte et presque toute la cavalerie de Jacquinot, détachées du corps de d’Erlon, étaient arrivées à Wagnelée; elles y restèrent.

Les Prussiens gardèrent Brye par une forte arrière-garde; les corps de Zieien et de Pii’ch 1 se retirèrent sur Tilly; celui de Thielmann occupa Sombreffe et fut massé entre ce bourg et le Point-du-Jour.

Ces dispositions étaient le résultat des ordres donnés par le général Gneisenau, chef d’état-major de Earmée prussienne, au moment où l’on avait cru le général en chef tue ou prisonnier. Elles s’exécutèrent avec si peu d’empêchement de la part des Français, que les divisions Steinmetz et Henkel, qui avaient été, en grande partie, refoulées sur Sombreffe, purent rejoindre leur corps en suivant la chaus-

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