‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 51 sur 198 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

Pendant ce temps, Foy avait contre-battu, par son artillerie et celle de Piré, l’artillerie ennemie et avait contraint les bataillons qu’il avait en face de se retirer sur le rideau qui domine, immédiatement au sud, le petit vallon de Gimioncourt.

Bientôt le feu de nos batteries devint si meurtrier, que le prince d’Orange se résolut à marcher sur elles. L’entreprise était hardie, faite surtout avec une poignée de monde, en vue d’une cavalerie ardente. Elle échoua. Le bataillon, en avant duquel marchait le prince agitant au-dessus de sa tête son chapeau à panache, s’avança bravement au pas de charge. Il fut pris en flanc par un régiment de Piré, culbuté et rejeté sur la ferme de Gimioncourt. Le prince, luimême, confondu dans la mêlée, faillit être fait prisonnier; et un de ses aides de camp resta blessé sur le champ de bataille.

Sa ligne fut renforcée alors des deux bataillons mis en réserve aux Quatre-Bras ; et le combat devint fort vif, dans le vallon et aux abords de la ferme de Gimioncourt. Mais Foy, l’épée à la main, conduisant la brigade Gautier, força le passage du ruisseau et enleva la ferme, malgré une vive résistance, repoussant les Hollandais sur la pente du plateau des Quatre-Bras.

Reille avait déjà donné l’ordre à la brigade Jamin, laissée d’abord en réserve, d’attaquer la ferme du grand Pierre- Pont et le bois de Bossu, occupés, nous l’avons dit, par les Nassau du prince de Saxe-Weimar. Ceux-ci avaient bien tenu leur terrain. Ils étaient favorisés par la nature du bois, qui était une haute futaie très-claire avec un sous-bois fourré ; et ils venaient d’être renforcés par le dernier bataillon de la division Perponcher, arrivé de Nivelles.

11 était trois heures.

La division Guilleminot (1) entra en ligne, en prenant l’attaque du bois. Jamin appuya vers la chaussée.

En ce moment, le prince d’Orange avait sa droite à la ferme du grand Pierre-Pont, sa gauche sur le plateau des Quatre-Bras. Ses bataillons, si maltraités quelques instants plus tôt, s’étaient reformés et faisaient maintenant bonne contenance, appuyés à l’artillerie réunie et en action au bord du plateau.

A peu de temps de Ih, cependant, la position du prince d’Orange était devenue très-critique. Guilleminot avait enlevé la ferme du grand Pierre-Pont et pénétré dans le bois de Bossu; Foy et Bachelu allaient monter la pente du plateau ; encore un effort de leur part, et Hollandais et Nassau seraient refoulés sur la chaussée de Nivelles, et auraient grande peine à se soustraire à une défaite complète.

Leur persévérance devait trouver une autre récompense.

Les renforts si longtemps attendus commencèrent à so montrer.

11 était trois heures et demie (2).

(1) La division d'infanterie de Guilleminot était la plus forte des divisions ! (le rarmée. Elle comptait 7,819 hommes, non compris ses artilleurs, etc. |

Jérôme Bonaparte venu de Paris avec Napoléon en avait pris le comman- i dement depuis Pavanl-veille. Mais son commandement était purement no- | minai; et le commandement réel restait entre les mains du lieutenant- [ général Guilleminot, officier très-distingué , qui l’exerçait depuis deux mois.

(2) Wellington, dans son rapport, dit « deux heures et demie; » quelques f écrivains anglais disent « vers trois heures. » Mais, comme il est certain, ces derniers même en conviennent, que les réserves arrêtées à Waterloo reçurent, à midi seulement, l’ordre de reprendre leur mar.chc; et, comme il

y a dix-sept kilomètres de ce point aux Quatre-Bras, il ne nous paraît pas : possible qu’elles soient arrivées aux Quatre-Bras, avant trois heures et | demie, bien qu’elles aient marché très-vite.

D’un autre côté, les rapports hollandais concordent entre eux pour met Ire, à peu près, vers trois heures et demie l’arrivée de la brigade de Van Merlen ; et celte brigade déboucha sur les Quatre-Bras en même temps que les Anglais venant de Waterloo.

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