‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 57 sur 198 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

Sur Brainc-le-Comte, deux brigades de Colville, deux régiments de la brigade d’Estorff (cavalerie hanovrienne) ;

SurEngliien, la division Stedmann et la brigade indienne aux ordres du prince Frédéric des Pays-Bas;

Sur Bruxelles, la division Cole et la réserve d’artillerie.

Il fallait ainsi un jour encore de marche forcée, aux troupes les plus éloignées, pour rejoindre le gros de l’armée aux Quatre-Bras.

Si Wellington l’eût voulu, les forces rassemblées sur ce point auraient été plus considérables, même dès les premiers moments de la bataille qui venait de finir.

La division Chassé, deux des brigades de Collaert étaient à Nivelles et Arquennes de midi à une heure ; de deux à trois heures, elles auraient donc pu être rendues aux Quatre- Bras. Elles reçurent l’ordre de rester à Nivelles et Arquennes.

La brigade Ompteda, de la division Alten, aurait pu arriver sur le champ de bataille en même temps que les deux autres brigades de cette division, c’est-à-dire vers cinq heures et demie. Elle fut arrêtée sur Arquennes.

Il nous semble impossible d’expliquer les ordres qui retinrent toutes ces troupes loin de la lutte, à moins d’admettre que Wellington n’était pas encore pleinement convaincu que l’attaque de Napoléon portait exclusivement sur l’armée prussienne et l’extrême gauche anglo-hollandaise, et qu’il regardait comme probable l’apparition de forces françaises considérables sur Braine-le-Comte et Nivelles.

Au reste, notre récit Ta fait remarquer, il avait hésité, toute la matinée, à engager, tout à fait, sur la route de Charleroi la division Picton, les Brunswickois, le contingent de Nassau. La tête de colonne de ces corps, parvenue à sept heures à Waterloo, y avait été arrêtée jusqu’à midi, parce que, là, elle se trouvait un peu en arrière de la rencontre

WATERLOO

des chaussées de Bruxelles à Nivelles et de Bruxelles à Eharleroi, et que Wellington ne savait pas encore s’il devait porter ces forces sur Nivelles ou sur les Quatre-Bras.

Il s’était décidé à les diriger sur ce dernier point. Mais cette décision ne s’élait pas étendue à toutes les divisions venant de sa droite.

Erreur peu compréhensible, injustifiable, que nous verrons s’atténuer après le 16 juin, mais non se dissiper.

Au moment où Ney prenait ses bivacs, d’Erlon déboucha sur Frasnes.

Le 1®'' corps avait cinq divisions, dont une de cavalerie.

Vers midi, il était parti de Jumet, marchant surFrasnesoù l’appelait l’ordre écrit du maréchal Ney (voir page 178); mais un peu en deçà de ce point, il avait quitté la chaussée do Bruxelles, pour prendre à droite, et, après une grande perte de temps, il s’était trouvé à moins d’une lieue de l’aile gauche de Napoléon, à hauteur de Saint-Amand. D’Erlon, son chef, avait laissé là une de ses divisions d’infanterie sous Durutte, trois régiments de la cavalerie de Jacquinot; et, avec tout le reste de ses troupes, il avait exécuté une contre-marche qui le ramenait maintenant sur Frasnes.

L’ordre donné, le matin, par le maréchal Ney prescrivait qu’une division d’infanterie et une division de cavalerie fussent portées sur Marbais. D’Erlon avait cru, sans doute, s’y conformer en laissant celles de Durutte et de Jacquinot visà-vis et à une lieue de ce village.

Durutte, commandant ce détachement par ancienneté de grade, s’était dirigé, après longues hésitations, paraît-il, vers la chaussée de Namur à Nivelles, en se maintenant à certaine distance de Wagnelée, et se faisant précéder par la cavalerie de Jacquinot. Arrivé à portée de canon de la chaussée, celui-ci avait donné sur des escadrons prussiens qui éclairaient le terrain de ce côté ; et il s’était canonné avec eux.

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