CHAPITRE NEUVIÈME
Mais, DariiUe Payant appuyé avec de Pinfanterie, les Prussiens s’étaient retirés ; et les deux généraux s’étaient rabattus sur Wagnelée, où ils avaient pénétré, nous Pavons dit dans le précédent chapitre,^ vers la cliute du jour, quand Parmée de Blücher battait en retraite (1).
Pendant ces mouvements, le chef d’état-major et l’un des aides de camp de Durutte, le colonel Gordon et le chef d’escadron Gaugler, imitant le crime de Bourmofit, avaient déserté (2).
Durutte, abandonné à lui-même, n’avait pris ainsi aucune part à la bataille de Ligny; et la masse du corps, qui arrivait à Frasnes, avec d’Erlon, n’y avait pas figuré non plus. Vingt mille hommes et quarante-six bouches à feu s’étaient promenés, de midi à neuf heures du soir, entre deux champs de bataille, distants de deux lieues Pun de l’autre,
(1) Ces détails sont empruntés à la note du général Durutte, publiée dans les Documents inédites et peu bienveillante à l’égard de d’Erlon.
Pour le dire en passant, elle prouve l'inexacliiude des récits qui représentent le 1er corps en arrière de Brije, à portée de canon des réserves prussiennes et d’Erlon le ramenant de là sur Frasnes par l’ordre de Ney.
D’Erlon n'est même pas arrivéjusqu’à la hauteur de Wagnelée ; et Duruttb n’a pas atteint la ehaussée de Nivelles; cela ressort, d’ailleurs, de It^ position même des troupes prussiennes dans la soirée.
(2) Ce Gordon était à Gand, le 20 juin, et écrivait, pour Clarke, le ministre de Louis XVIII, une note détaillée sur les forces et l’état moral de l’armée française. Les archives du dépôt de la guerre, à Paris, possédaient cette note, en 1830. Nous y avons copié ces phrases:
« L’esprit des soldats est affreux; ils sont forcenés; et je suis bien persuadé que la première conséquence de leur déroute actuelle (celle de Waterloo) sera une horrible indiscipline et mille excès. Encore en France, ils pillaient déjà et parlaient hautement de brûler les propriétés si l'armée était obligée de se retirer. Cette armée est perdue et doit être perdue pour la France...
« La plupart des officiers généraux sont indécis et n’aiment ni le roi ni Bonaparte. »
A quelques jours de là. Gordon trouva une mort tragique sur les glacis de la place de Condé, qu’il était allé sommer de se rendre.
WATERLOO
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^Bans agir sur aucun. Cependant, engagés directement sur la Haye et Wagnelée, ils auraient assuré la perte de l’armée prussienne; et, portés à temps sur les Quatre-Bras, ils l’auraient assurée encore; car Ney se serait trouvé assez fort pour repousser les Anglo-Hollandais, et faire l’opération demandée par Napoléon dans les deux ord.’’es expédiés de Flcurus.