‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 64 sur 198 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

hloux, s’était arrêté à une lieue au delà, à Sauvenière, et n’était pas mieux renseigné.

Pajol s’était avancé, le matin, on l’a vu, jusqu’au Mazy, sur la chaussée de Namur, où il avait enlevé une batterie et ramassé quelques fuyards. Il s’était rabattu ensuite, à gauche, sur Saint-Denis, y avait fait une très-longue halte, et en était revenu par Bossières s’établir au bivac au Mazy. (F. l'Atlas, pl. î.) Lui, non plus, n’envoyait au maréchal aucune nouvelle précise.

La perplexité de Grouchy dut être grande. Il devait « ne pas perdre de vue les Prussiens; » et il ne les avait point encore aperçus; il devait « les poursuivre, les joindre, compléter leur défaite; » et il ignorait jusqu’à la direction par où leur retraite s’opérait.

A la nuit, il prescrivit à Exelmans de bivaquer à Sauvenière et de pousser six escadrons sur Sart-lez-'Walhain et trois autres à l’est de ce village, sur Perwez.

"Vandamme s’établit entre Gembloux et Sauvenière.

Il reçut l’ordre de se mettre en marche, le lendemain matin, à six heures, pour se porter un peu en avant de Sart-lez-Walhain (1), précédé par Exelmans et suivi, à deux heures de distance, par Gérard (2). Pajol dut partir du Mazy, à la pointe du jour, pour se rendre à Grand-Leez, où il était prévenu qu’il trouverait de nouveaux ordres (3).

A dix heures, Grouchy écrivit à Napoléon une dépêche qui exposait clairement ses incertitudes sur les mouvements de l’armée prussienne.

(1) Lettre de Grouchy à Vandamme, Gembloux, 17 juin (Archives du dépôt de la guerre à Paris).

(2) « .le désire que vous vous meUiez en marche demain, 18 du courant, à huit heures du malin. Vous suivrez le corps du général Vandamme... » (Lettre de Grouchy à Gérard, Gembloux, 17 juin, à dix heures du soir.)

(3) Lettre de Grouchy u Pajol, Gembloux, 17 juin, à dix heures du soir.

WATEIil.OO.

« Sire, disait-il, j’ai l’honneur de vous rendre compte que j’occupe Gembloux et que ma cavalerie est à Sauvenière. L’ennemi, fort d’environ trente mille hommes, continue son mouvement de retraite....

» Il part.t, d’apres tous les rapports, qu’arrivés à Sauvenicre, les Prussiens se sont divisés en deux colonnes : l’une a dû prendre la route de Wavre, en passant par Sart-lez-Walhain; l’autre colonne paraît s’être dirigée sur Perwez.

» On peut peut-être en inférer qu’une portion va rejoindre Wellington et que le centre, gui est l'armée de Dtüclier, se retire sur Liège : une autre colonne avec de l’artillerie ayant fait son mouvement de retraite par Namur, le général Exelmans a ordre de pousser, ce soir, six escadrons sur Sartlez-Walhain et trois escadrons sur Perwez. D’après leur rapport, si la masse des Prussiens se retire sur Wavre, je la suivrai dans cette direction, afin qu’ils ne puissent pas gagner Bruxelles, et de les séparer de Wellington. Si, au contraire, mes renseignements prouvent que la principale force prussienne a marché sur Perwez, je me dirigerai, par cette ville, à la poursuite de l’ennemi (1). »

Ainsi, en ce moment, Grouchy ignorait la direction prise 1 par la masse de l’armée de Blücher. |

Gette armée avait bien utilisé le long répit donné par le j vainqueur. DTamédiatement après sa défaite, elle avait com- f mencé, on l’a vu, à battre en retraite. j

Laissant plusieurs bataillons autour de Brye même, dont | les entrées étaient barricadées, et d’autres bataillons en f intermédiaires, Zieten et Pirch I s’étaient dirigés sur Tilly, j village à cinq quarts de lieue du champ de bataille, et y |

(1) Nous donnons celle lellre d’après la copie faile, en 1830, pour Gérard, i par Gourgaud qui avait l’original entre les mains. (Voir Dernières obscr* vationSf etc., par le général Gérard.) I

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