CHAPITRE OiXZIÈME
avaient bivaqué, s’étendant jusqu’à Gentinnes et Mellery, où Dlüclicr avait porté son quartier général. Tliielmann avait son corps réuni entre Sombreife et le Point-du-Jour.
Mais, comme la nuit allait finir, Zieten, Pircli I, Thielinann s’étaient ébranlés pour prolonger leur retraite. Blücher appelait toute son armée sur Wavre.
Zieten avait pris par Villeroux et Mont-Saint-Guibert, cheminant sur de mauvaises traverses ; avait atteint Wavre vers dix heures du matin et y avait passé la Dyle pour aller prendre position un peu en amont de cette ville, à Bierges.
Pirch I, ayant suivi la même direction, s’était établi tout près et en deçà de Wavre, entre Sainte-Anne et Aisemont. il avait posté une division d’infanterie aux défilés de Mont- Saint-Guibert et, sur Gentinnes, une brigade de cavalerie.
Ces deux généraux n’avaient pas eu un coup de fusil à tirer, bien que leur extrême arrière-garde n’eût évacué Brye qu’au jour.
Les parcs de réserve d’artillerie, tenus entre Sombreife et Gembloux, pendant la bataille de la veille, étaient parvenus à Wavre, vers cinq heures du soir, et on s’était occupé surle-champ de remplacer, dans les gibernes et les caissons, les munitions brûlées en si grande quantité.
Thielmann avait mis beaucoup de lenteur dans son mouvement. Quoiqu’il l’eût commencé avant le jour, commm Zieten et Pirch I, son arrière-garde s’était trouvée encore à Sombreffe bien après le lever du soleil; et il n’avait dépassé Gembloux qu’après sept heures.
Un peu plus loin, il avait suspendu sa marche et ne l’avait reprise qu’à deux heures après midi, ayant montré une confiance aussi extrême qu’imprudente dans l’inactivité des Français. Surpris par la pluie et les boues, il n’avait atteint Wavre que fort tard, et était allé bivaquer au delà et auprès, au château de la Bawelte, si tard, que sa division
WATERLOO
d’arrière-garde et une brigade de cavalerie avaient dû rester sur la rive droite de la Dyle.
Pendant sa halte près de Gembloux, il avait été rallié par un bataillon et deux escadrons venus du côté de Dinant.
Bülow, on l’a vu, n’avait pas pris part à la bataille do Ligny. Il en avait connu le résultat, au moment où la tète de sa colonne, venant de Hannut par la voie romaine, arrivait à hauteur de la Basse-Baudeset, en deçà de Sauvenière. Il y avait passé la nuit et reçu, le lendemain matin, l’ordre de se replier sur Wavre. A quelques heures de là, il était arrivé et avait pris position près de cette ville, sur les hauteurs de Dion-le-Mont, ayant laissé une division à Vieux-Sart et fait relever, par un détachement aux ordres du colonel Ledebur, les troupes laissées par Pirch I, sur Mont-Saint-Guibert et Gentinnes.
Ainsi, toute l’armée prussienne se trouvait concentrée sur Wavre. Elle comptait, au moins, encore 90,000 hommes et 275 ou 280 bouches à feu. Depuis vingt-quatre heures, elle n’avait pas eu à tirer un seul coup de canon et n’avait perdu que quelques pièces, quelques voitures d’artillerie et d’équipages fourvoyées sur la route de Namur dans le trouble de la nuit précédente. Et cette perte même était heureuse ; car elle avait donné le change au vainqueur indolent sur la direction prise par le vaincu.
Jamais, peut-être, armée battue n’avait trouvé, le lendemain de sa défaite, pareilles facilités pour se retirer, reprendre haleine et se préparer à de nouveaux combats.
Napoléon avait laissé aux Prussiens la première moitié du jour; Grouchy, trop tardivement chargé de les poursuivre, ne leur en avait pas disputé la seconde.
Après les batailles de Ligny et des Quatre-Bras, le but de Wellington et de Blücher restait le même : réunir leurs armées le plus promptement possible pour combattre Napo-