CHAPITRE ONZIÈME
11 ne prit pas position « à six heures, » et ses soldats ne faisaient pas « la soupe » à ce moment ; car « ils n’arrivèrent sur Gembloux qu’à neuf heures et à dix, ayant marché aussi vile qu’il était humainement possible par une pluie torrentielle et d’épouvantables chemins (1); « plus vite, il est bon de le remarquer, que l’infanterie qui se porta, avec Napoléon, des Quatre-Bras vers Plancenoit ; plus vite encore, toute proportion gardée, que le corps de Thielmann dans son mouvement sur Wavre.
Enfin, « l’ennemi ne se trouva pas avoir gagné trois heures sur Grouchy; » car ce fut Grouchy qui gagna sur lui la distance de Ligny à Gembloux.
Telle est la véracité des Mémoires dictés par Napoléon ; et, pourtant, ils ont été la base de presque toutes les relations de la campagne de 1815, écrites en France.
Nous sommes entré, encore une fois, dans des détails bien minutieux de temps, d’ordres, de mouvements; mais ils étaient indispensables pour rétablir la vérité sur la journée du 17 Juin; journée dont les fautes inconcevables de-* valent exercer une influence capitale sur la bataille qui, le lendemain, décida du destin de la guerre, de Napoléon et de la France (2).
(Il Quelques documents, etc., par le général Gérard.
(2) M. Tliicrs a porté un jugement opposé au nôtre sur la conduite de Napoléon, le 17 juin. On trouvera, à la note N, la réfutation de ses erreurs.
18 JUIN. — Wateuloo. — Napoléon apprend que rarmée anglo-hollandaise ira fait aucun mouvement. — Au point du jour, il s’assure, par lui-môme, que cette nouvelle est vraie. — Sa confiance dans le résultat de la bataille qu’il veut livrer. — Confiance non moins grande de Wellington. — Description du terrain qu’il occupe. — A six heures, il commence à prendre son ordre de bataille. — Scs forces. — Napoléon reconnaît la position de l’armée ennemie. — A neuf heures seulement, les Français commencent à prendre leur ordre de bataille. — Instructions adressées à Grouchy. — Instructions pour la bataille. — Plan de Napoléon. — A onze heures et demie, il engage la bataille par l’attaque de Goumont, qui est confiée à Reille. — Premières péripéties de cette attaque. — Napoléon apprend l’arrivée du corps de Cülow à Chapcllc-Saint-Lambert. — Dispositions prises par suite de cette nouvelle. — Nouvelles instructions adressées à Grouchy. — D’Erlon attaque l’aile gauche des Anglo-Hollandais. — 11 est repoussé avec grandes pertes.
— Attaque infructueuse de la llaie-Saintc. — Continuation de la lutte sur Goumont. — État de la bataille à trois heures. — Dispositions prises par i Wellington. — Napoléon renonce à forcer l'aile gauche ennemie et se décide
à porter l’effort principal contre le centre. — Prise de la Haie-Sainte. — j Charges de Milhaud et de Lefebvre Desnoettes contre le centre anglo-hol- ■ landais, à quatre heures. — Elles échouent. — Entrée en ligne du corps de 'i Bülow, à quatre heures et demie. — Sa position ù cinq heures. — Ney rc- | nouvelle l’attaque du centre anglo-hollandais avec Milhaud et Lefebvre Desnoettes. — Dispositions prises par Wellington en prévision de cette nouvelle attaque. — Situation de son armée. — Ney est appuyé par Kellermann et Guyot. — Son attaque échoue encore. — Ses pertes. — Celles du centre anglo-hollandais. — État de la bataille à notre gauche et à notre droite. — Continuation du combat conti’e Bülow. — Attaque de six bataillons de vieille garde contre le centre anglo hollandais. — Elle est repoussée.
— A sept heures et demie, irruption de l’avant-garde de Zieten sur le champ de bataille pi’ès de Papclotte. — Commencement de désordre dans l’armée fi’ançaise. — Mouvement général en avant des Anglo-Hollandais. — Le