CHAPITRE DOUZIEME
va couler sous Ohain et verser ensuite ses eaux dans le ruisseau de Lasne, affluent de la Dyle.
Le château de Fricliemont, k trois cents mètres au sud de Smohain, est bâti au sommet de la pente qui borde le vallon de ce côté.
Tel était le terrain sur lequel Wellington s’était résolu à recevoir le choc de Napoléon.
Il se présente, nous l’avons dit, comme une vaste croupe soutenue au sud par une pente d’inclinaison généralement douce et facile à battre de feux plongeants. Goumont, la Haie-Sainte, Papelotte, la Haie, Smohain, Frichemont paraissent comme autant de postes qui en défendent l’accès.
Un chemin de traverse allant d'Ohain à Braine-l’AlIeud suit à peu près la crête sud de la croupe jusqu a hauteur de Goumont. Il coupe la chaussée de Bruxelles à deux cents mètres par le nord de la Haie-Sainte. En deçà de ce point de rencontre, il se maintient au niveau du sol ; des haies vives et fortes, mais discontinues, le bordent à droite et à gauche (l).
Au delà du même point, cette bordure disparaît ; et il s’enfonce dans une tranchée profonde de deux mètres en moyenne, et longue de six cents (2), au sortir de laquelle il se retrouve au niveau du sol.
Ce chemin marqua presque exactement le front de l’armée anglo-hollandaise.
(1) Ou le bordaient, car il ne reste plus rien de ces haies. Le lecteur voudra bien nous permettre quelques-unes de ces façons de parler qui racontent un événement déjà éloigné comme si les faits dataient de la veille. Notre récit en sera plus précisément exact.
(2) Le chemin n’est plus encaissé, maintenant, que du côlé du nord. L’escarpement sud a disparu entièrement. On a pris là les terres nécessaires à la construction d’un monticule qui porte à son sommet un lion posé sur un socle où se lit celle inscription laconique ; \Sjuin 1815.
WATERLOO
La gauche s’étendit, par Tune de ses extrémités, jusqu a hauteur de la Haie, par l’autre, jusqu’à la chaussée de Bruxelles, qui était fortement barricadée.
Elle se composait, tant en première qu’en seconde ligne, des divisions dePicton, de Perponcher et de l’une des brigades de celle de Cole. Des bataillons de Perponcher occupaient Papelotte, la Haie, Smohain, Frichemont et les chemins qui mènent de ces points au plateau. Deux brigades de cavalerie anglaise étaient en flanqueurs, jetant des partis jusque vers Ohain.
Le centre couvrit l’espace entre les chaussées de Bruxelles et de Nivelles. Il était formé des divisions Alten, Cooke (gardes anglaises) et de la brigade Kruze (contingent de Nassau). Des troupes de cette partie de la ligne et un bataillon détaché de la division Perponcher étaient établis à la Haie-Sainte et à Goumont.
La droite comprenait les divisions de Clinton, de Chassé et la brigade Mitchell, détachée de la division Colville. Cette brigade prit position sur l’alignement du centre, et appuya sa gauche à la chaussée de Nivelles, qu’obstruait un abatis. La division Clinton se plaça en colonne, en arrière de Mitchell, le long et au-dessus du vallon de Merbe-Braine; et se relia, par des troupes légères, à Chassé. Ce général était posté à quinze cents mètres de là, sur Braine-l’Alleud, gros bourg situé dans un large vallon qui s’allonge du sud au nord comme le vallon de Merbe-Braine.
Trois brigades de cavalerie anglaise étaient derrière l’extrémité droite du centre.
La réserve comprenait le corps de Brunswick, entre Merbe-Braine et la chaussée de Nivelles; la brigade Lambert (division Cole), à la ferme de Mont-Saint-Jean ; et, partie à hauteur, partie en avant de cette ferme, six batteries d’^rtlllerie à cheval anglaises, la division Collaert (cavalerie