CHAPITRE DOUZIÈME
y avaient été élevés. Il revint promptement rendre compte qu’il n’avait aperçu aucune trace de fortification.
Napoléon réfléchit un instant, et dicta l’ordre de bataille que des aides de camp portèrent immédiatement aux divers corps d’armée.
L’armée se mit en marche sur onze colonnes.
Ces onze colonnes étaient destinées à former, quatre, la première ligne; quatre, la seconde; trois, la troisième.
Les quatre colonnes de la première ligne étaient: celle de gauche, formée par la cavalerie du 2® corps (Reille); la deuxième, par les trois divisions d’infanterie de ce corps ; la troisième, par les quatre divisions d’infanterie du 1" corps (d’Erlon); la quatrième, par la cavalerie du même corps.
Les quatre colonnes de la seconde ligne étaient : celle de gauche, formée par les cuirassiers de Kellermann; la deuxième, par les deux divisions d’infanterie du 6® corps (Lobau); la troisième, par les deux divisions de cavalerie légère Domon et Subervie, détachées, depuis la veille, des corps de Vandamme et de Pajol; la quatrième, par les cuirassiers de Milhaud.
Les trois colonnes de la troisième ligne étaient : celle de gauche, formée par la division de grenadiers à cheval et dragons de la garde, sous Guyot ; la seconde, par les trois divisions d’infanterie de la vieille et jeune garde, sous Friant, Morand et Duhesme; la troisième, par les chasseurs à cheval et lanciers de la garde, sous Lefebvre Desnoëttes.
L’artillerie marchait sur le flanc des colonnes; les parcs et les ambulances étaient à la queue.
A neuf heures, les tètes des quatre colonnes formant la première ligne arrivèrent où elles devaient se déployer. En même temps, on aperçut, plus ou moins loin, les sept autres colonnes qui débouchaient des hauteurs ; elles étaient en marche; les trompettes et les tambours sonnaient et bat-
WATERLOO
talent aux champs; la musique faisait retentir les airs qui retraçaient aux soldats le souvenir de cent victoires. « La terre, dit Napoléon, paraissait orgueilleuse de porter tant de braves. Ce spectacle était magnifique; et l’ennemi, ([ui était placé de manière à apercevoir jusqu’au dernier homme, dut en être frappé. »
Les onze colonnes se déployèrent avec tant de précision, qiTil n’y eut aucune confusion. Jamais de si grandes masses ne se remuèrent avec plus de facilité.
La cavalerie du corps de Reille, qui formait la colonne de gauche de la première ligne, se déploya sur trois lignes en travers de la chaussée de Nivelles, à peu près à la hauteur de la limite inférieure du bois qui couvre le château dcGoumont au sud, et éclaira, par la gauche, tout le terrain, ayant des grand’gardes sur Braine-l’Alleud ;sa batterie d’artillerie légère .sur la chaussée de Nivelles.
L’infanterie du même corps, qui formait la seconde colonne, occupa l’espace compris entre la chaussée de Nivelles et celle de Bruxelles; c’était une étendue de dix-huit J cents à deux mille mètres ; la division Guilleminot (1) tenant * la gauche près de la chaussée de Nivelles et en face du bois do Goumont, Foy le centre, Bachelu la droite, qui arrivait à la chaussée de Bruxelles, près de la ferme de la Belle-Alliance. ;
Chaque division d’infanterie était sur deux lignes, la se- \ conde à soixante mètres de la première, ayant son artillerie j sur son front et ses parcs en arrière, près de la chaussée de ^ Nivelles.
L’infanterie de d’Erlon, formant la troisième colonne, ap- ' puya sa gauche à la Belle-Alliance et sa droite vis-à-vis de la ferme de la Haie. Chaque division était sur deux lignes, l’artillerie dans les intervalles des brigades.
(1) Jérôme Bonaparte marcha avec cette division, comme les trois jours précédents.