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CHAPITRE DOUZIÈME

La cavalerie ded’Eiion, formant la quatrième colonne, se déploya à droite, sur trois lignes, observant la Haie, Fricliemont, et jetant des postes dans la direction d’Obain. Son artillerie était sur sa droite.

La première ligne était à peine formée, que les têtes des quatre colonnes de la deuxième ligne arrivèrent aux points où elles devaient se déployer.

Les cuirassiers de Kellermann s’établirent sur deux lignes à soixante mètres Tune de l’autre, à deux cents mètres en arrière delà deuxième ligne du corps de Reille, et à distance égale des deux chaussées. Ils avaient une batterie sur chaque aile.

Le corps de Lobau se porta à deux cenis mètres derrière la deuxième ligne de Reille, et resta en colonnes serrées par division, occupant deux cents mètres de profondeur, le long et sur la gauche de la chaussée de Bruxelles, avec une -distance de cinquante mètres entre les deux colonnes de division, son artillerie sur son flanc gauche.

La division Domon, suivie par celle de Subervie, se plaça en colonne serrée par escadron, à droite de la chaussée de Bruxelles, à hauteur de Lobau, dont elle n’était séparée que par cette chaussée; l’artillerie sur son flanc droit.

Les cuirassiers de Milhaud se déployèrent sur deux lignes, à soixante mètres l’une de l’autre, et à deux cents mètres derrière la seconde ligne de d’Erlon, la gauche vers la chaussée de Bruxelles, la droite vers Frichemont. lis occupaient un front d’environ mille mètres ; l’une de leurs batteries sur la gauche, l’autre sur leur centre.

Avant que la deuxième ligne fût formée par ces quatre colonnes de Kellermann, de Lobau, de Subervie et Domon, de Milhaud, les têtes des trois colonnes do la troisième ligne ou réserve arrivèrent à leurs points de déploiement.

Les grenadiers et les dragons à cheval de la garde se pla-

WATERLOO

cèrent en bataille sur deux lignes à soixante mètres de distance l’une de l’autre, à deux cents mètres en arrière deKellermann; leur artillerie au centre.

L’infanterie de la garde s’établit sur six lignes, formées chacune d’une brigade en colonnes par bataillon, à vingt mètres l’une de l’autre, à côté de la route de Bruxelles et un peu en avant de la ferme de Rossomme ; l’artillerie des divisions sur la gauche et la droite, celle de réserve derrière ' les lignes.

Les lanciers et les chasseurs de la garde se déployèrent sur deux lignes, à soixante mètres de distance l’une de l’autre, à deux cents mètres en arrière de Milhaud.

A dix heures et demie, ce grand mouvement était terminé; toutes les troupes étaient à leur position ; le plus profond silence régnait sur le champ de bataille.

Les chaussées de Bruxelles et de Nivelles étaient libres; c’étaient les moyens de communication pour que l’artillerie de réserve pût parvenir rapidement sur les divers points (1). Une partie du grand parc arrivait aux Quatre-Bras. ‘

L’armée ainsi disposée pour la bataille comptait, toutes armes comprises, soixante et douze mille hommes, dont quinze mille de cavalerie, et deux cent quarante bouches à ; feu (2). ,

Égale à très-peu près en nombre aux Anglo-Hollandais, elle leur était un peu supérieure en cavalerie, et beaucoup I en artillerie. Mais elle avait un désavantage; et ce désavan- ) tage était grand : elle allait attaquer un ennemi séparé j d’elle par un terrain gras, horriblement détrempé par les

(1) Tous CCS détails sur la formation de Tarmée française sont empruntes, presque lexluellemenl, aux Mémoires de Napoléon (t. IX).

(2) L’effectif était, la veille, au départ des Quatre-Bras, de 72,447 hommes. On avait perdu environ deux cents hommes dans la poursuite de la cavalerie anglaise; il restait donc 72,247 hommes, le 18 au malin. (Voir p. 238.)

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