‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 79 sur 198 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

par terre, en un instant, canonniers, soldats du train et chevaux.

Les artilleurs des batteries restées en position assistaient ainsi à cette destruction, au carnage de notre infanterie, impatients de la mêlée, qui les empêchait de tirer sur les audacieux dragons et la masse des fantassins anglais accourus jusque sur la pente du plateau.

Peu s’en fallut qu’ils n’eussent, à leur tour, beaucoup à souffrir de la tempête.

Emportés par le succès, les dragons franchissent le vallon, et dans leur élan, arriventjusqu’à la gauche de la grande batterie. Mais, tout aussitôt, une brigade de cuirassiers, un régiment de lanciers tombent sur eux de front, de flanc, et mettent un terme à leur course. Saisis dans leur éparpillement, les uns sont impitoyablement renversés par le long sabre et la lance de nos cavaliers ; les autres tournent bride et vont chercher un abri sur le plateau (1). Ils l’y trouvent derrière l’infanterie qui s’est reformée sur la crête et la brigade de ’t^ivian, qui vient de s’y porter aussi. A l’aspect de ces forces, la poursuite s’arrête ;le ralliement sonne pour les nôtres. Il se fait dans le vallon, sous la protection de la grande batterie, qui a repris son feu.

Ponsonby y est resté inanimé, le corps troué de sept coups de lance. De ses douze cents dragons, six cents à peine se sont échappés ; les autres ont péri ou ont été faits prisonniers. Deux des trois commandants de régiment, les lieutenants-colonels Hamilton et Muter, ont été, celui-ci blessé grièvement, celui-là tué.

(1) M. Thiers fait reprendre, en ce moment, par un sous-offîcier de lanciers le drapeau du 45^ de ligne. C’est une erreur. En dépit des détails fort circonstanciés qu’il donne à ce propos, le drapeau du 45^ resta aux mains des Anglais , et, on le voit, comme celui du 105^, à l’iiôtel des invalides de Chelsea.

WATERLOO

C’est la brigade Travers, composée des 7« et 12® cuirassiers, c’est le 4® lanciers, colonel Bro, qui ont fait payer ainsi aux Anglais leur témérité. Travers a marché par ordre de Napoléon, qui a vu trop tard arriver l’orage. Bro a été' lancé par son chef de division, le général Jacquinot ; il est grièvement blessé.

La quatrième colonne, celle de Durutte, avait eu moins mauvaise fortune que les trois autres.

Composée d’abord de huit bataillons, elle n’en comptait plus que six en franchissant le vallon, Durutte ayant pris sur lui d’en laisser deux à la garde de la droite de la grande batterie.

En avançant, elle avait masqué les fermes de Papelotte et de la Haie par quelques compagnies. Elle avait atteint, en bon ordre, la crête du plateau, traversé les haies très-discontinues sur cette partie de la ligne ennemie ; les Hanovriens- de Best et de Vincke avaient déjà beaucoup reculé devant elle, au moment où les dragons légers de Vandeleur, sortant d’un pli de terrain, l’avaient chargée inopinément. Pliant d’abord sous le choc, elle s’était confusément pelotonnée; mais la confusion n’avait pas duré; et les dragons, fusillés à bout portant, s’étaient repliés promptement pour aller se rallier loin du feu.

Ce ralliement fait, Vandeleur, qui venait d’apprendre la déroute de nos autres colonnes, s’était porté dans le vallon pour appuyer Ponsonby.

Durutte, profitant de ce mouvement et voyant qu’il n’y avait plus de colonne française à sa gauche, s’était mis en retraite, maintenant en respect les Hanovriens, et avait regagné sa première position. Sa perte était de six cents hommes hors de combat.

Comme sa division repassait le vallon, Vandeleur y était aux prises avec le 3® lanciers et le 3® chasseurs (division Jac-

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