‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 90 sur 198 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

quer, les brigatles Vivian et Vandeleur, leur donnant l’ordre de rallier le centre de l’armée, dès l’approche des escadrons de Zieten. Elles avaient exécuté ce mouvement sans perte de temps; et le général anglais venait de les diriger, la première à droite de la Haie-Sainte, la seconde à gauche de Goumont. Elles comptaient deux mille cinq cents chevaux bien reposés.

Le mouvement rapide de la cavalerie de Vivian achève de aésorganiser les divisions Quiot et Donzelot; leurs fuyards se jettent à travers les carrés de la garde et refluent au loin en arrière de la Belle-Alliance. Des batteries sont abandonnées. Napoléon tente d’arrêter les escadrons anglais en lançant contre eux ses escadrons de service. Trop faibles, ces derniers sont culbutés. Le brave Guyot, qui les a conduits, tombe grièvement blessé. Quelques poignées de dragons, chasseurs, lanciers, cuirassiers, restes de la cavalerie de réserve, reprennent la charge et sont tout aussi malheureux. Les carrés de la garde ne se laissent pas ébranler : ils repoussent Vivian par la puissance de leur feu. Celui-ci les tourne, alors, et galope plus loin pour sabrer les fuyards. Mais son infructueuse tentative va être reprise : des masses de cavalerie, d’infanterie, d’artillerie anglo-hollandaises arrivent sur les carrés. Déjà les brigades Adam et Lambert se fusillent avec eux.

Assailli, sur sa droite, par Vandeleur, pressé, sur le reste de sa ligne, par l’infanterie, Reille abandonne complètement le bois de Goumont. Deux ou trois de ses bataillons ne résistent pas au choc de la cavalerie et se débandent; mais les autres, quoique bien réduits, continuent à se maintenir en ordre; et ils atteignent, en combattant, le rideau des hauteurs de la Belle-Alliance.

A droite de la chaussée de Bruxelles, les circonstances sont devenues plus désastreuses encore.

WATERLOO

Ney s’y est porté. Monté sur un cheval (fernprunt, tôle nue, un tronçon d’épée à la main, il aperçoit quelques centaines de fantassins, débris de deux régiments ralliés, dans un pli de terrain, par Durutle. Il les rejoint. « Venez, suivez-moi, mes camarades! leur crie-t-il; je vais vous montrer comment meurt un maréchal de France, sur le champ de bataille (1). — Vive le maréchal Ney ! » répondent ces braves tout d’une voix; et ils le suivent. Mais, au moment où ils paraissent hors du pli de terrain, ils se trouvent en face des brigades de Kempt, de Pack, de Bylandt, de Best; ils reçoivent un feu terrible, auquel se mêle la mitraille de plusieurs pièces; la cavalerie prussienne se précipite sur eux, les renverse, les sabre; quelques-uns seulement échappent au carnage et trouvent un asile dans un carré de la garde, qui s’ouvre pour les recevoir. Ney est tombé sous son cheval tué; mais il n’est atteint d’aucune blessure. La mort ne doit pas le prendre là.

Du corps de d’Erlon, il ne reste plus, maintenant, un seul bataillon, une seule compagnie en ordre; l’artillerie tout entière est aux mains de l’ennemi.

Sur Plancenoit, la position est presque désespérée. Deux divisions du corps de Pirch I sont venues y renforcer Bûlow, à sept heures et demie; et, depuis lors, Lobau, Duliesme, Morand sont en butte aux attaques les plus violentes, l continuellement répétées. ■

Déjà tournées par le mouvement de Zieten, débordées par j la cavalerie du prince Guillaume, de Pirch I, que ne contiennent pas suffisamment les escadrons, trop diminués, de Domon et de Subervie, les deux faibles divisions de Lobau i

(1) Ce furent les propres paroles du maréclial. Nous les rapportons d’apres line note écrite par un otfieier supérieur. Nous y lisons : « Ces paroles, je les ai très-dislinclement entendues; elles ne sortiront jamais de ma mémoire. »

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