‹ Histoire de la campagne de 1815Chapitre 96 sur 198 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

Brunswickois, 687; le contingent de Nassau (brigade Kruze), 643. C’était une perte totale de 15,094 hommes (1), du quart à peu près des- troupes engagées. Sept cents officiers, parmi lesquels douze généraux, étaient hors de combat.

La perte des Prussiens s’élevait à 6,990 tués et blessés (2), presque tous du corps de Bülow.

Témoignage terrible de la valeur française : les armées de Wellington et de Blücher étaient diminuées de vingtdeux mille hommes.

Notre armée avait encore plus souffert. On a diversement évalué ses pertes, les circonstances qui suivirent la défaite ayant empêché de les constater exactement. Napoléon, qui en a donné l’évaluation la plus modérée, les estime à 23,600 hommes, dont 7,000 prisonniers. Mais une pièce officielle existant aux archives du dépôt de la guerre, à Paris, donne raison d’admettre que cette estimation est trop faible de huit ou neuf mille hommes (3).

(1) Rapport (le Wellington. — Situations oflî(;ie!les hollandaises (Archives (liî minislcre de la guerre, à la Haye). — Gcschichtc des hcrzogHch Braunschwcigschen Armée-Corps, etc. — History of t/ie king's german légion, hy Reamisli.

(-2) Wagner, Damitz. On peut regarder ce chiiïre comme un maximum; car les écrivains prussiens sont plus disposés à exagérer qu'à diminuer les pertes de l'armée prussienne, dans la journée du 18 juin, préoccupés, comme ils le sont, de lui faire la part la plus grande possible dans la victoire.

(5) Cette pièce est une situation délaillée, par division, de l’armée réunie sous Paris. Elle est datée du 1er juillet {voir noie R) et porte à 37,000 hommes, olTiciers compris, reffectif des divers corps revenus de Waterloo. En retranchant de ce nombre la division Girard, forte alors de 2,000 hommes, il se réduit à 33,000. On pourrait donc en conclure que l’armée qui combattit à Waterloo, comptant 72,000 hommes, en perdit 57,000. Mais la conséquence ne serait peut-être pas exacte, parce que, d’une part, un certain nombre d hommes déserta, après avoir repassé notre frontière, et que, de l’autre, plusieurs corps, notamment la cavalerie de la garde, reçurent

WATERLOO

Nos officiers généraux avaient payé un cruel tribut au destin de la guerre : Michel, Duhesme, Desvaux (coinmandant rartillerie de la garde), Bauduin étaient tués; Friant, Barrois, Foy, Durulte, Guyot, Durrieu, Lhérilier, Delort, Colbert, Malet, Travers, Dnop, Blancard, Lallemand, Farine, Guiton, Gambronne étaient blessés; ce dernier et Lobau étaient prisonniers.

Aux pertes subies parle personnel de l’armée, se joignait celle de presque tout notre matériel. Le 18 au matin, nous avions 248 bouches à feu (y compris la batterie de la division Girard); le lendemain, il n’en restait pas 50. Legrand parc, l’équipage de pont étaient tombés, à peu prés entièrement, aux mains de l’ennemi.

Rien ne manquait au désastre. Pour surcroît de malheur, Napoléon n’avait préparé aucune réserve qui pût recueillir l’armée fuyant en déroute vers la France, former un appui sur lequel elle vînt se rallier, se réorganiser; et Wellington et Blücher devaient se précipiter sur ses pas; et, prévenus déjà de l’ouverture des hostilités, avertis bientôt de la victoire remportée en Belgique, les armées russe, autrichienne, les contingents de la conlédération germanique allaient se hâter d’accourir, sur les routes de Paris, pour renforcer Anglais et Prussiens, pour accabler la France sous le poids de tant de masses.

quelques renforts la veille du le»* juillet. Cependant, la probabilité est, comme nous Pavons dit, que nos pertes en tués, blessés, prisonniers, s’élevèrent à 51,000 ou 52,000 hommes.

FIN Dü TOME PREMIER.

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