CHAPITRE DEUXIEME
compagnies; deux régiments formés des débris de la vieille garde, sous le nom de corps royaux de grenadiers et de chasseurs de France, tous les deux de quatre bataillons (1), chaque bataillon de six compagnies.
Ces 107 régiments avaient, en outre, à la suite, un cadre d'officiers pour un bataillon.
La cavalerie se composait de 61 régiments : douze de cuirassiers, deux de carabiniers, quinze de dragons, six de lanciers, quinze de chasseurs, sept de hussards (2), quatre provenant de l'amalgame des troupes à cheval de la vieille garde et dénommés corps royaux de grenadiers à cheval, dragons, chevau-légers-lanciers et chasseurs de France.
Tous ces régiments avaient quatre escadrons, et le cadre d'un cinquième, mais en officiers seulement.
Les régiments d'artillerie à pied étaient de vingt et une compagnies; les régiments à cheva de six; le bataillon de pontonniers de huit ; les régiments du génie de douze.
L'effectif du pied de paix était fixé, officiers et corps royaux compris, à 211,812 hommes, dont 149,795 d'infanterie (3), 38,611 de cavalerie devant avoir 32,164 chevaux, et 15,993 d'artillerie.
A cet effectif général venaient s'ajouter dix mille vétérans répartis en 120 compagnies, et quatorze mille gendarmes à pied et à cheval employés à la police de Paris et des départements.
La force de l'armée était restée, d'abord, assez inférieure au chiffre assigné pour le pied de paix. Mais, au mois de novembre, sous le coup des graves dissentiments qui se produisaient au congrès de Vienne, une ordonnance royale avait rap-
ganisalion et les répartit dans quatre régiments. Ils étaient destinés au service colonial.
(1) Ils ne devaient, d'abord, avoir que trois bataillons, mais le quatrième fut ajouté dès la formation des régiments.
(2) L'ordonnance primitive n'organisait que six régiments de hussards, mais il en fut créé un septième plus tard.
(3) Non compris les six bataillons coloniaux.
pelé sous les drapeaux environ soixante mille hommes; et, le 1er janvier suivant, un état dressé au ministère de la guerre le constate, l'infanterie (1) avait cent dix-huit mille hommes prêts à partir, la cavalerie vingt-trois mille. En ajoutant à ce nombre de fantassins et de cavaliers celui des troupes d'artillerie, du génie, etc., qu'il comporte, on voit qu'à cette époque le gouvernement de la Restauration disposait d'une armée de cent cinquante- cinq mille hommes environ, officiers compris, prêts à entrer en campagne, en laissant en arrière, aux dépôts, quarante ou cinquante mille hommes, sans compter les vétérans et la gendarmerie.
Cette armée, d'après des témoignages certains, était bien équipée, habillée, soldée.
Le 9 mars, le gouvernement royal avait ordonné un nouveau rappel des anciens soldats. Il s'agissait alors, pour lui, de se défendre contre Napoléon. Les événements s'étaient trop rapidement précipités pour permettre la complète exécution de cette mesure. Elle avait augmenté, cependant, l'effectif de l'armée d'une vingtaine de mille hommes, au moment où s'était opéré le changement de gouvernement. On en trouve la preuve dans un aulreétat dresséau ministère delà guerre etdaté du 1er avril.
D'après cet état,, l'armée comptait, à ce jour, deux cent vingttrois mille neuf cent soixante-douze hommes de toutes armes présents sous les darpeaux, officiers compris (2) ; et il y avait, en outre, près de huit mille hommes aux hôpitaux, dix-neuf mille trois cents en congé limité, treize mille six cent quarante-six en congé illimité.
Cela ne pouvait donner encore, comme précédemment , que cent cinquante-cinq mille hommes prêts à entrer en campagne.
(1) Non compris quatre régiments suisses, d'organisation toute récente, et les bataillons coloniaux. {Archives du dépôt de In guerre, à Paris.)
(2) Dans ce chiffre sont comptés 700 hommes restes à l'île d'Elbe, et 1,000 environ qui en étaient revenus avec Napoléon.