‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 113 sur 261 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

Pirch I, ayant suivi la même direction, s'était établi tout près et en deçà de Wavre, entre Sainte-Anne et Aisemont. Il avait posté une division d'infanterie aux défilés de Mont-Saint- Guibert et, sur Gentinnes, une brigade de cavalerie.

Ces deux généraux n'avaient pas eu un coup de fusil à tirer, bien que leur extrême arrière-garde n'eût évacué Brye qu'au jour.

Les parcs de réserve d'artillerie, tenus entre Sorabreffe et Gembloux, pendant la bataille de la veille, étaient parvenus à Wavre, vers cinq beures du soir, et on s'était occupé sur-lecbamp de remplacer, dans les gibernes et les caissons, les munitions brûlées en si grande quantité.

Thielmann avait mis beaucoup de lenteur dans son mouvement. Quoiqu'il l'eût commencé avant le jour, comme Zieten et Pirch I, son arrière-garde s'était trouvée encore à Sombreffe bien après le lever du soleil ; et il n'avait dépassé Gembloux qu'après sept heures.

Un peu plus loin, il avait suspendu sa marche et ne l'avait reprise qu'à deux heures après midi, ayant montré une confiance aussi extrême qu'imprudente dans l'inactivité des Français. Surpris par la pluie et les boues, il n'avait atteint Wavre que fort tard , et était allé bivaquer au delà et auprès, au château de la Bawette, si tard, que sa division d'arrière-garde et une brigade de cavalerie avaient dû rester sur la rive droite de la Dyle.

Pendant sa halte à Gembloux, il avait été rallié par un bataillon et deux escadrons venus du côté de Dinant.

Bùlow, on l'a vu, n'avait pas pris part à la bataille de Ligny. Il en avait connu le résultat, au moment où la tête de sa colonne, venant de Hannut par la voie romaine, arrivait à hauteur de la basse Baudeset, en deçà de Sauvcnière. Il y avait passé la nuit et reçu, le lendemain matin, l'ordre de se replier sur Wavre. A quelques heures de là, il était arrivé et avait pris position près de cette ville, sur les hauteurs de Dion-le-

Mont, ayant laisse une division à Vienx-Sart et fait relever, par un détachement aux ordres du colonel Ledebur, les troupes laissées par Pirch I, sur Mont-Saint-Guibert et Gentinnes.

Ainsi, toute l'armée prussienne se trouvait concentrée sur Wavre. Elle comptait, au moins, encore 90,000 hommes et 275 ou 280 bouches à feu. Depuis vingt-quatre heures, elle n'avait pas eu à tirer un seul coup de canon et n'avait perdu que quelques pièces, quelques voitures d'artillerie et d'équipages fourvoyées sur la route de Namur dans le trouble de la nuit précédente. Et cette perte même était heureuse; car elle avait donné le change au vainqueur indolent sur la direction prise par le vaincu.

Jamais, peut-être, armée battue n'avait trouvé, le lendemain de sa défaite, pareilles facilités pour se retirer, reprendre haleine et se préparer à de nouveaux combats.

INapoléon avait laissé aux Prussiens la première moitié du jour; Grouchy, trop tardivement chargé de les poursuivre, ne leur en avait pas disputé la seconde.

Après les batailles de Ligny et des Quatre-Bras, le but de Wellington et de Blùcher restait le même : réunir leurs armées le plus promptement possible pour combattre Napoléon et subsidiairement couvrir Bruxelles. C'était pour cela que le général prussien avait retiré la sienne sur Wavre. Sa retraite emportait la nécessité d'un mouvement semblable et simultané des Anglo-Hollandais. Il aurait donc dû se hâter d'en prévenir son allié.

Il n'en fut pas ainsi, paraît-il : un très-grave oubli fut commis, sinon par Blûcher, encore tout froissé, tout soutirant de la chutequi avaitfailli lui devenir fatale, au moins par Gneisenau, son chef d'état-major, très-actif, pourtant, très-prudent. Mais, dès la pointe du jour, pendant que Napoléon dormait encore à Flcurus, Wellington, quittant Genappe, son quartier général, était monté a cheval et avait galopé vers les Quatre- Bras. Tout y annonçait que Ney n'avait fait aucun mouvement

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