‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 115 sur 261 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

deux lignes, près et en arrière de la chaussée de Namur. Wellington était avec elle.

Pendant ces mouvements, Ney était demeuré dans l'inaction.

Il avait dû recevoir, avant dix heures, la dépêche expédiée de Fleurus qui lui apprenait le résultat de la bataille de Ligny et lui ordonnait d'attaquer, « s'il n'y avait qu'une arrièregarde aux Quatre-Bras et d'y prendre position. »

La moitié de l'armée anglaise s'y trouvait alors : c'était plus qu'une arrière-garde.

La même dépêche disait à Ney de prévenir l'empereur, « s'il y avait plus qu'une arrière-garde aux Quatre-Bras; et que, dans ce cas, celui-ci y marcherait. »

Le maréchal, n'ayant pas attaqué, avait, à coup sûr, envoyé l'avis demandé et attendait, pour se porter en avant, l'arrivée des forces que Napoléon devait amener par la chaussée de Namur.

Cette attente inactive était commandée ; car il importait de ne rien faire qui pût déterminer Wellington à se retirer. S'il restait dans sa position jusqu'à ce que Napoléon vînt déboucher sur lui, il serait pris dans une attaque de flanc et de front qui lui deviendrait fatale.

Cependant, après la retraite de l'infanterie ennemie, quand il avait aperçu les éclaireurs des colonnes françaises sur la chaussée de Namur, Ney avait mis sa cavalerie en mouvement. Mais, déjà, des ofliciers d'ordonnance de Napoléon avaient apporté au corps d'infanterie qui était en première ligne (celui de d'Erlon) l'ordre d'avancer. Les hussards français et anglais tiraillaient sur la gauche de Wellington.

Celui-ci n'avait d'autre but que de couvrir la retraite de son arrière-garde d'infanterie. Il ordonna immédiatement à Uxbridge de se replier. Sa cavalerie se forma sur trois colonnes. Celle du centre, composée de deux brigades de grosse cavalerie {yuards and lieavij dragoons) suivies par deux régiments légers, prit la chaussée de Bruxelles pour aller passer la Dyle au

grand village de Genappe. Les deux autres colonnes furent dirigées, l'une sur Thy, où se trouve un pont, l'autre sur un gué, au-dessus de Genappe.

Quand le corps de d'Erlon arriva aux Quatre-Bras, il s'y rencontra avec la tête de la colonne venant de Ligny.

Il était près de deux heures. La pluie tombait à verse.

Napoléon avait fait en voiture la route jusqu'auprès des Quatre-Bras. 11 monta à cheval, prescrivit à Subervie, à Domon, à Milhaud, de poursuivre la cavalerie anglaise ; à d'Erlon, de les appuyer de près; à Lobau, à la garde , à Kellermann, de marcher ensuite; à Reille, de faire l'arrière-garde.

Uxbridgese retira, d'abord, en évitant de s'engager. Mais, à la sortie de Genappe, il prit position sur la hauteur, pendant que ses colonnes latérales achevaient de passer la Dyle, et, quand notre cavalerie commença à déboucher de la longue rue qui forme le village, il la fit charger par un de ses régiments de hussards.

Les hussards furent ramenés et très-maltraités par nos lanciers. Uxbridge, se mettant aussitôt à la tête d'un régiment des gardes, soutenu par un autre de dragons légers, se précipita sur les lanciers et refoula dans Genappe tout ce qui en était sorti. Après ce coup de vigueur, il reprit son mouvement de retraite en se canonnant avec l'avant-garde française.

La pluie avait redoublé. La marche dans les terres était devenue excessivement pénible. Notre infanterie surtout avançait avec une extrême lenteur et non sans quelque désordre.

il était déjà six heures et demie (1) quand Subervie, Domon et Milhaud parurent sur les hauteurs en deçà de l'auberge de la Belle-Alliance, à trois kilomètres du village de Mont-Saint- Jean.

L'atmosphère, chargée de brumes , ne permettait pas de voir au loin. Cependant, on apercevait de l'infanterie derrière

(1) Campagne de 1815, par Gourgaud.

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