‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 120 sur 261 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

pendant la nuit; » car ce corps s'arrêta à la basse Baudeset.

Il envoya des reconnaissances dans les deux directions de Wavre (par Sart-lez-Walhain) et de Liège. Napoléon lui avait recommandé (1) d'éclairer celle de Maestricht (qui est celle de Liège) et de Namur. Mais il ne les envoya malheureusement qu'à la nuit, non avant six heures (2).

11 ne reçut pas « des renseignements positifs annonçant que les principales forces de l'ennemi étaient dirigées sur Wavre; car, à dix heures, il écrivit à Napoléon une dépêche où il exposait toutes ses incertitudes sur la direction prise par la masse de l'armée prussienne (3).

Il ne prit pas position « à six heures, x> et ses soldats ne faisaient pas « la soupe » à ce moment; car « ils n'arrivèrent sur Gembloux qu'à neuf heures et à dix, ayant marché aussi vite qu'il était humainement possible par une pluie torrentielle et d'épouvantables chemins (4) ; » plus vite, ilest bon de le remarquer, que l'infanterie qui se porta, avec Napoléon, des Quatre- Bras vers Plancenoit; plus vite encore, toute proportion gardée, que le corps de Thielmann dans son mouvement sur Wavre.

Enfin, « l'ennemi ne se trouva pas avoir gagné trois heures sur Grouchy ; » car ce fut Grouchy qui gagna sur lui la distance de Ligny à Gembloux.

Telle est la véracité des Mémoires dictés par Napoléon; et, pourtant, ils ont été la base de presque toutes les relations de la campagne de 1815, écrites en France.

(1) « Vous vous ferez éclairer sur la direction de Namur et de Maestricht. » (Instructions signées par Bertrand.)

(2) « Le général Excelmans a ordre de pousser, ce soir, six escadrons sur Sart-lez-Walhain et trois sur Perwez. » (Dépêche de Grouchy à Napoléon, datée de Gemblox, dix heures du soir. — Voir p. 221-222.)

(3) Dépêche de Grouchy à Napoléon, datée de Gembloux, dix heures du soir. — Voir p. 221-222.

(4) Quelques documents, etc., par le général Gérard.

Nous sommes entré, encore une fois, dans des détails bien minutieux de temps, d'ordres, de mouvements ; mais ils étaient indispensables pour rétablir la vérité sur la journée du 1 7 juin ; journée dont les fautes inconcevables devaient exercer une influence capitale sur la bataille qui, le lendemain, décida du destin de la guerre, de Napoléon et de la France.

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