‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 121 sur 261 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

18 juin. — Waterloo. — Napoléon apprend que l'armée anglo-hollandaise n'a fait aucun mouvement. — Au point du jour, il s'assure, par luimême, que cette nouvelle est vraie. — Sa confiance dans le résultat de la bataille qu'il veut livrer. — Confiance non moins grande de Wellington. — Description du terrain qu'il occupe. — A six heures, il commence à prendre son ordre de bataille. — Ses forces. — Napoléon reconnaît la position de l'armée ennemie. — A neuf heures seulement, les Français commencent à prendre leur ordre de bataille. — Instructions adressées à Groucby. — Instructions pour la bataille. — Plan de Napoléon. — A onze heures et demie, il engage la bataille par l'attaque de Goumont, qui est confiée à Reille. — Premières péripéties de cette attaque. — Napoléon apprend l'arrivée du corps de Biilow à Chapelle-Saint-Lambert.

— Dispositions prises par suite de cette nouvelle. — Nouvelles instructions adressées à Grouchy. — D'Erlon attaque l'aile gauche des Anglo- Hollandais. — Il est repoussé avec grandes pertes. — Attaque infructueuse de la Haie-Sainte. — Continuation de la lutte sur Goumont. — État de la bataille à trois heures. — Dispositions prises par Wellington.

— Napoléon renonce à forcer l'aile gauche ennemie et se décide à porter l'effort principal contre le centre. — Prise de la Haie-Sainte. — Charges de Milhaud et de Lefebvre Desnouettes contre le centre anglohollandais, à quatre heures. — Elles échouent. — Entrée en ligne du corps de Biilow, à quatre heures et demie. — Sa position à cinq heures.

— Ney renouvelle l'attaque du centre anglo-hollandais avec Milhaud et Lefebvre Desnouettes. — Dispositions prises par Wellington en prévision de cette nouvelle attaque. — Situation de son armée. — Ney est appuyé par Kellermann et Guyot. — Son attaque échoue encore. — Ses pertes. — Celles du centre anglo-hollandais. — État de la bataille à notre gauche et à notre droite. — Continuation du combat contre Biilow. — Attaque de six bataillons de vieille garde contre le centre anglo-hollandais. — Elle est repoussée. — A sept heures et demie,

irruption de l'avant-garde de Zieten sur le champ de bataille, près de Papelotte. — Commencement de désordre dans l'armée française. — Mouvement général en avant des Anglo-Hollandais. — Le désordre augmente rapidement. — Entrée en ligne de deux divisions de Pirch I vers Plancenoit. — Prise de ce village par les Prussiens. — Déroute de l'armée française. — Les Prussiens la poursuivent. — La poursuite cesse au point du jour. — Napoléon arrive à Charleroi et se rend à Philippeville. — Pertes respectives des vainqueurs et des vaincus.

La nuit était noire, le ciel chargé d'épais nuages déchirés par de rares éclairs. Le tonnerre grondait dans le lointain. La pluie tombait et n'avait cessé, depuis la veille, de tomber à torrents. Napoléon monta à cheval, accompagné de Bertrand et gagna les hauteurs coupées par la chaussée de Bruxelles vers la ferme de Rossomme. II était une heure. Une ligne de feux éclairait l'horizon de ^raine-l'Alleud à Frichemont. C'étaient ceux des bivacs de l'armée anglo-hollandaise.

La marche de la veille avait été courte et hâtive pour ses bataillons. Arrivés, de bonne heure, sur la position qu'ils devaient occuper, ils avaient profité du jour et du voisinage de la forêt pour amonceler les bois qui leur servaient, maintenant, à supporter l'inclémence du temps.

Sur la ligne française, les feux étaient rares. Les soldats, moins bien partagés, attendaient avec impatience la fin de cette nuit pénible.

Rien ne semblait indiquer un mouvement de l'ennemi. S'il eût battu en retraite, Napoléon avait l'intention de le suivre et de l'entamer malgré l'obscurité, dès qu'il aurait été en marche. C'est là, du moins, ce qu'il a écrit. Mais son inaction pendant la nuit qui suivit la victoire sur Blùcher n'est pas faite pour donner créance à cette assertion. De pareilles entreprises dépassaient alors la mesure de son activité.

Il rentra à son quartier général ; et bientôt les rapports des espions et des postes avancés, les témoignages de deux déserteurs vinrent confirmer ce qu'il avait pu présumer seulement

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