‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 123 sur 261 · CHAPITRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIEME

bouche, tout auprès, dans le vallon de Merbe-Braine ; l'autre, s'ouvrant au sud-est, passe immédiatement au-dessous de la Haie-Sainte, des fermes de Papelotte, de la Haie, et comprend le hameau de Smohain.

Ces deux vallons forment ainsi, au pied même du plateau de Mont-Saint-Jean, une sorte de circonvallation interrompue seulement par le contre-fort dont nous venons de parler. Les pentes qui les limitent, au sud et au nord, sont, en général, d'accès facile, même pour l'artillerie. Celle du nord offre, cependant, de la roideur, dans le voisinage immédiat de la Haie- Sainte et sur une longueur d'environ cinq à six cents mètres. Cette ferme est au bord même de la chaussée de Bruxelles.

Le château de Goumont en est à quinze cents mètres à l'ouest. Il s'élève sur le haut de la pente qui limite le vallon du côté du sud. La chaussée de Nivelles le laisse à trois cent cinquante mètres sur sa droite, traverse sur un remblai le vallon de Merbe-Braine et va se confondre, au hameau de Mont-Saint-Jean, avec la grande route de Charleroi à Bruxelles.

Les fermes de Papelotte et de la Haie sont à quatorze et quinze cents mètres, à l'est, de celle de la Haie-Sainte; ie hameau de Smohain à moins de deux mille.

Sous la Haie, le vallon se rétrécit, se ravine; et il en sort, au milieu de sources marécageuses, un petit ruisseau qui va couler sous Ohain et verser ensuite ses eaux dans le ruisseau de Lasne, affluent de la Dyle.

Le château de Frichemont , à trois cents mètres au sud de Smohain, est bâti au sommet de la pente qui borde le vallon de ce côté.

Tel était le terrain sur lequel Wellington s'était résolu à recevoir le choc de Napoléon.

II se présente, nous l'avons dit, comme une vaste croupe soutenue au sud par une pente d'inclinaison généralement douce et facile à battre de feux plongeants. Goumont, la Haie-Sainte, Papelotte, la Haie, Smohain, Frichemont

paraissent comme autant de postes qui en défendent l'accès.

Un chemin de traverse allant d'Oliain à Braine-l'Alleud, suit à peu près la crête sud de la croupe jusqu'à hauteur de Goumont. Il coupe la chaussée de Bruxelles à deux cents mètres par le nord de la Haie-Sainte. En deçà de ce point de rencontre, il se maintient au niveau du sol; des haies vives et fortes, mais discontinues, le bordent à droite et à gauche (I).

Au delà du même point, cette bordure disparaît; et il s'enfonce dans une tranchée profonde de deux mètres, en moyenne; et longue de six cents (2), au sortir de laquelle il se retrouve au niveau du sol.

Ce chemin marqua presque exactement le front de l'armée anglo-hollandaise.

La gauche s'étendit, par l'une de ses extrémités, jusqu'à hauteur de la Haie, par l'autre, jusqu'à la chaussée de Bruxelles, qui était fortement barricadée.

Elle se composait, tant en première qu'en seconde ligne, des divisions de Picton, de Perponcher et de l'une des brigades de celle de Cole. Des bataillons de Perponcher occupaient Papelotte, la Haie, Smohain, Frichemont et les chemins qui mènent de ces points au plateau. Deux brigades de cavalerie anglaise étaient en flanqueurs, jetant des partis jusque vers Ohain.

Le centre couvrit l'espace entre les chaussées de Bruxelles et de Nivelles. Il était formé des divisions Alten, Cooke (gardes anglaises) et de la brigade Von Kruze (contingent de Nassau). Des troupes de cette partie de la ligue et un bataillon détaché

(1) Ou le bordaient, car il ne reste plus rien de ces baies. Le lecteur voudra bien nous permettre quelques-unes de ces façons de parler qui racontent un événement déjà éloigné comme si les faits dataient de la veille. Notre récit en sera plus précisément exact.

(2) Le chemin n'est plus encaissé, maintenant, que du côté du nord. L'escarpement sud a disparu entièrement. On a pris la les terres nécessaires à la construction d'un monticule qui porte à son sommet un lion posé sur un socle où se lit cette inscription laconique: 18 juin 1815.

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