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CHAPITRE DOUZIEME

brigades de Bylandt et du prince de Saxe-Weimar. Les brigades de cavalerie anglaise Vandeleur et Vivian flanquaient la ligne à gauche.

Kempt, Pack, Vincke, Best, le prince de Saxe-Weimar avaient, chacun, quatre bataillons (1); Bylandt en avait cinq.

Kempt avait sa droite à la chaussée de Bruxelles : un bataillon (95e, armé de carabines) déployé, partie derrière les haies du chemin d'Ohain, partie dans une petite carrière qui est en avant; les trois autres bataillons formés en autant de colonnes à intervalles de déploiement, en arrière et à une centaine de mètres de la crête du plateau.

Bylandt avait quatre bataillons déployés en avant de cette crête et un bataillon en arrière.

Pack était en colonnes par bataillon à intervalles de déploiement, à deux cents mètres en arrière de la crête. Best avait trois bataillons déployés, un peu en saillie sur l'alignement de Pack, et un bataillon en réserve. Vincke se trouvait à la même hauteur et dans le même ordre que Pack.

Trois batteries d'artillerie (vingt pièces) étaient en action sur la crête.

Sur toute la ligne occupée par Picton, cette crête se confond avec le chemin d'Ohain jusqu'à une centaine de mètres de la chaussée de Bruxelles. Le chemin d'Ohain est bordé, nous l'avons dit antérieurement, de haies fortes mais discontinues. En quelques points, on les avait taillées pour former comme des embrasures à l'artillerie.

Le prince de Saxe-Weimar occupait le château de Frichemont par un bataillon, Smohain, la Haie, Papelotte par un autre, et tenait le reste de sa brigade en réserve. Il disposait de trois bouches à feu, restes d'une batterie désorganisée par notre cavalerie, aux Quatre Bras.

(1) Un des bataillons du prince de Saxe-Weimar était détaché à Goumont.

La disposition donnée aux troupes établies sur le plateau les avait préservées, en grande partie, des atteintes de la canonnade de Ney; car la crête a très-peu de largeur et le terrain immédiatement en arrière tombe dans un large pli où ne venaient frapper que les éclats d'obus et très-peu de boulets.

Les colonnes françaises s'avançaient assez lentement, en dépit de leur ardeur, dans les terres fangeuses, à travers les hautes moissons.

Celle de gauche, gênée par le feu de carabiniers embusqués de l'autre côté de la chaussée, au-dessus de la Haie-Sainte, obliqua insensiblement à droite. La seconde colonne laissa perdre sa distance ; et toutes les deux se trouvaient a même hauteur, quand elles reçurent la mitraille de deux batteries et bientôt la fusillade du 95e anglais et de Bylandt. D'Erlon, alors, fait battre la charge. Nos soldats précipitent le pas, chassent devant eux le 95e, abordent les bataillons de Bylandt, les culbutent, les dispersent sous un choc impétueux, franchissent le chemin d'Ohain par les intervalles des haies, par les embrasures qui y sont ouvertes, et mettent la main sur les pièces.

Le passage de l'obstacle, le choc même a désuni les colonnes; on en a arrêté la tête pour les reformer un peu lorsque, de gauche et de droite, une grêle épaisse de balles vient les assaillir : les bataillons de Kempt et ceux de la droite de Pack ont déployé, et les fusillent à quelques pas.

Surprises par cette attaque aussi violente que soudaine, elles essayentd'y répondre, de déployer aussi. Malheureusement, l'ordre vicieux de leur formation, le trouble causé par le passage des haies, embarrassent, ralentissent leur mouvement ; et, pendant qu'il s'opère, Kempt et Pack les abordent à la baïonnette et les jettent dans la plus grande confusion. Les braves soldats de d'Erlon résistent pourtant au milieu d'un effroyable pêle-mêle; le désordre se met aussi dans les rangs de leurs

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