CHAPITRE DOUZIEME
d'un côté, sur Frichemont, et, de l'autre, sur le ruisseau de Lasne, qui a ses sources dans Plancenoit et tout à côté.
Plancenoit est un village situé dans un fond, presque à hauteurde la ferme de Rossomme, dont il n'est séparé que par un millier de mètres.
Lobau avait pris position sur le plateau, en deçà du bois de Paris, sa cavalerie en première ligne, ses vedettes sur ce bois.
Réduit aux divisions de Simmer et de Jannin (1), privé de sa batterie de réserve, donnée au maréchal Ney, il n'avait que sept mille cinq cents hommes d'infanterie et d'artillerie. Les division Domon et Subervie, passées, maintenant, sous ses ordres, lui donnaient, en outre, deux mille sabres et douze bouches à feu.
Bùlow avait débouché du bois, poussant en avant douze escadrons ; et, sous la protection de cette cavalerie, il avait déployé la division Losthin par bataillon en masse, en appuyant sur Frichemont. La division Hiller, s'avanç.ant dans le même ordre, avait pris la gauche de Losthin ; et le prince Guillaume s'était formé en bataille derrière Hiller.
Pendant cette manœuvre , Domon s'était d'abord sabré sans résultat avec les escadrons qui la couvraient. Mais, l'infanterie de Losthin étant entrée en action avec plusieurs batteries, il avait dû reculer malgré l'aide de Subervie; et bientôt Lobau lui-même s'était trouvé engagé.
Vers cinq heures, la ligne de bataille de Bulow était sur la direction de Frichemont à la ferme d'Hanotelet, parallèle à la chaussée de Bruxelles, et perpendiculaire au flanc droit de l'armée française.
Le combat était déjà très-vif. Quarante bouches à feu battaient les divisions de Lobau, qui faisaient ferme contenance contre un ennemi supérieur en nombre.
(t) La division Teste faisait partie, on l'a vu, de la colonne de Grouchy.
En ce moment, nous l'avons dit, Ney venait de ramener dans le vallon de la Haie-Sainte les cuirassiers de Milhaud et la division Lefebvre Desuouettes, cruellement décimés.
Le découragement du champ de bataille était inconnu à son âme. Les boulets qui viennent frapper cette cavalerie mal à couvert l'exaspèrent; il se décide à la conduire encore au plateau, à renouveler sa vaillante tentative.
L'épée à la main devant les escadrons de Milhaud, que suit Lefebvre Desnouettes, il s'élance au grand trot sur la pente du plateau.
Wellington l'attendait. Calme, froid comme toujours, il venait de passer rapidement sur le front des troupes de son centre, recommandant les mêmes dispositions qu'auparavant contre une nouvelle attaque de la cavalerie française.
Sa première et sa seconde ligne, de la chaussée de Bruxelles au vallon de Merbe-Braine, étaient formées, alors, des brigades Ompteda (légion allemande), Kielmansegge (hanovrienne), C. Halkett (anglaise), composant la division Alten; Rruse (contingent de Nassau), Maitland (gardes), Mitchell (anglaise) et de l'infanterie de Brunswick : vingt-six bataillons en tout.
En outre, quatre bataillons, dont deux des gardes (brigade Byng), défendaient Goumont.
La division Chassé, appelée, maintenant, tout entière de Braine-l'Alleud, où aucune attaque ne paraissait plus à craindre, s'était avancée, en troisième ligne, au centre; la division Clinton demeurait en colonne le long et au-dessus du vallon de Merbe-Braine; ce vallon était devenu ainsi la limite extrême du front de bataille de Wellington. A proprement parler, l'aile droite était rabattue derrière le centre.
Des vingt-trois bataillons de Clinton et de Chassé, aucun n'avait encore tiré un seul coup de fusil.
La brigade Lambert, de trois bataillons, se trouvait dans le même cas. Elle était à la ferme de Mont-Saint-Jean, également à portée du centre et de l'aile gauche.