CHAPITRE DEUXIEME
120 hommes : une de grenadiers, une de chasseurs, quatre de fusiliers.
Tous les grades étaient à la nomination des agents du pouvoir exécutif.
Cette vaste organisation resta, en très-grande partie, sur le papier.
Les grenadiers et chasseurs durent être pris exclusivement parmi les hommes de vingt à quarante ans, et former la force mobile.
Des comités d'arrondissement et de département furent chargés de les choisir, et de désigner ceux qui devraient s'habiller, s'armer et s'équiper à leurs frais.
Les communes et les départements durent pourvoir à ces dépenses pour tous ceux qui n'auraient pas le moyen de les faire.
Un autre décret, rendu aussi le 40 avril, ordonna la formation immédiate de deux cent quatre bataillons de grenadiers et chasseurs, à six compagnies, dans la Flandre, l'Artois, la Picardie, la Champagne, la Lorraine, la Bresse, l'Alsace, la Bourgogne, la Franche-Comté, la Savoie et le Dauphiné.
D'autres décrets encore plus tardifs, des décrets du 15, du 27 avril, du 1er et du 10 mai étendirent cette mesure à toutes les autres provinces, et portèrent le nombre des bataillons requis à 417.
On leur donna des commandants et des adjudants-majors pris dans la ligne, la retraite et la réforme.
Ils durent être mis, au fur et à mesure de leur formation, à la disposition du ministre de la guerre, qui les emploierait « à la défense des places frontières, des défilés, passages de rivière, postes et ouvrages de campagne, indiqués par le comité de défense. »
Ces 417 bataillons devaient donner 300,240 hommes. On atteignit à peine la moitié de cet effectif.
Au 10 juin, 240 bataillons étaient rendus à leur destination ou en marche pour s'y rendre.
Le dixième des gardes nationaux s'était armé, habillé, équipé à ses frais.
Un grand nombre d'anciens militaires de tous grades, vingt-cinq mille, dit Carnot dans le rapport lu aux deux chambres le 13 juin, entrèrent dans les bataillons mobilisés. Ils donnaient une force précieuse à ces milices inaguerries.
Outre les bataillons mobiles, on forma dans la plupart des places fortes des compagnies d'artillerie de garde nationale sédentaire.
Les départements qui se signalèrent par leur zèle pour la levée des gardes nationales actives furent les mêmes que ceux qui avaient jeté le plus grand nombre de leurs anciens militaires dans les rangs de l'armée de ligne. En un mois, les bataillons qu'ils devaient fournir furent recrutés, organisés, et presque tous portés au complet, tandis que certains départements, comme le Nord, la Gironde, la Dordogne, etc., mirent à peine sur pied, et à des effectifs très-faibles encore, la moitié de ceux qui leur étaient demandés; tandis que d'autres, comme les Bouches-du-Rhône, le Tarn-et-Garonne, le Finistère, etc., n'en levèrent pas un seul (1).
En un mot, là où les populations n'attendirent pas l'impulsion des autorités impériales, tout marcha vite et bien; là où elles l'attendirent, il ne se fit rien, ou bien il ne se fit que peu de chose.
On en trouve une preuve surabondante dans les lenteurs qu'éprouvèrent l'armement, l'équipement, l'habillement des bataillons mobilisés. Le 10, le 15 juin, beaucoup d'entre eux n'avaient encore reçu ni une capote, ni un fusil, ni une giberne.
Le pouvoir central prodigua, cependant, les recomman-
(1) Le département du Nord devait fournir M bataillons; celui de la (iironde, 3; celui de la Dordogne, 4; celui de Tarn-el-Garonne, '2; celui du Finistère, 5.