‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 172 sur 261 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

bloux. Gérard avait pris ses bivacs un peu en deçà de cette ville, Vandamme un peu au delà , ayant devant lui, à Sauvenière, Excelmans, qui détachait six escadrons sur Sart-lez- Walhain et trois sur Perwez.

En ce moment, Pajol et Teste étaient établis, à près de deux lieues en arrière de Gembloux, à Mazy, village sur la chaussée de Charleroi à Namur.

La dépêche adressée par Grouchy à Napoléon, ce même soir à dix heures, prouve, nous en avons fait l'observation, que ce maréchal n'était nullement fixé alors sur la direction prise par la masse de l'armée prussienne : il ignorait si elle se retirait par Wavre ou par Perwez (1), village qui est à plus de deux lieues à l'est de la direction de Gembloux à Wavre et qui est proche de la chaussée de Namur à Louvain, plus proche encore de la voie romaine conduisant à Tongres et à Maestricht.

Dans cet état de doute, il s'était décidé à se porter à Sartlez-Walhain , c'est-à-dire à s'avancer sur une direction intermédiaire à celles de Gembloux à Wavre et à Maestricht ; et il avait ordonné à Vandamme de marcher sur Sart-lez-Walhain, le lendemain matin, à six heures ; à Excelmans, de précéder Vandamme; à Gérard, de le suivre; à Pajol et à Teste, de lever leurs bivacs à cinq heures et de gagner Grand-Leez, où ils attendraient de nouvelles instructions (2). Grand-Leez est à une lieue à l'est de Sauvenière.

(1) « Si la masse des Prussiens se retire sur Wavre, je la suivrai dans cette direction... Si , au contraire, mes renseignements prouvent que la principale force prussienne a marché sur Perwez, je me dirigerai, par cette ville, à la poursuite des Prussiens. » (Lettre de Grouchy à Napoléon, datée de Gembloux, le 17 juin, à dix heures du soir.— V. pages 221-222.)

(2) Lettre de Grouchy à Vandamme, datée de Gembloux, le 17 juin (Archives du dépôt de la guerre, à Paris). Restée inédite jusqu'ici, celte lettre précise un point très-vivement débattu du mouvement de Grouchy le 18 juin : l'heure fixée par le maréchal pour le départ de Gembloux. On lit aussi dans cette lettre : « Le général Pajol a ordre de marcher de Mazy

Ml WATEKLOO.

Une fois arrivé à Sart-lez-Walhain, Grouchy comptait prolonger son mouvement sur telle ou telle direction, en raison des renseignements qui lui parviendraient.

« Je vous prie, avait-il écrit à Vandamme en lui réitérant son ordre, de dépasser Sart-lez-Walhain avec votre corps d'armée, afin que le général Gérard puisse prendre position en arrière. Je pense que nous nous porterons plus loin que ce village. Ce sera donc plutôt une halte qu'une position définitive (1). »

Le 18, à deux heures du matin, Grouchy était encore dans la même incertitude sur la direction prise par l'armée prussienne. 11 écrivit à Napoléon pour l'informer du mouvement qu'il allait opérer sur Sart-lez-Walhain ; et il persista dans la résolution de faire partir ses troupes de Gembloux, à six heures seulement.

C'était perdre sans motif des instants précieux.

Une de ses préoccupations les plus vives, il l'a dit, était la crainte de se laisser aller à un faux mouvement qui, l'écartant outre mesure de Bliicher, permettrait à celui-ci d'exécuter un retour offensif sur la ligne d'opérations de l'armée française. Crainte d'autant plus vive que la faiblesse numérique de sa colonne était plus grande; crainte légitime, mais qui n'aurait pas dû l'immobiliser si longtemps à Gembloux.

Anxieux, indécis, il monta à cheval de bonne heure pour se rendre à Sart-lez-Walhain. Il espérait y trouver, enfin, des renseignements précis sur la marche des Prussiens.

Malgré l'ordre qui fixait à six heures le départ de Gembloux, Excelmans ne se mit en route qu'à sept; Vandamme le suivit. Gérard s'ébranla une heure plus tard (2). La division de cava-

sur Grand-Leez, où il recevra une nouvelle direction, d'après celle que nous suivrons nous-mêmes. »

(1) Seconde lettre inédite de Grouchy à Vandamme, datée de Gembloux, le 17 juin {Archives du dépôt de la guerre, à Paris).

(2) L'ordre de mouvement donné par Gérard à son corps d'armée a élé publié. Il en fixe le départ à huit heures.

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