‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 176 sur 261 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

Gérard lui proposa, alors, d'exécuter, avec le 4e corps seul, le mouvement vers Mont-Saint-Jean, pendant que les autres corps continueraient à s'avancer sur Wavre.

C'était courir la chance de faire battre et détruire en détail le détachement et le corps principal. Le maréchal repoussa cette proposition; et, mettant fin à cette espèce de conseil de guerre, qui se tenait ainsi dans le jardin du notaire Hollaert, il monta à cheval pour aller rejoindre son avant-garde, dont on entendait le canon au delà de Nil-Saint-Vincent.

Nous avons indiqué antérieurement les positions occupées, le 17 au soir, par l'armée prussienne autour de Wavre.

Zieten et Thielmann étaient à Bierges et à la Bawette, sur la rive gauche de la Dyle, ce dernier ayant encore une division d'infanterie, celle de Borcke, et une' brigade de cavalerie, au côté opposé de la rivière. Pirch I et Bùlow étaient sur la rive droite, l'un de Sainte-Anne à Aisemont, l'autre au cabaret à Tout-Vent près de Dion-le-Mont, occupant Vieux-Sart par une division d'infanterie et les défilés de Mont-Saint-Guibert par deux bataillons d'infanterie, quatre escadrons et deux bouches à feu aux ordres du lieutenant-colonel Ledebur. Des partis de cavalerie battaient l'estrade entre la Dyle et le ruisseau de Lasne.

Au point du jour, pendant que Grouchy, plongé dans l'incertitude, restait immobile à Gembloux, Blùcher avait envoyé les gros bagages de son armée sur Louvain et fait marcher le corps de Bùlow sur Chapelle-Saint-Lambert. Ce corps, nous l'avons dit, avait été retardé longtemps par un violent incendie qui avait éclaté sur son passage à Wavre.

A onze heures, le maréchal prussien avait quitté cette ville, gagnant Chapelle-Saint-Lambert, où il devait déterminer la direction ultérieure de Bùlow, en raison des événements qui se produiraient vers Mont-Saint-Jean.

Il avait laissé pour instructions à Zieten, à Pirch I, à Thielmann , de se porter , le premier par Fromont et Genval vers

Ohain, le second sur Chapelle-Saint-Lambert, le troisième sur Couture-Saint-Germain, village sur la rive droite du ruisseau de Lasne, à deux kilomètres et demi de Fricliemont. Thielmann devait partir le dernier.

Vers midi, l'exécution de cet ordre avait commencé. Zielen était en mouvement. Pirch I s'était engagé dans le défilé de. Wavre. Ses deux premières divisions allaient achever d'y passer; ses deux dernières , celles de Brause et de Reckow (I) se formaient en colonne pour les suivre, quand il fut prévenu que les Français se montraient vers Neuve-Sart.

Sur cet avis, il prescrivit à la première partie de son corps de continuer à marcher, aux deux divisions qui s'ébranlaient de rester sur place, et galopa du côté de Neuve-Sart pour reconnaître ce qui s'y passait.

Arrivé à un quart de lieue de ce point, à la Baraque, il y trouva le lieutenant-colonel Ledebur, tiraillant et échangeant des coups de canon avec un corps de cavalerie dont la gauche s'appuyait au ravin boisé de la ferme de la Plaquerie, et dont la droite était vers Neuve-Sart. Ce corps était celui d'Excelmans. 11 avait jeté quelques escadrons sur Dion-le-Mont ; et venait d'être rejoint par la division Vallin. Il paraissait attendre de l'infanterie pour avancer et pénétrer dans les bois qui sont immédiatement en arrière de la Baraque.

Ledebur revenait des défilés de Mont-Saint-Guibert qu'il avait quittés fort tard, au moment seulement où il avait appris que l'avant-garde d'Excelmans approchait de Neuve- Sart; qu'il était ainsi tourné et courait risque d'être coupé. Il avait pu, néanmoins, faire retraite tout en combattant, ayant été soutenu par quelque artillerie et la brigade de cavalerie de Sohr (corps de Pirch 1) et huit escadrons du corps de Biilow (2).

(1) Reckow remplaçait Langen, lue à Ligny.

(2) Ces huit escadrons formaient le 1er régimeni de landwehr île Silésie cl le 2' landwehr de Poméranie. Ils ne rejoignirent le corps de Biilow qu'après la bataille de Waterloo.

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