‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 188 sur 261 · CHAPITRE QUINZIEJIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIEJIE

Le corps d'Excelmans était alors, partie à Neuve-Sart, partie vers Dion-le-Mont ; celui de Vandamme à Nil-Saint- Vincent ; celui de Gérard atteignait Sart-lez-Walhain ; Pajol et Teste s'avançaient de Grand-Leez sur Tourinnes.

Le conseil de Gérard, exposé par lui-même, fut « d'envoyer sur-le-champ l'ordre au général Vallin, qui, en éclairant la gauche, se trouvait plus rapproché de la Dyle, de se porter en toute diligence sur le pont de Mousty, d'y passer la rivière, et, une fois sur la rive gauche, de pousser des reconnaissances dans la direction de Chapelle-Saint-Lamhert et de Frichemont, pour avoir des nouvelles des Prussiens . Le troisième corps (Vandamme), qui se trouvait à Nil-Saint-Vincent, aurait fait tête de colonne à gauche en se dirigeant également sur Mousty. Le quatrième corps (Gérard) et la cavalerie d'Excelmans auraient suivi ce mouvement. En même temps, le général Pajol aurait reçu l'ordre de se rendre devant Wavre avec sa cavalerie et la division Teste ; ces troupes réunies auraient été chargées spécialement de repousser au delà de Wavre la faible arrière-garde ennemie qui était restée sur la rive droite et ensuite d'observer le corps de Thielmann et de masquer notre mouvement sur l'armée de l'empereur (1). »

Quel pouvait être le résultat de la manœuvre ainsi conseillée?

L'avant- garde prussienne, qui était restée à Mont-Saint- Guibert presque toute la matinée, avait battu en retraite

différence d'une demi-heure est, du reste, ici de faible importance ; on va le voir.

(\) Dernières observations, etc. Nous n'avons pas besoin défaire remarquer l'erreur de Gérard dans ces dernières lignes : à midi, trois corps prussiens étaient encore à Wavre ou auprès ; il y avait dix-huit mille hommes, ce qui n'était pas une faible arrière-garde, sur la rive droite de la Dyle ; et le corps de Thielmann devait partir, alors, pour marcher sur Couture. Quand Pajol et Teste, dans la supposition où Gérard se place, seraient arrivés devant Wavre, Thielmann en aurait déjà été loin.

jusque vers la Baraque, où elle faisait ferme contenance devant Excelmans. Les ponts de Mousty et d'Ottignies n'avaient pas été détruits; ils n'étaient pas gardés; Vallin pouvait donc aller les saisir facilement et assez promptement. Cela n'est pas douteux.

A Nil -Saint -Vincent, Vandamme se trouvait à deux lieues en ligne droite de ces ponts, à deux lieues et demie, sinon plus, par les traverses à suivre. Il aurait reçu l'ordre de changer et aurait changé de direction à midi et demi, ou un peu plus tard ; les chemins étaient bien autrement difficiles (1) que ceux qu'il venait de parcourir de Gembloux à Nil-Saint-Vincent ; il serait donc arrivé sur Mousty et Ottignies vers cinq heures, au plus tôt.

Gérard, qui, à Sart-lez-Walhain, en était plus éloigné, mais qui, par compensation, aurait commencé son mouvement un peu avant Vandamme, aurait franchi la rivière vers six heures.

A Mousty, on se serait trouvé à deux lieues et demie en ligne droite, à plus de trois lieues encore de Plancenoit par les traverses à prendre; traverses très-mauvaises. II aurait donc été impossible à l'infanterie de paraître sur le champ de bataille de Napoléon avant neuf heures et demie ou dix heures. Or, à ce moment, le désastre, on l'a vu, était déjà complet. Grouchy ne serait arrivé que pour s'y faire envelopper.

(1) Pendant un long exil, le général Lamarque eut le loisir de visiter le théâtre des opérations de Grouchy. Voici ce qu'il dit du terrain qu'auraient eu à parcourir Vandamme et Gérard pour se porter de Nil- Saint-Vincent et de Sart-lez-Walhain sur Mousty et Ottignies : « Le terrain offrait de grandes difficultés : on est tout étonné de trouver dans cette partie des montagnes élevées, des ravins profonds, enfin comme une espèce de contre-forts des Alpes et des Pyrénées, à travers lesquels il eût été difficile de traîner l'artillerie. » (Mémoires dti général Lamarqtie. — Notice sur les cent-jours.)

Nous avons visité aussi ce terrain et nous avons reconnu la justesse de la description de Lamarque.On y trouve aujourd'hui d'assez bons chemins : mais ils ont été ouverts depuis 1813.

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