‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 20 sur 261 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

détachements de la garde impériale vinrent renforcer les travailleurs soldés; on augmenta le nombre de ceux-ci et l'œuvre avança assez rapidement. Le 10 juin, la ligne du canal de TOurcq, les fortifications de Saint-Denis, les retranchements de Montmartre à la chaussée de Vincennes, étaient à peu près achevés et en partie palissades. Pour les armer, on avait réuni à Paris quatre à cinq cents bouches à feu, la plupart empruntées au matériel de la marine. Cette artillerie devait être servie par six compagnies de canonniers de la ligne, huit d'anciens matelots, six de canonniers de marine, vingt des écoles polytechnique, militaire, d'Alfort, de droit, de médecine, des lycées, des invalides, de la garde nationale.

Mais les forts qui devaient servir de réduits, celui de l'arc de triomphe, les retranchements de Passy à Montmartre n'étaient pas même commencés.

Sur la rive gauche de la Seine, où une ligne de fortifications avait été tracée aussi, on n'avait pas donné un coup de pioche.

Ainsi, en près de trois mois, avec toutes les ressources en hommes et matériel d'une cité de sept cent mille âmes et des campagnes voisines, sous le coup de la terrible leçon de 1814» le gouvernement impérial ne sut pas entourer la capitale de la France de fortifications qui, à un moment donné, pouvaient être le salut de la patrie et qu'une administration prévoyante, résolue, vigoureuse, aurait commencées dès le 30 mars et achevées le 1er mai.

Napoléon fit aussi fortifier Lyon. Mais là, comme à Paris, on se mit lard à l'œuvre. Le 10 juin, les travaux n'y étaient pas achevés, bien que des parties considérables de l'ancienne enceinte existassent encore. On put commencer, néanmoins, à garnir d'artillerie quelques ouvrages, notamment ceux qui couvraient le faubourg de la Guillolière. L'armement général se composait de trois cents bouches à feu, venues des arsenaux de la marine. On avait, pour les servir, quatre compagnies d'artil-

lerie de ligne, six cents canonniers de marine, neuf cents de la garde nationale, de l'école vétérinaire et des lycées.

Dans la population, outre ces derniers, il n'y avait d'armés que 2,400 gardes nationaux et un millier de fédérés tirailleurs.

Le 1er juin, l'état militaire de la France se formait d'une armée de ligne et d'une armée extraordinaire,

La premièreétait de deux cent soixante-seizemille neuf cent quatre vingt-deux hommes, présents au drapeau, officiers compris (1).

Cet effectif se décomposait ainsi: 198,150 hommes aux bataillons, escadrons, etc., de guerre; 55,719 disponibles dans les dépôts, mais non encore disponibles pour la guerre (bataillons, escadrons, batteries en organisation, hommes non habillés, etc.), en recrutement, en remonte; 23,133 indisponibles (fond des dépôts, malingres, ouvriers, enfants de troupe, etc.) (2).

En ne tenant compte que des troupes de ligne, il manquait, à l'infanterie, pour compléter les bataillons de guerre à 600 hommes, et à 500 seulement les bataillons en organisation, 86,097 hommes; à la cavalerie, pour compléter les escadrons de guerre à 170 hommes et à 150 les escadrons en organisation, 11,945 hommes; à l'artillerie, au génie, aux équipages militaires, 6,951 : en tout, cent quatre mille huit cent quatrevingt-treize hommes (3).

Le déficit en chevaux était très-considérable aussi. 11 s'élevait à 18,934 pour la cavalerie, 1,551 pour l'artillerie à cheval et les divers trains (4).

L'effectif de l'armée laissée par la Restauration était, on l'a vu, de 223,972 hommes, dont 155,000 disponibles pour

(1) Corps de toutes armes de la ligne : 247,609 hommes (situation officielle datée du 1" juin); corps de toutes armes de la garde impériale, 29,573 hommes {situation officielle datée du 15 juin. — Il n'existe pas de situation au i,r juin.)

(2) Chiffres de la situation officielle au Ie* juin.

(3) Idem.

(4) ldnn.

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