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CHAPITRE DIX-SEPTIEME

Le 19 juin, au point du jour, Thielmann attaque Grouchy. — Après un long combat, il bat en retraite sur Rhode-Sainle-Agathe. — Grouchy, ayant reçu la nouvelle du désastre de Waterloo, se replie dans la direction de Namur. — Le lendemain, il continue son mouvement vers celte ville. — Mouvements de Thielmann et de Pirch I. — La cavalerie de Thielmann et Pirch 1 attaquent Grouchy. — Combat de Namur. — Le 21, au matin, les corps aux ordres de Grouchy se trouvent réunis à Dinant et se portent sur Givet. — Grouchy marche par Rocroi sur Reims. — Concentration à Laon des corps revenus de Waterloo. — Marche des armées anglo-hollandaise et prussienne. — Prise d'Avesnes. — Plan d'opérations arrêté entre Wellington et Blucher. — Demande d'armistice adressée à ce dernier par ordre du maréchal Soult. — Sa réponse. — Prise de Cambrai , de Péronne. — Louis XVIII arrive à Cambrai. — Soult se replie sur Soissons. — Effectif, le 25 juin , des corps revenus de Waterloo. — Grouchy les rallie avec sa colonne à Soissons et prend le commandement de toute l'armée. — Force de l'armée. — Les Prussiens occupent Compiègne. — Combat de Villers- Cotterets. — Grouchy ramène l'armée sous Paris. — Positions qu'elle occupe, le 29 juin. — Positions des armées prussienne et anglo-hollandaise ce jour-là.

La dernière heure du 18 juin s'était écoulée; et Grouchy ignorait toujours le résultat de la grande rencontre dont, neuf heures durant, il avait entendu les retentissants éclats.

Cette ignorance, l'impossibilité où il s'était trouvé d'exécuter les ordres si tardivement expédiés, si lentement apportés du champ de bataille de Waterloo, le tenaient dans les plus vives inquiétudes.

m WATERLOO.

Après des tentatives prolongées et infructueuses, reconnaissant, enfin, qu'il fallait tourner, non attaquer de front la position de Wavre, il avait, on l'a vu, surpris le passage de la Dyle à Limai et occupé, avec la moitié de ses forces, les hauteurs dominant la rive gauche entre ce point et Bierges. Il résolut de compléter ce mouvement.

A minuit, il écrivit de Limai, son quartier général, a Vandamme, resté sur la rive droite, de venir le rejoindre en ne laissant devant Wavre que les troupes indispensables pour défendre les débouchés des ponts. « Je mets sous votre commandement, lui disait-il, tout le corps de Gérard; » et, indiquant son but, l'extrême importance qu'il y attachait, révélant toutes ses anxiétés, il ajoutait : « Nous ferons effort, par ici, à la pointe du jour; nous ferons occuper l'ennemi à Wavre par un simulacre d'efforts, et nous réussirons, j'espère, à joindre l'empereur, ainsi qu'il ordonne de le faire. On dit qu'il a battu les Anglais ; mais je n'ai plus de ses nouvelles et je suis fort dans l'embarras pour lui donner des nôtres.

» C'est au nom de la patrie que je vous prie, mon cher général, d'exécuter de suite le présent ordre. Je ne vois que cette manière de sortir de la position difficile où nous sommes ; et le salut de l'armée en dépend. Je vous attends (1). » Excelmans reçut le même ordre que Vandamme. Masser ses forces sur la rive gauche de la Dyle, pousser, de là, une attaque très-matinale et très-vigoureuse qui déblayerait le terrain assez au loin pour lui permettre ensuite d'appuyer, de se rabattre sur Napoléon, telle était la manœuvre projetée par Grouchy. Rationnellement, il n'en avait pas une autre à faire, puisqu'il ne connaissait pas l'issue de la bataille livrée sur sa gauche.

(1) Celte lettre, restée inédite jusqu'ici, existe aux archives du dépôt de In guerre, à Paris. Elle porte ce post-scriptum : « Le rapport des prisonniers faits ici annonce que Blucher et Biilow sont en face de nous. J'en doute fort. »

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