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CHAPITRE DIX-SEPTIEME

Vers le milieu de la nuit, Thielmann, son adversaire, eut, par quelques coureurs de sa cavalerie, un premier avis de la défaite de Napoléon; mais cet avis manquait de certitude. Il se décida, néanmoins, à prendre l'offensive, voulant rejeter Grouchy au delà de la Dyle.

Ses préparatifs furent plus tôt terminés que ceux du maréchal français, et il eut l'initiative de l'attaque.

Malgré son infériorité numérique, il laissa partir, pour rejoindre le corps de Zieten, le colonel Stengel avec ses trois bataillons et ses trois escadrons. Il maintint, à Bierges, trois bataillons de la division Kemphen, qui formèrent sa gauche, ayant en réserve, derrière ce village, deux bataillons de la même division. Il appela, de la position qu'ils occupaient près de Wavre, trois bataillons de la division Luck et les porta à hauteur et à droite de Bierges. Il plaça, sur l'alignement de ces derniers, trois bataillons de la division Stùlpnagel, leur faisant tenir la pointe du bois de Rixensart et les appuyant par une réserve de trois bataillons de la même division, massés au Point-du-Jour, groupe de maisons situé à l'entrée et à l'est du bois. Le surplus de son infanterie resta, comme la veille, au moulin de Bierges, à Wavre et auprès, et à Basse-Wavre. Sa cavalerie était toujours en arrière du bois de Rixensart.

Dès l'aube du jour, comme ces dispositions allaient s'achever, Thielmann fit déboucher de ce bois, contre la gauche de Grouchy, douze escadrons, environ un millier de chevaux, formés en deux colonnes de six escadrons chacune, précédées d'une batterie de huit bouches à feu. Stiilpnagel dut avancer pour les appuyer.

En ce moment, Grouchy n'avait pas encore été rallié sur les hauteurs de Limai par les troupes demandées à Vandamme et à Excelmans ; mais il avait là quatre divisions d'infanterie, deux de cavalerie, et la première division du corps d'Excelmans arrivait au pont de Limai. Il ordonna à Teste de marcher sur Bierges, à Pécheux sur le centre ennemi, à Hulot sur

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le bois de Rixensart. La division Vichery forma la réserve, qu'allaient augmenter les dragons d'Excelmans. Pajol, réduit depuis deux jours, on se le rappelle, à la division Soult, passa avec Vallin à l'extrême gauche, ce dernier jetant plusieurs escadrons du côté de Chapelle-Saint-Lambert pour chercher des nouvelles.

Pendant ces mouvements préparatoires, la batterie qui s'était avancée en tête de la cavalerie prussienne avait pris position ; et, secondée bientôt par une autre batterie d'égale force, elle avait ouvert un feu très-vif sur notre gauche. Grouchy fit contre-battre cette artillerie par une artillerie supérieure qui démonta cinq pièces, fit beaucoup souffrir la cavalerie de soutien, et força bientôt l'une et l'autre à se retirer derrière le bois de Rixensart.

Hulot y pénétra à leur suite, refoulant l'infanterie qui en défendait les abords; et s'y engagea vigoureusement avec Stùlpnagel. En même temps, Pécheux aborda le centre prussien, Teste attaqua Bierges.

Au bout de quatre heures de combat, Pécheux ouvrit une trouée dans la ligne prussienne; Hulot emporta le bois de Rixensart; Pajol et Vallin en débouchèrent, menaçant de tourner la droite ennemie; et Thielmann fut obligé de faire un changement de front, l'aile droite en arrière, en pivotant sur Bierges, où Kemphen se maintenait avec énergie.

La nouvelle position, ainsi prise, mettait sa gauche dans ce village, son centre au bouquet de bois de l'Ermitage, sa droite, formée en partie par sa cavalerie, vers le village de Chambre.

Ce mouvement, exécuté avec fermeté, venait de se terminer quand Thielmann reçut, enfin, la nouvelle positive de la victoire remportée par Wellington et Blùcher. Elle avait mis bien longtemps, on le voit, àlui parvenir (1). Il la fit répandre immé-

(I) Les écrivains prussiens assurent que deux officiers furent expédiés

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