‹ Histoire de la campagne de 1815, WaterlooChapitre 37 sur 261 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Ostende étaient dans un bon état de défense. Le pays où elle se répandait était sillonné de routes rayonnant de Bruxelles à la frontière et de routes transversales.

La disposition de ses cantonnements a été l'objet de critiques sévères. On a dit qu'ils étaient trop disséminés; que la cavalerie était trop éloignée de l'infanterie, et même que les divisions des divers corps avaient leur artillerie stationnée trop loin pour entrer en action aussitôt qu'elles.

Cette dernière assertion tombe devant les faits. A chaque division d'infanterie, deux batteries étaient attachées; et ces batteries étaient cantonnées avec la division. Il en était de même de l'artillerie attachée aux brigades de cavalerie. On le verra bientôt, dès la première rencontre des Anglo-Hollandais et de notre armée, le nombre des bouches à feu fut en proportion des troupes engagées.

Il y avait assez de cavalerie dans chaque corps d'armée, si ce n'est dans la réserve, qui ne comptait que huit cents chevaux ; mais il est incontestable que la masse des troupes de cette arme était trop à droite. Dans le cas d'une brusque attaque sur l'extrême gauche de l'armée, elle ne pouvait y arriver à temps.

L'idée qui avait présidé à la disposition des cantonnements de l'armée anglo-hollandaise se trouve exprimée dans un mémorandum secret, daté du 50 avril et adressé par Wellington à ses lieutenants le prince d'Orange, Hill et Uxbridge.

Il regardait comme possibles contre lui trois attaques : une par le pays entre Lys et Escaut, une entre Sambre et Escaut, la troisième simultanée sur ces deux lignes d'opérations; et il voulait être également préparé à les rencontrer, bien que la dernière, au moins, fût très-peu probable. Mais le moyen qu'il avait pris pour atteindre son but était mauvais. Ses cantonnements, disséminés sur un front de près de vingt lieues et une profondeur égale, ne lui permettaient pas une réunion assez rapide de ses forces. Attaqué par sa droite, attaqué par sa gauche, il lui fallait un jour de marche forcée pour concen-

trer la moitié environ de son armée sur l'une ou l'autre aile, et deux jours pour l'y réunir tout entière.

Dans une telle situation, il est certain, en outre, qu'une fausse attaque, sur laquelle il prendrait le change, pourrait avoir des conséquences bien plus graves, bien moins faciles à réparer que dans un système plus concentré.

Dès la fin de mai, le général anglais aurait dû porter son quartier général à six ou huit lieues en avant de Bruxelles et masser ses cantonnements sur Hal, Nivelles, Enghien, Ninove, quand même il aurait été obligé pour cela de mettre une partie de ses troupes sous la tente. Alors, en effet, tenant de fortes avant-gardes aux débouchés de la frontière, n'ayant à parcourir qu'un arc de cercle peu étendu, quel que fût le point d'attaque, il se serait trouvé en mesure contre toutes les éventualités possibles.

Pour le justifier, on a allégué l'inconvénient de fouler le pays, la difficulté de nourrir les hommes et les chevaux dans un espace relativement étroit.

Mais ces allégations n'ont rien de sérieux pour qui ne met pas en oubli les ressources financières dont disposait Wellington, la sévère discipline de ses troupes; pour qui sait combien le pays de Brabant est peuplé, riche en moyens de transport, en toutes choses nécessaires aux armées.

L'armée prussienne, sous les ordres du feld-maréchal prince Bliicher de Wahlstadt, était formée de seize divisions d'infanterie, quatre divisions de cavalerie, vingt-sept batteries à pied, douze à cheval, réparties entre quatre corps d'armée, de forces inégales, que commandaient les lieutenants généraux Zieten, Pirch I, Thielmann et Bulow.

\rT corps. — Zielen. — Divisions de Steinmeiz, Pirch II, Jagow, Hcukel. — 54 bataillons. 27,887

Division de Rôder. — 52 escadrons (dragons, uhlans, hussards) 1,925

A reporter. . . 29,812

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