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CHAPITRE CINQUIÈME

Ses avant-postes s'étendaient de Bonne-Espérance à Sosoye, par Lobbes, Thuin, Ham-sur-Heure et Gerpinnes.

Sa cavalerie et son artillerie de réserve étaient vers Fleurus et Sombreffe. Fleurus était le point de concentration assigné à son corps.

Les divisions de Pirch I occupaient Namur, et en arrière Huy, Héron et Thorembais-les-Béguines ; son artillerie de réserve était vers Hottomont, sa cavalerie de réserve à Hannut.

Ses avant-postes étaient sur Dinant.

Il avait Namur pour point de concentration.

Celui de Thielmann était Ciney.

Les avant-postes de ce général touchaient à la Meuse vers Dinant et dépassaient Rochefort, observant les débouchés de Givet.

L'infanterie de Bûlow était à Liège, Hologne, Waremme, Leers, etc.; sa cavalerie à Saint-Trond, Looz et Tongres.

Par une contradiction difficile à expliquer, on n'avait construit aucune fortification sur la frontière occupée par les Prussiens, tandis qu'on n'avait rien épargné pour en élever de Mons à la mer du Nord.

Comme Wellington, Blïicher avait disséminé ses cantonnements sur un vaste espace.

Attaqué par sa gauche, attaqué par sa droite, il lui fallait près d'un jour et demi pour réunir ses trois premiers corps sur l'une ou l'autre aile, deux jours pour y réunir toute son armée. C'était laisser beaucoup trop de temps aux manœuvres de l'agresseur.

Napoléon l'a dit avec toute raison, dès la fin de mai, le général prussien aurait dû établir son quartier général à Fleurus et concentrer ses forces dans un rayon de six ou huit lieues autour de ce point, en éclairant fortement les débouchés de la Sambre et de la Meuse.

Wellington et Blùcher avaient pour instructions absolues de respecter la frontière française jusqu'au moment où le signal

des hostilités serait donné par les souverains, attendant, nous l'avons dit, l'entrée en ligne de l'armée russe (1). Obéissant à cet ordre, ils ne pouvaient avoir sur les mouvements des Français des renseignements autres que ceux que donnait l'espionnage; renseignements presque toujours incertains, insuffisants. Ils étaient donc continuellement exposés à une surprise. Cette considération seule aurait dû suffire pour leur faire sentir la nécessité de tenir , chacun son armée réunie, et les deux armées à portée de s'appuyer promptement l'une sur l'autre.

Dans une conférence qu'ils avaient eue, vers la fin de mai, ils avaient concerté les mouvements à opérer au cas où Napoléon, prenant l'initiative de la guerre, ferait irruption en Belgique; et, entre autres opérations arrêtées suivant la ligne d'opérations que prendrait leur adversaire, ils étaient convenus que, son attaque se prononçant sur la droite de l'armée prussienne ou la gauche de l'armée anglo-hollandaise, la première se concentrerait le plus rapidement possible sur Sombreffe, la seconde sur les Quatre-Bras : deux points éloignés l'un de l'autre d'une demi-marche seulement et reliés par une large chaussée.

Cette manœuvre excellente, décisive sans doute, si les deux armées n'eussent pas été disséminées, était grosse, maintenant,

(1) Wagner, dans son esquisse de la campagne de 1815 (Recueil des plans de combats et de batailles, etc.), Damitz, dans son livre sur la même campagne (Gcschichte des feldzugs von 1815, etc.), disent que Wellington et Blùcher étaient convenus d'entrer en France, à la date fixe du 1er juillet. Cette assertion des deux écrivains prussiens est contredite par trois lettres de Wellington ; les deux premières , du 9 mai et du 2 juin, adressées à Schwartzenberg; la troisième, du 15 juin, à l'empereur de Russie. ( The dispatches, etc., t. XII. ) Avant de commencer les opérations au Nord, Wellington et Bliicher attendaient que les armées russes, autrichiennes, etc., se fussent avancées sur le territoire de la France, jusqu'à une hauteur telle, que les Anglo-Prussiens pussent s'appuyer sur elles et les appuyer. Or, Russes, Autrichiens, etc., ne devaient commencer les hostilités qu'au 1er juillet.

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