CHAPITRE CINQUIEME
de beaucoup de périls, d'un désastre même. Sombreffe et les Quatre-Bras étaient, en effet, bien proches de la frontière.
Les états-majors des deux armées avaient étudié avec soin ces deux positions et d'autres qu'il pourrait être avantageux de prendre, suivant les événements.
Wellington, toujours plus disposé à recevoir qu'à livrer bataille, en avait reconnu personnellement une, fortement défensive, sur la route, de Bruxelles à Charleroi, en avant de Waterloo, nom ignoré encore.
Telles étaient, le 14 juin 1815, la force et la disposition des armées anglo-hollandaises et prussiennes, devant lesquelles venait se masser celle de Napoléon.
Cent vingt-neuf mille hommes et 350 bouches à feu allaient rencontrer deux cent vingt mille hommes et 500 bouches à feu.
Napoléon avait calculé, a-t-il dit, qu'il ne fallait pas estimer les deux partis en présence par le rapport des chiffres de leurs forces numériques; il comptait un Français pour un Anglais, pour deux Prussiens, Belges, Hollandais, soldats de la confédération germanique.
Mais il faisait trop bon marché de ses ennemis. Son calcul devait se trouver faux.
L'armée de Wellington n'était pas homogène; tous les éléments qui la composaient n'avaient pas la même valeur militaire ; rien de moins douteux. Mais peut-être ne différaientils pas les uns des autres, autant que le pensait Napoléon.
Cette armée comptait :