Anglais
7,300 (légion allemande, au service de l'Angleterre) ; 15,800 Hanovriens; 23,000 Hollando-Belges ;
4,500 Nassau (au service des Pays-Bas);
5,000 Nassau (contingent du duché de ce nom);
6,700 Brunswickois.
Les Anglais étaient de vieux soldats presque tous éprouvés dans les rudes campagnes de la Péninsule, fiers à juste titre d'avoir affranchi l'Espagne de la domination impériale et porté, après six années de guerre, les drapeaux de la Grande- Bretagne, de l'embouchure du Tage aux bords de la Garonne; six années qui avaient commencé, qui s'étaient continuées avec des chances diverses et avaient fini par une longue série de succès non interrompus, où figurait la journée de Vittoria, le Leipzig du Midi.
Pleins de confiance en eux-mêmes et en leurs chefs, convaincus de la supériorité de leurs généraux sur les généraux français, de celle de Wellington sur Napoléon; imbus de ce ferme sentiment du devoir, trait caractéristique du militaire formé à l'école sévère de Wellington, ces soldats constituaient des troupes d'élite dans toute l'acception du mot.
Il en était ainsi de la légion allemande du roi, rangée depuis douze ans sous l'étendard britannique et vieillie, elle aussi, au feu de la guerre péninsulaire.
Le contingent hanovrien se composait, pour un tiers, de troupes de ligne, pour deux tiers, de landwehr. Son organisation datait de l'affranchissement du Hanovre. La ligne ne comprenait, à peu près, que d'anciens soldats, d'anciens officiers des armées impériales et des hommes aguerris dans la campagne de l'indépendance. La landwehr, au contraire, comptait un assez grand nombre d'hommes nouveaux au métier des armes; mais on lui avait donné d'excellents cadres, de très-bons chefs; elle avait au cœur les sentiments de patriotisme exalté qui animaient alors toute l'Allemagne; ce n'était certainement pas une troupe sans valeur.
Bataillons de ligne, bataillons de landwehr étaient formés en brigades commandées par des officiers de leur nation; et ces brigades unies, dans les divisions, aux Anglais, aux légionnaires allemands, devaient emprunter une grande force à l'exemple, au contact de troupes dès longtemps éprouvées.
CHAPITBE CINQUIÈME. 79
L'organisation de l'armée hollando-belge avait commencé avec le soulèvement de la Hollande contre la tyrannie napoléonienne, à la fin de 1843. Elle s'était continuée depuis, mais n'était pas complète. La Belgique n'avait encore fourni qu'un faible contingent. Une moitié de l'infanterie était de milice hollandaise, l'autre moitié de bataillons de ligne hollandais et belges. Dans la cavalerie et l'artillerie, il n'y avait que des troupes de ligne (1).
Les corps de la ligne s'étaient d'abord entièrement recrutés de déserteurs de l'armée impériale et de volontaires enrôlés, pour la plupart, dans les premiers temps de l'insurrection nationale; plus lard, ils s'étaient renforcés d'officiers, de soldats licenciés du service de France et revenus des prisons étrangères, où les avaient jetés nos désastres. Un bataillon de vélites de la garde impériale avait ainsi rejoint, à la paix, le drapeau de la Hollande affranchie.
Malgré les vices inhérents à toute organisation de date trop récente, ces corps de la ligne étaient généralement propres à un bon service de guerre.
Ceux de la milice ne les valaient pas. Ils se composaient en partie de volontaires, en partie d'hommes levés par la voie du sort. Ils avaient nommé, à l'élection, la moitié des officiers de compagnie (2); l'autre moitié et les officiers supérieurs procédaient du choix du roi.
L'amalgame n'était pas encore assez intime entre ces divers éléments; et tous ces bataillons étaient inexpérimentés. Mais la haine de Napoléon, l'amour de l'indépendance nationale ani-
(i) Nous ne parlons ici que des corps qui faisaient partie de l'armée anglo-hollandaise active; car l'année hollando-belge avait aussi des corps de cavalerie et d'artillerie de milice.
(2) L'élection n'avait pu porter que sur d'anciens officiers. Malgré cette restriction, le roi Guillaume s'était montré, ici, plus libéral que Napoléon à l'égard des gardes nationales mobilisées.
maient les jeunes miliciens comme les soldats de la ligne; et on pouvait en attendre de généreux efforts.
La plupart des généraux et des officiers supérieurs, beaucoup d'officiers inférieurs hollandais et belges, avaient conquis leurs grades dans les sanglantes campagnes de la République et de l'Empire; et leur chef, le jeune prince d'Orange, grandi sous Wellington, en Espagne, était, par ses talents et son intrépidité, tout à fait digne de les commander.
La brigade de Nassau au service du royaume des Pays-Bas avait plus de soldats jeunes que d'anciens. Mais ses cadres, formés des débris d'un régiment longtemps au service de France, étaient bons; jeunes et vieux soldats étaient pleins d'ardeur.
L'organisation des troupes de Brunswick remontait à la fin de l'année 1813. Elle avait été poussée avec vigueur et rapidement achevée.
Ces troupes comptaient un grand nombre de militaires de tout rang, aguerris les uns sous le drapeau britannique, les autres sous le drapeau de l'Empire. Leur exaltation était grande; et elles se montraient fières d'obéir au prince régnant de Brunswick, qui avait fait ses preuves de caractère, d'audace et de dévouement à la patrie allemande.
Épurée du contingent saxon qui s'était mutiné à Liège, au commencement de mai, l'armée prussienne présentait une masse puissante. Elle était formée, pour un tiers, de régiments de landwehr, pour deux tiers, de régiments de ligne.
La landwehr avait été, en grande partie, aguerrie en 1815 et 1814; et ses cadres étaient très-solides. La ligne, à peu d'exceptions près, était de vieille troupe.
Cette armée, vigoureuse représentation de toutes les classes de la nation prussienne était animée, jusqu'au fanatisme, de l'amour de la patrie, de l'indépendance nationale. Dans chaque Français, elle voyait un ennemi mortel. Funeste effet de l'ambition de Napoléon! Ce n'étaient plus là les soldats de Valmy